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 Il est temps !

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Lehior
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MessageSujet: Il est temps !   Ven 14 Fév - 22:15

Après s'être réveillé plusieurs fois en sursaut d'un mauvais rêve où il était enfermé dans la Tour des Oracles sans fenêtre, sans porte menant vers l'extérieur, Lehior avait passé une très mauvaise nuit à la Tour. Il y avait déjà passé cinq ans enfermé et n'appréciait pas réellement y passer du temps. Il venait de rentrer d'un de ses habituels voyages, et sans doute pour peu de temps. Thérasia avait déjà très certaienment préparé leur prochaine destination depuis longtemps. Il s'était bien habitué à sa vie de voyage, de rencontre et oui, on peut dire qu'il l'appréciait. Malgré l'envie de repartir, il sentait que pour lui il était temps de faire autre chose. Il lui restait encore beaucoup à faire, et il ne les ferait pas en continuant à se balader d'un bout à l'autre d'Isle. Certes rencontrer le peuple, se faire apprécier et se faire connaitre sont des passages importants. Mais maintenant Lehior souhaitait faire bouger un peu les choses.
C'est donc peu reposé de cette nuit mouvementée et assez préoccupé qu'il se leva ce matin. Autant dire qu'il n'était pas de merveilleuses humeurs.

Après avoir fait une toilette rapide et enfilait une tenue simple (simple pour Lehior signifiant tout de même fait avec les meilleurs tissus) suffisante pour la journée de cours qu'il l'attendait, il se dirigea dans la salle pour prendre son petit déjeuner. La table était déjà prête et abondante préparée par les serviteurs travaillant à la tour. Alia et Thérasia, sans doute les personnes les plus présentes dans la vie de l’Élu, étaient déjà présentes à table. Il se contenta d'un signe de tête digne de sa mauvaise humeur pour les saluer avant de s'installer à table. Maintenant qu'il était face à elles, il devait leur faire part de ses pensées. Il se mordait la lèvre inférieure comme il le faisait toujours toujours dans ses moments de réflexion avant de se décider à prendre la parole. Lehior allait commencer à parler quand il se ravisa finalement à la dernière seconde, en essayant de cacher son hésitation en engloutissant un morceau de brioche avec lequel il faillit s'étouffer. Décidément c'était clairement une mauvaise journée et au vu du regard noir qui lançait au reste de la brioche, ce n'était pas le bon moment pour l'ennuyer.

Finalement, Lehior se leva théâtralement de sa chaise en prenant son air le plus noble : « Nous devons parler de l'avenir ! » Il prit une grande inspiration avant de se lancer d'un air très sérieux dans la suite de son discours totalement improvisé. « Après avoir suivi pendant toutes ses années vos leçons toujours attentivement, après avoir toujours suivi vos instructions quant aux voyages sans jamais rien dire, après avoir toujours écouté et appliqué vos conseils ; je suis prêt ! » Il se tenait fièrement face à celles qui étaient comme des mères pour lui. « Je suis l’Élu et je ne pense pas que de continuer à me mettre en scène de villes en villes va faire avancer les choses. Aujourd'hui, je veux devenir Gardan Edorta ! »

Le jeune homme regardait Alia et Thérasia sans montrer le moindre doute. Il était déterminé et pas une seconde il ne pensait qu'une des deux pourraient ne pas le soutenir. Même Therdorus qui semblait avoir déjà planifié la vie du garçon l'encouragerait sans doute d'ors et déjà dans cette voix. De toute façon, il avait prit un ton qui laisser clairement comprendre qu'il ne demandait pas leur avis. Mais il savait que l'aide des Oracles lui serait toujours précieuse et cherchait tout de même leur approbation. Tel un fils, il voulait les rendre fier et toujours avoir leur soutien. Mais il était l'Élu et il se devait de prendre son destin en main.
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Alia Edorta
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MessageSujet: Re: Il est temps !   Lun 3 Mar - 16:04

La matinée avait bien commencé pour Alia. Levée à l’aube comme à son habitude, elle avait médité jusqu’à ce que le reste de la maisonnée des Oracles s’éveille. L’ancienne prêtresse puisait sa force et sa sérénité dans ces quelques heures passées à penser le monde, à traverser tout le savoir dont elle était la dépositaire, à reconstruire ce qui était perdu. Parfois, ces voyages dans le passé prenaient la forme d’une vision avec Aimar, toujours sur ce qui avait été, et non ce qui était à venir.

Alia connaissait parfaitement l’ordre d’éveil des gens au service des Oracles. Elle savait qui se levait en premier, qui chauffait les fourneaux, qui enfournait le pain dans les temps, qui ouvrait les rideaux et qui faisait rouler l’intendance. Alia mettait un point d’honneur à quitter sa chambre en même temps que Thérasia. Les années avaient rapproché les deux femmes. Discuter avec l’Oracle avait affiné la compréhension qu’Alia avait du monde ilédor. Et surtout, le contact avec l’intransigeante Jumelle avait fait perdre toute candeur à Alia. L’aveugle avait été obligée par la force des choses de renoncer à sa vision du monde, trop naïve pour les standards ilédors. Contrairement à d’autres Olarils qui étaient parvenus à trouver un équilibre entre les mœurs olariles et celles des ilédors, Alia savait que les Olarils qui s’accrochaient à leurs racines ne survivaient pas à Edor Adeï – la mort d’Anor Khelan en était la preuve la plus éclatante. Elle suivait une tradition Olarile dont elle était fière et qu’elle revendiquait, mais ce n’était plus que cela : une tradition. L’éducation qu’elle s’était efforcée de donner à Lehior était également pour quelque chose dans l’évolution du regard qu’elle posait sur le monde. Alia la Grande-Prêtresse n’avait pour interlocuteurs que les dieux d’Arestim Dominae. Alia la sauveuse de l’Élu avait la responsabilité d’un enfant.

Elle aimait Lehior comme elle aurait aimé un fils issu de sa chair. Participer à son éducation avait fait d’Alia la femme qu’elle était aujourd’hui. Et si elle croyait à la cause de Thérasia et de Therdorus, elle voyait avant tout l’enfant en Lehior. À ses yeux, il était une personne avant d’être l’Élu.

Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle ne fut pas du tout intimidée par la mauvaise humeur évidente de Lehior lorsqu’il les rejoignit à table, ce matin-là. Elle s’attendait plus ou moins à un éclat de sa part, mais certainement pas au laïus sans queue ni tête qu’il leur sortait. Il y eut un instant de flottement, durant lequel Thérasia et Alia digérèrent l’information. Alia n’avait nul besoin de voir la tête de Thérasia pour deviner que la réaction allait être à son image : lucide et implacable. Et Alia songea qu’elle serait vraisemblablement d’accord avec elle. Heurter de front la première tentative de Lehior ferait plus de mal que de bien, Alia en était convaincue. Décidée à l’amener à réfléchir plus loin que le bout de son nez sans confrontation directe, Alia répondit d’une voix douce :

- Eh bien parlons de l’avenir, dans ce cas. Je suppose que si tu nous dis que tu es prêt, tu as déjà réfléchi à une stratégie cohérente pour devenir Gardan Edorta ? Que proposes-tu concrètement ?

Alia était sincèrement curieuse d’entendre sa réponse. Elle n’avait pas entendu Lehior discuter tactiques ou manœuvres avec l’entourage des Oracles. Il ne devait donc pas avoir de plan défini. Et il faudrait bien que Lehior réalise que brailler qu’on voulait être Gardan Edorta, c’était parfait pour les fous et les ignorants, pas pour les Élus. Parce qu’il pouvait dire ce qu’il voulait, il venait de leur prouver de manière éclatante qu’il était tout sauf prêt.
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Thérasia Uldarii
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MessageSujet: Re: Il est temps !   Mer 19 Mar - 22:22

Il y a longtemps, Thérasia n'avait pas aimé prendre le petit-déjeuner. Tous les repas, à vrai dire. Lorsqu'elle passait encore sa vie cloîtrée dans la Tour, elle était frustrée par les besoins et les fragilités de son corps. La fatigue, la faim, le sommeil...tout cela lui semblait être des limitations qui l'empêchaient de se livrer pleinement à son devoir. Si elle avait pu, elle n'aurait été qu'un pur esprit, plongé sans relâche dans ses livres et ses réflexions, plutôt qu'une femme maigre et épuisée, au caractère nerveux et impatient. Des années passées sur les routes d'Isle avaient eu vite fait de la changer.

Il y a quelques jours, elle s'était rendue compte que cela faisait 15 ans depuis que la nouvelle ère avait commencé, depuis qu'elle et Therdorus avaient fait le premier pas sur ce nouveau chemin. Prendre l'Héritier entre leurs mains avait été une évidence, mais l'idée de l'emmener dans sa grande errance dans Isle ne leur était pas venue aussi facilement. Comme souvent, l'inspiration était venue d'une vision et le plan avait pris forme par l'interprétation de Therdorus. Thérasia eut un sourire sibyllin en songeant à son frère : elle avait appris à partager sa confiance, après les doutes et remontrances qui l'avaient habitée pendant si longtemps. Tout s'écoulait selon la Volonté du Divin, après tout, depuis l'arrogance du Jumeau à la popularité de Lehior, même la mort d'Arngrim et le règne sanglant de Beltxior.

L’Oeil Omniscient du Divin se resservit un peu de thé et mordit dans sa tranche de brioche avec une lenteur consommée. Un livre était posé sur le lutrin à ses côtés et elle tournait de temps en temps sa tête auguste pour en lire un passage. Dans ces moments, elle prenait le temps d'apprécier un moment de paix, sans fidèles aux questions pressantes, sans myriades de détails à organiser, sans importuns pour venir l'assaillir de grandes préoccupations. Elle avait appris à être patiente et véritablement détachée pendant leurs pérégrinations, plutôt que de garder sa frustration cachée derrière un écran de mystère. Il n'y avait guère eu le choix : entre la gestion de tous les rouages des Marcheurs, l'étude de ses visions, les caprices de Lehior et les rudesses du voyage, elle serait devenue folle. Au début de leur entreprise, elle n'aurait jamais cru qu'elle changerait autant. Bien sûr, ils étaient invités par les nobles des villes qu'ils visitaient, ils voyageaient souvent dans le confort d'une carriole ou d'un navire et tout le luxe leur était accordé, mais tout cela ne pouvait camoufler la différence entre le cocon de la Tour et la terrible ampleur d'Isle.

Thérasia regarda par la fenêtre, humant l'air du matin. Par-delà cette petite ouverture, il y avait tout un monde suspendu aux actions de quelques-uns, une gigantesque machine dont les rouages infinis bougeaient, unis dans le rythme ineffable de la Volonté Divine. Ce n'est qu'en sortant de sa retraite que la Jumelle avait véritablement pris la mesure et l'immense poids de cet univers qu'elle devait guider, en gestes rares et délicats. Pendant les premiers mois, le soleil l'avait fait souffrir, les températures semblaient insupportables et la fatigue était devenue mille fois pire. Elle n'osait se plaindre, car partout les fidèles les accompagnaient, et elle n'osait pas revenir à la Tour : la vision ne leur avait-elle pas dit que c'était la marche à suivre ? Le doute et l'hésitation s'étaient accrochée à elle, la rongeant en même temps que la faim, la fatigue et la frustration. Elle avait attendue une vision, espéré une révélation divine qui la guide et lui dise que faire. Rien ne lui était venu. Rien si ce n'est l'amour, les encouragements et les reproches de son frère. Il s'était rongé les sangs en la voyant dépérir, perdant sa nonchalance peu à peu. Il l'avait brimée, il s'était mis en colère, il l'avait priée d'aller mieux, et elle avait fini par l'écouter.

Elle avait encore honte d'avoir trouvé si difficile quelque chose d'aussi simple : il avait suffit d'écouter ses serviteurs insolents qui lui recommandaient de manger plus et de supporter quelques temps le froid, le soleil et la fatigue pour que son corps s'adapte. Aujourd'hui, elle passait autant de temps en extérieur au milieu du peuple qu'enfermée avec ses livres ; il lui semblait même que les gens n'en étaient que plus impressionnés, à mesure qu'elle s'était habituée à parler d'une voix calme et posée en toutes circonstances, à rendre tous ses gestes patients et délibérés, à se détacher de tous leurs soucis et de leurs souffrances. La Volonté les sauverait, elle n'avait que peu à faire pour qu'ils la trouvent et reviennent dans le chemin de Therdone. Elle avait de plus grandes préoccupations que de s'énerver contre la fatigue ou de pleurer sur le sort de tout un chacun.

Comme pour illustrer toute cette importance, l'Héritier de la Prophétie et Fléau de l'Usurpateur s'étouffa bruyamment avec un morceau de brioche. Thérasia ne réagit pas du tout, restant concentrée sur le plaisir simple de son repas. Il en fallait beaucoup pour la sursauter ou même attirer sa pleine attention maintenant : l'Oeil Omniscient du Divin ne pouvait pas se permettre de sursauter et montrer ses limitations dès qu'un cheval hennissait. Alors que Lehior tentait en vain de camoufler le moment gênant, la Jumelle se tira de ses réflexions et embrassa la pièce du regard. Alia n'avait pas bougé de son siège et une tendresse discrète se lisait sur son visage alors qu'elle considérait le jeune prince, qui s'apprêtait visiblement à parler. Thérasia retourna à son repas comme si de rien n'était, mais reporta sa pleine attention sur la discussion qui allait sûrement commencer : ce genre de comportement annonçait toujours quelque chose d'important, du moins aux yeux de Lehior.

A ses mots, Thérasia regarda de nouveau la fenêtre, sans montrer la moindre réaction, mais en son for intérieur elle laissa échapper un petit soupir. C'était prévisible. L'Héritier serait un homme d'ici deux ans, et comme tous les adolescents de cet âge, il se sentait obligé de prendre d'assaut le monde entier. L'Oracle n'était jamais vraiment surprise des difficultés que posait le jeune Elu : elle s'était renseignée de toute les façons sur les jeunes gens, leurs angoisses, leurs caprices et leurs ambitions. Nul besoin d'avoir de vision pour savoir que son attitude était bien naturelle, mais là où les jeunes gens de son âge faisaient les quatre cent coups ou courraient les filles, lui voulait devenir Gardan Edorta. Thérasia termina sa brioche comme pour ponctuer nonchalamment la grande déclaration du prince.

Elle ne fut pas non plus surpris par la réponse d'Alia : subtile et douce, comme toujours, arrondissant les angles tout en amenant le coeur du problème. Les choses s'étaient bien mises en place lorsqu'elle était venue aux Oracles : sans elle, Thérasia ne saurait pas dire comment l'éducation de Lehior se serait déroulée. Elle avait une compassion qui manquaient aux Jumeaux, qui manquait peut-être à tous les Ilédors, et ce n'était pas pour rien que Therdone l'avait placée auprès de l'Elu. Thérasia savait bien que ni elle ni Therdorus n'auraient pu être des parents pour Lehior, pas plus qu'ils ne pouvaient être humains à ses yeux. Par moments, Thérasia se disait qu'Alia devrait être plus ferme et montrer clairement le chemin au prince, mais elle se rappelait bien vite que ces choses-là n'étaient pas entre ses mains et que la prêtresse en savait plus long qu'elle sur l'éducation des jeunes gens. La pratique, comme toujours, faisait défaut à la Jumelle.

Elle se contenta donc de laisser le silence s'étirer quelques instants de plus, prenant une gorgée de thé paresseuse alors qu'Alia et Lehior attendaient qu'elle dise son mot. Reposant la tasse, elle regarda le jeune homme droit dans les yeux et parla d'un ton égal :

"Nous t'écoutons, Lehior.

Qu'il soit mal à l'aise. Qu'il se retrouve sans réponse. Le rôle de Thérasia était de l'aider à avancer sur son chemin, rien de plus. S'il voulait devenir Gardan Edorta, il devrait confronter bien pire que l'incrédulité de deux femmes. Qu'il commence donc par être mal à l'aise et peut-être qu'il ne finirait par ses jours à 16 ans, décapité sur les marches du Palais.
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Lehior
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MessageSujet: Re: Il est temps !   Mar 1 Avr - 13:21

La réaction des deux femmes étaient au-delà de ses espérances. A vrai dire, il ne s'attendait pas vraiment à ce que Thérasia et Alia réagissent aussi calmement et ça le confortait dans son idée lui enlevant toute angoisse. S'il avait le soutient des Oracles et d'Alia, il se sentait la force de déplacer des montagnes.

Peut-être allait-il les étonner, mais il avait justement bel et bien réfléchi à un plan. Plan qui devait sans doute être retravaillé, mais il ne parlait pas non plus pour brasser du vent.

"J'ai effectivement réfléchi à une stratégie." Le jeune homme se rassit avant de continuer très impatient de pouvoir exposer son plan et ses objectifs. « Je pense qu'aujourd'hui, on peut tous tomber d'accord sur le fait que le gouvernement de Beltxior ne convient pas à tout le monde. Il reste encore un certain nombre d'insoumis et même s'ils ne se montrent pas, le peuple est divisé. Nous avons aussi beaucoup de monde derrière nous et même s'il y a sans doute une bonne partie du peuple qui soutient le Gardan Edorta actuel, ils ont aucune raison de s'opposer à moi. »

Lehior voulait faire comprendre qu'il souhaitait défendre des valeurs qu'ils pensaient juste et pas devenir Gardan Edorta pour devenir Gardan Edorta. Mais passer par ce rôle lui semblait plus que nécessaire pour réussir à atteindre l'avenir qu'il voyait pour le peuple d'Isle.

« Pour commencer je pense qu'il faut encore faire un voyage. Rencontrer toutes les personnes importantes, mais aussi parler aux peuples pour annoncer clairement mon désir de devenir Gardan Edorta et demander leur soutien. »

L'Élu trouvait Beltxior pas du tout digne de son poste y ayant accédé de façon plus que douteuse et ne le portait pas en haute estime. Pourtant, il préférait gardait son avis pour lui. De ce qu'il savait de l'histoire (et il pense être assez bien calé dans ce domaine), le Gardan Edorta était loin d'avoir tenu les promesses tenues par les Révolutionnaires lors de leur prise de pouvoir. Mais surtout ces premières années de règnes se sont passées dans le sang et s'il y a bien quelque chose que Lehior ne supporte pas, c'est la violence.

« La prophétie me désignant comme le sauveur, il est de mon devoir d'agir et au plus vite ! » disait-il avec beaucoup d'entrain. Le monde avait besoin de lui, il le savait et il était le seul à pouvoir mener le peuple vers un meilleur avenir. « C'est aussi pour la même raison que je pense avoir tout le peuple derrière moi et voir même Beltxior me laissait sa place le moment venu. » Lehior sous-estimait sans doute grandement les obstacles qui le séparait du poste de Gardan Edorta, mais il avait la volonté nécessaire pour réussir et Therdone derrière lui.

« Bien que mon rôle d'Élu devrait suffire à convaincre tout le monde, je sais aussi qu'il y a de réels changements à faire. Je souhaite donc prendre la même direction suivie par les Révolutionnaires il y a plusieurs années et tenir leur promesse » Thérasia, Alia et Therdorus lui avait appris beaucoup de choses, mais ses voyages et ses rencontres aussi et il pensait être la réponse aux attentes de tous. « En étant Gardan Edorta, je veux donner au peuple l'importance qu'il mérite en organisant des élections accessibles à tous pour nommer les conseillers. » C'était un des points essentiels qu'ils souhaitaient mettre en place. Pour lui libérer le peuple passait pasr lui lui donner plus de pouvoir. « Je veux bâtir un monde où tous ceux qui ont la volonté d'apprendre, de réussir puissent réellement y arriver faisant ainsi prédominer le culte de Therdone. » Il imaginait déjà aussi la construction de statue, sanctuaire à son effigie, mais il savait très bien que s'il le disait il perdrait tout de suite toute crédibilité face aux deux femmes. Il s'imaginait déjà arriver à Edor Adeï d'un même pas avec tout le peuple d'Isle et faire face à Beltxior, le félicitant pour son travail et prendre la place du Gardan Edorta acclamer par la foule. Il souhaitait apporter beaucoup de changements, il voulait être à la tête d'un peuple libre, d'un peuple fort et surtout d'un peuple uni, uni par l'avènement de l'Élu.

Après ce long discours, il se rapprocha de ses interlocutrices, prit la main d'Alia et regarda Thérasia droit dans les yeux à la recherche de son approbation. Malgré la distance qui existait entre eux même après avoir toujours vécu ensemble, Lehior ne se sentait pas la force d'accomplir quoique ce soit sans les avoir derrière lui.

"Êtes-vous avec moi ?"
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Alia Edorta
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MessageSujet: Re: Il est temps !   Lun 2 Juin - 22:35

Le visage d’Alia resta neutre durant le court exposé de Lehior. Elle s’efforça de peser calmement le pour et le contre, de réfléchir à ce qu’il leur disait, d’anticiper ce qu’il aurait besoin d’entendre et ce qu’il pourrait encaisser. Elle considéra un instant le visage impatient et juvénile de son protégé. En voyant la hâte qui transparaissait dans tous ses traits, cette même hâte de vivre propre aux jeunes de son âge, elle réalisait qu’il n’était pas très éloigné, le moment où Lehior volerait de ses propres ailes.

Elle reporta délibérément sa réponse à sa dernière question, celle qui se voulait dramatique, qui devait forcer un « oui » épique, celui que Lehior n’aurait que le jour où il serait un meneur de foules, s’il en devenait un. Et puis, quoique tremblante d’approbation, sa question demeurait rhétorique : il aurait du savoir qu’Alia ne l’abandonnerait jamais.

Elle répondit cependant comme il le voulait : elle lui parla exactement comme elle aurait parlé à n’importe quel autre adulte, cartes sur table :

- Puisque tu parles avec tant de franchise, permets-moi de faire de même. Tant que tu es un symbole religieux, Lehior, tu n’es qu'une gêne minime pour le pouvoir en place.

Étant elle-même la Grande-Prêtresse d’Aimar, Alia parlait en connaissance de cause. Son rôle auprès des Olarils n’avait jamais été proche de celui que Lehior était amené à jouer, mais le concept restait le même. Elle avait été un symbole dont feu Kal’Berrick avait voulu s’emparer – elle avait mis si longtemps à voir la vérité – elle avait ensuite été le symbole des Descendants de Bakarne, toujours aussi religieux, jamais politique. S’il l’avait été, politique, on aurait couronné tous les Olarils, jusqu’au dernier.

- Si tu te dresses en plein jour contre Beltxior, parce que oui, son gouvernement ne convient pas à tout le monde, tu auras des partisans, mais tu deviendras une menace politique. Si tu annonces au monde que tu veux devenir Gardan Edorta, tu ne seras plus sous la protection du symbole religieux, tu ne seras plus intouchable. Tu seras l’adversaire de Beltxior, l’homme à abattre. Je te donnerais à peine quelques semaines de sursis.

Alia ne se laissa pas envahir par les vieux souvenirs de son arrivée en Isle. Peu importait maintenant ce que le passé lui avait infligé. Ce qui comptait, c’était sa capacité à mobiliser ce qu’elle savait de sa culture d’adoption pour éviter à Lehior de tomber dans les pièges qui jonchaient le chemin vers le pouvoir. Cette simple pensée la fit s’arrêter un court instant, celui qui était nécessaire pour réaliser dans quoi elle s’engageait, dans quoi elle mettait les pieds. Alia n’était ni activiste, ni analyste, ni stratège. Mais elle ne ferait pas défaut au jeune homme que le destin lui avait confié. Elle le protégerait de son mieux.

- Ton problème à ce stade-ci, ce n’est pas que les gens s’opposent ou non à toi. C’est que Beltxior s’oppose à toi. Le suffrage d’Isle est important si tu veux éviter de reproduire les erreurs des Gardan Edorta passés, mais il n’entre en ligne de compte que si tu es en vie pour le revendiquer.

Consciente qu’elle ne lui donnait pas de solutions, Alia se demanda si elle avait vraiment des pistes à lui proposer – cette idée de voyage lui semblait cependant excellente. Mais il était évident que Beltxior ne resterait pas tranquillement assis sur son trône en entendant Lehior revendiquer son trône. Par Therdone ! Espérait-il vraiment que Beltxior laisserait la moitié du pays se ranger derrière lui ? Que le Gardan Edorta actuel accueillerait avec sérénité ses prétentions ? Alia se sentit soudainement responsable. Lui avait-elle inculqué la candeur olarile, sans le vouloir ? Elle asséna le plus calmement possible :

- Beltxior ne te cédera pas sa place. Il te fera tuer, Lehior. Et ça ne l’empêchera pas de dormir.

Alia reprit son souffle, atteinte par sa propre constatation. Le futur de Lehior était semé d’embûches. Il avait en lui de quoi devenir un homme d’envergure, mais pour pouvoir déployer son potentiel, il devait d’abord rester en vie.

- Pourquoi penses-tu que ton rôle d’Élu devrait convaincre tout le monde ? Tous les Olarils ont un rôle prophétique, ils n’ont pourtant jamais constitué une force politique avant que la Révolution les porte sur le devant de la scène. Arngrim avait beau être un atout tant politique que religieux, il n’en est pas moins mort et enterré.

Les Olarils avaient constitué un enjeux, ils avaient représenté un symbole, mais dans les faits, à part leur Ancienne – et encore – personne n’avait eu de réelle influence dans le jeu politique avant l’arrivée de Beltxior au pouvoir. Le seul Olaril « prophétique » qui était parvenu au trône n’y était resté qu’une poignée de secondes…

Alia réalisait également à quel point le discours de Lehior aurait convaincu la prêtresse Olarile, la femme aveugle d’il y a quinze ans. Elle aimait bien ce côté idéaliste. Il en fallait pour changer le monde. Mais Lehior était seul.

- Ce voyage me semble être une bonne idée. Commence par savoir qui sont tes alliés avant de t’annoncer. On ne joue pas avant de connaître l’atout… Et tant que nous parlons d’alliés : tu n’auras sans doute pas toujours mon soutien, Lehior – surtout si c’est pour courir au-devant de ta mort – mais je serai toujours à tes côtés. Je ne t’abandonnerai pas.
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Thérasia Uldarii
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MessageSujet: Re: Il est temps !   Jeu 26 Juin - 22:10

Tandis qu'elle écoutait Lehior détailler son plan glorieux, Thérasia sentit son cœur se serrer derrière son visage impassible. A mesure que le jeune homme se laissait emporter par ses illusions, l'Oracle comprit qu'il n'était vraiment plus un enfant : il ne se contentait plus de dire "un jour, je serai Gardan Edorta !", il y réfléchissait activement et échafaudait des plans. Cet avenir, il voulait le saisir des deux mains et l'amener jusqu'à lui, frustré qu'il était de devoir tant attendre. La Jumelle eut un amer sentiment d'appréhension : comme il était confiant ! Le pauvre garçon était convaincu que le monde lui offrirait son rêve sur un plateau d'argent, qu'il était la panacée à tous les maux de son époque et que rien ne pourrait se mettre en travers de son chemin. Lorsqu'il avait annoncé son désir d'accéder au trône et qu'elle l'avait encouragé à parler, Thérasia s'était attendue à ce qu'il se retrouve confus, à ce qu'il esquisse quelques idées, comme il l'avait déjà fait mille fois pendant son enfance. Elle n'aurait jamais imaginé qu'il se croie vraiment près. Il était bien en train de devenir un homme et il en avait déjà les illusions. L'Oracle se retint de l'interrompre, mais en son for intérieur, elle le voyait déjà mort, sa tête plantée sur une pique au-dessus des portes d'Edor Adeï après une rébellion qui n'aurait duré que quelques mois.

Elle fut heureuse qu'il ne prenne que la main d'Alia et laissa voir son chagrin lorsqu'elle soutint son regard. Était-elle avec lui ? Thérasia laissa échapper un minuscule soupir et se dit qu'il fallait bien ce jour arrive. Mais alors qu'elle allait parler, la prêtresse olarile la devança et prit la parole.

L'Oracle observa la tutrice de l’Élu avec détachement et laissa la gratitude emplir son esprit. Lehior avait beaucoup de chance d'avoir une alliée comme Alia, et Thérasia ne pouvait qu'espérer qu'il écouterait ses arguments. Avec franchise, la prêtresse exposa ses pensées au jeune homme, lui expliquant ce que l'Oracle ne pouvait dire. Il fallait qu'il comprenne les dangers auxquels il s'exposerait, la Volonté et l'intelligence qu'il devrait déployer dès le moment où il franchirait les portes de la Tour.

Thérasia porta son regard impénétrable sur Lehior et observa ses réactions, guettant les signes de sa détresse ou de sa détermination. Il était trop jeune pour entendre de telles paroles, pour qu'on lui dise que la moindre erreur le ferait tuer. Mais il n'était pas n'importe quel garçon : les circonstances avaient intrigué pour le mettre dans cette position, pour placer tant de choses sur ses épaules. Enfin, les circonstances et Therdorus, se dit la Jumelle. C'était son frère qui avait décidé que Lehior devait être présenté comme un personnage si important, qu'il devait être promené devant les yeux de tout Isle comme une idole sacrée. Mais même Therdorus ne savait pas où son chemin finirait par le mener, ni le rôle exact que Lehior avait à jouer dans la Prophétie.

Alors qu'Alia affirmait qu'elle ne l'abandonnerait jamais, Thérasia se demanda s'ils avaient été justes envers lui. Elle savait que ce qu'elle allait lui dire lui semblerait cruel, elle se doutait qu'il serait blessé, qu'il la haïrait peut-être. Elle le trouvait naïf et pétri d'illusions, mais qui avait laissé cette confiance grandir en lui ? Les Oracles ne lui avaient jamais dit clairement quel était son avenir, ils ne lui avaient pas dit qu'il était destiné à telle ou telle chose, mais il n'avait pas besoin de leur intervention. Ces convictions lui étaient venues naturellement, alors qu'il parcourrait Isle et que tout le peuple venait le rencontrer, l'observer, l'adorer. Comment pouvait-il douter de son importance, lorsqu'il était sous la protection des Oracles et qu'ils l'éduquaient comme un prince ? Secrètement, Thérasia avait espéré que ces leçons le rendraient sage, mais elle savait ce qui arriverait. Tout comme elle savait qu'elle devrait un jour lui briser le cœur.

Elle ne laissa pas à Lehior le temps de répondre aux paroles d'Alia. Elle ne se sentait pas le courage de voir sa détresse, d'entendre son ton incrédule où la déception poindrait déjà. Plongeant son regard dans le sien, elle laissa un peu de sa peine paraître sur son visage : après tout, l'Oeil Omniscient du Divin avait vu cet instant arriver, et même elle avait le droit de ressentir de la tristesse. Après un soupir las, elle parla, espérant que son ton pourrait adoucir quelque peu ses paroles.

"Je ne suis pas avec toi, Lehior. Je ne l'ai jamais été, et je ne le serai pas à l'avenir. Ni moi, ni Therdorus ne pouvons prendre parti."

Elle posa lentement la main sur la sienne et s'efforça de lui faire comprendre. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû, qu'elle aurait dû rester distante et inatteignable, mais elle lui devait bien cela.

"Nous t'avons recueilli, protégé et éduqué pour que la Prophétie puisse s'accomplir. Tel est notre rôle dans la Volonté du Divin. Mais lorsque tu feras ton premier pas en tant qu'homme, lorsque tu rentreras dans le monde du pouvoir et des conflits, tu quitteras le nôtre."

Thérasia garda sa main sur celle du jeune homme et son regard ancré dans ses yeux. Elle le tenait, et sa voix perdit peu à peu ses accents doux pour lui faire comprendre le sérieux de ses paroles. Il devait comprendre l'importance de cet instant, il devait comprendre la rupture qui se ferait à partir du moment où il agirait en adulte.

"Nous ne t'avons jamais dit que tu serais Gardan Edorta, Lehior. Nous ne t'avons pas révélé le rôle qui sera le tien dans la Prophétie. Elle s'accomplira selon la Volonté de Therdone, mais il ne t'appartient pas de savoir quel en sera l'issue. L'Oracle ne donne pas la certitude et ne révèle pas la vérité, il aide le fidèle à trouver sa Volonté par la communion avec celle du Divin. C'est à chaque homme et à chaque femme de forger l'avenir par sa propre force. Je ne peux t'aider à le façonner, et je ne peux le faire à ta place. Ma Volonté n'appartient pas au monde des mortels."

Ses paroles étaient maintenant celle de la représentante de Therdone, sa voix celle du destin ineffable, ni cruel ni compatissant. Thérasia s'efforça de conserver son détachement, de ne pas penser à toutes les années qu'elle avait passées à prendre soin de lui. Dès qu'elle avait posé les yeux sur cette petite boule de vie et d'énergie, elle s'était promis de se préparer à l'instant où elle devrait l'abandonner. Il n'était pas son fils et elle n'avait pas le droit de le guider ou de le protéger de son destin, elle ne l'avait pas porté dans son ventre et elle devait à tout moment se rappeler qu'il mourrait peut-être demain. La Volonté de Therdone les avait tous les deux placés en cet endroit, à cet instant, séparés par des milliers d'années de traditions et de secrets.

Elle se demanda brièvement si d'autres Oracles avaient dû faire face à la peine qui lui enserrait le cœur. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à la petite pointe de fierté qu'elle ressentait à chaque fois qu'il passait une leçon avec brio, le soupir frustré qu'elle retenait à chacune de ses bêtises, les après-midi passés à l'écouter décrire ce qu'il ferait lorsqu'il serait roi et toutes les idées qu'il avait pour régler les problèmes du monde entier...Thérasia tendit la main et caressa doucement la joue du jeune homme, un geste d'affection comme elle n'en avait jamais eu auparavant.

"Nous t'avons donné tout ce dont tu avais besoin pour poursuivre ta destinée, Lehior. Toutes nos leçons t'ont préparé pour les épreuves que tu devras affronter, tu as parcouru ce monde et tu as vu ce que tu devais voir pour t'aider à décider de ton avenir. Et nous t'avons donné du temps, nous t'avons donné une enfance. Nous t'avons donné sanctuaire jusqu'à ce que tu sois prêt à défendre ta Volonté par toi-même. Tu dis être prêt et le moment est donc venu."

Ses longs doigts glissèrent sur le menton du jeune garçon et se retirèrent lentement, pour venir se poser sur la table. Thérasia jeta un regard à Alia.

"Tu ne seras pas seul. Mais tes décisions et tes erreurs n'appartiennent qu'à toi, à présent."

Elle se redressa lentement pour s'adosser contre son siège, reprenant le regard distant de l'Oracle sans détacher ses yeux de l’Élu. Elle espérait de tout son cœur qu'il n'ait plus besoin d'elle ; qu'il continue à l'aimer, qu'il la haïsse, qu'il en soit désespéré ou qu'il en devienne endurci, peu importe. Elle voulait seulement le voir réussir.

"Je ne suis pas avec toi, Lehior. La route qui t'attend est longue et douloureuse, et je ne la parcourrai pas à tes côtés."
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MessageSujet: Re: Il est temps !   Ven 27 Juin - 23:16

L'Élu ne savait pas trop ce que Thérasia et Alia allaient lui répondre, mais ils restaient sur de lui, du moins jusqu'au moment où il crut voir du chagrin dans le regard de l'Oracle. N'était-elle pas d'accord avec lui ? A cet instant, il crut perdre tous ses moyens ne s'attendant pas du tout à cette réaction venant de la jumelle, elle ne lui avait jamais réellement montrer le moindre signe de faiblesse alors pourquoi du chagrin maintenant ?

Heureusement, Alia prit très vite la parole et Lehior se ressaisit aussitôt. Il était persuadé qu'il entendrait beaucoup d'encouragement venant de la grande-prêtresse et sa déception n'en fut que plus grande. Il se retint plusieurs fois de la couper. Ne s'inquiétant apparemment pas autant pour sa propre vie qu'elle. De toute façon, il ne pouvait pas mourir, pas tant que la prophétie n'était pas réalisée. Et il ne comptait pas non plus se laisser tuer si facilement. Beltxior ne pouvait pas l'avoir aussi simplement. Surtout s'il arrivait à regrouper de nombreuses personnes autour de lui. Sachant que les soupçons se porteraient automatiquement sur le Gardan Edorta actuel, ça n'aiderait sans doute pas sa situation et renforcerait sans doute le sentiment de révolte. Mais Lehior ne voulait pas non plus être la cause d'un bain de sang. Non, il ne pouvait simplement pas mourir comme ça, il en était sur ! Et voir qu'Alia pensait qu'il n'avait aucune chance le mettait en colère. Autant dire qu'il aurait voulu l'interrompre et hurler, mais ça n'aurait eu que pour effet de montrer qu'il n'était encore qu'un enfant. Finalement, elle finit par dire ce qu'il voulait entendre. Il savait qu'elle ne pouvait pas lui faire défaut, sinon il ne lui aurait pas poser la question.

Pour autant, il devait la contredire. Il n'était ni faible, ni idiot. Il était préparé et même si ce qu'il voulait entreprendre était risqué, il n'était nullement effrayé. De toute façon, même s'il devait ne jamais devenir Gardan Edorta, il se devait changer les chose. L'Elu était prêt à affronter son destin et peu importe où cela devait le mener C'est ce qu'il voulait lui répondre - de toute façon il était bien trop fier pour revenir sur ses propos-  mais Thérasia ne lui en laissa pas le temps. C'était à son tour de parler. Et la tristesse qu'il pouvait percevoir dans son regard ne le rassurait pas vraiment. Lehior s'attendait à ce qu'elle reste avec lui pour toujours, après tout, elle avait toujours été là et n'était pas du tout préparer à ce qu'il allait entendre.

En écoutant sa première phrase, Lehior se sentit plus seul que jamais. Il lâcha la main d'Alia pour quitter la pièce, il ne voulait pas entendre la suit. Mais Thérasia posa la main sur la sienne. Il s'obligea à garder un visage neutre et à écouter jusqu'au bout ce que l'Oracle devait lui dire. Jamais elle n'avait montré de signe d'affection, jamais elle ne s'était vraiment comportée comme une mère. Finalement, ce n'était rien de plus qu'une tutrice, un professeur qui avait toujours gardé ses distances avec son élève. Alors qu'importe ! Si seulement il pouvait réellement penser comme ça, ce ne serait pas si difficile.

Comme pour contredire ses pensées, elle lui caressa la joue. Évidemment qu'il l'aimait comme un fils aime sa mère et il avait l'impression de la perdre à chaque mot qu'elle prononçait. Alia était là, elle était avec lui, mais ça ne rendait pas moins difficile les paroles qu'il venait d'entendre.

Lui aussi savait se montrer distant tout comme Thérasia, il tenait ça d'elle. Lehior se refusait donc à montrer le moindre signe de chagrin. S'il devait laisser percevoir son chagrin ça ne rendrait que plus dur la scène qu'il avait lui-même déclencher. Il attendit calmement - du moins c'est ce qu'il voulait laisser paraître - que la jumelle finisse ce qu'elle avait à lui dire pour finalement se lever de sa chaise. Il tourna le dos aux deux femmes pour quitter la pièce. Finalement, peu importe ce qu'on pourrait lui dire, il ne changerait plus d'avis. De la Volonté, il n'en manquait pas et rien que pour ça Therdone ne pouvait être qu'avec lui.

Il allait quitter la pièce sans un mot avant de se retourner. Le regard froid il leur dit séchement « Je vais tout de suite annoncer mon départ et préparer mes affaires. Je partirai dans quelques jours dès que les préparatifs sont terminés. Il n'y a à priori rien de plus à dire.»

Lehior quitta ensuite très rapidement la pièce ne leur laissant pas le temps de répondre pour se réfugier dans sa chambre. Il ne pouvait sauver les apparences plus longtemps en restant face aux deux femmes. Un serviteur s'y trouvait en train train de ranger le désordre. Il semblait plutôt surprit de le voir revenir aussi vite. «Laissez moi seul s'il vous plaît. » dis-il calmement. « Je vais partir dans quelques jours mais avant j'ai besoin de quelques instants ». Il se parlait plus à lui même qu'au serviteur qui quitta la pièce sans un mot où s'il avait parler, Lehior ne l'avait pas écouté.

Il s'allongea sur son lit fixant le plafond. Le jeune homme avait besoin de digérer la discussion qui venait de se dérouler. Quoiqu'il en soit, il était maintenant trop tard pour revenir en arrière et même s'il le pouvait, il ne le souhaitait pas.



(Du coup je sais pas si vous voulez continuer à discuter toutes les deux ou si quelqu'un veut  rejoindre Lehior. C'est comme vous voulez. Mais le p'tit Élu, il boude dans sa chambre.)
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