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 Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]

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Ameer Afsharii
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MessageSujet: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Ven 17 Aoû - 17:42

Ah le Siège… Il avait bon dos celui-là… Mais il fallait admettre qu’il était difficile de faire autre chose. Et ça, intérieurement, ça le faisait rager, bouillonner. Ameer était un militaire, un de ceux qui se battait par conviction, pour l’honneur et le sens du devoir. La débâcle face aux Révolutionnaires ne leur laissait plus beaucoup d’options pour se battre et espérer remporter la victoire, du moins militairement. L’Armée était surpassée, du moins en nombre, et même si chaque soldat valait son lot de soudards de la Révolution, se battre à plusieurs contre un changeait souvent plus d’une fois la donne. La supériorité numérique était un avantage tactique non négligeable et Beltxior devait le savoir mieux que quiconque. Qui plus est, il jouissait d’une domination stratégique supplémentaire car il faisait trépigner les plus patients des hommes. Quand finirait-il par attaquer ? Trouverait-il une brèche ou serait-ce une attaque de grande ampleur, massive, qui durerait peut-être des jours et où chaque homme se battrait pour gagner un pouce de terrain sur son adversaire. Déjà, de nouveaux enseignements apparaissaient et les soldats étaient éprouvés au combat urbain. Eux qui étaient habitués à se battre loin de leur Capitale, voilà qu’ils devaient apprendre à connaître chacune de ses rues, chacun de ses dédales pour pouvoir s’y battre avec véhémence, mais, surtout, intelligence. Oui, si la Révolution attaquait un jour, ce serait un âpre combat où chacun se battrait, bloc par bloc, maison par maison, et si l’avantage du nombre était du côté de ses ennemis, l’Armée devait s’approprier le contrôle du terrain pour rétablir l’avantage ou faire pencher la balance en sa faveur. Le pire dans tout cela était l’inconnue du Peuple. Que se passerait-il lorsque les Révolutionnaires pénètreraient dans la ville ? Seraient-ils de la partie lui aussi ? Lèverait-il les armes contre le Gardan Edorta ? Les Nobles et les Bourgeois surement pas, à moins qu’ils ne sentent le vent tourner et ne veuillent retourner leurs vestes, mais le petit peuple, lui, n’avait rien à perdre, non ? La perspective de se retrouver à combattre face aux gens qu’il devait protéger lui fit froid dans le dos.

Il s’en débarrassa rapidement en poussant la grande porte qui fermait l’entrée de la taverne d’un mouvement sec et déterminé. Après tout, il ne restait plus grand-chose au soldat qu’il était entre les murs de la Capitale. L’entrainement, il y passait déjà de nombreuses heures de la matinée, ainsi que d’autres dans le début de l’après-midi, jusqu’à l’épuisement. Venait alors une sieste, un repos bien mérité après des heures à chercher la perfection de la lame, à enhardir certains de ses hommes aux techniques de combat beaucoup moins conventionnelles que celles qu’ils pouvaient connaître. La Révolution ne ferait pas de cadeaux, eux non plus. Après une repos d’une heure ou deux et une toilette rafraichissante, il ne remettait pas son armure, du moins laissait de côté les nombreux renforts de métal, inutiles pour ce qu’il allait faire ensuite. Alors venait l’heure de se détendre. La taverne à la sortie du Quartier Militaire était l’endroit parfait pour cela et, bien entendu, le coin un peu « réservé » aux militaires. C’était là qu’il passait son temps libre, qu’il jouait avec ses camarades militaires, qu’il buvait une choppe à leur frais de temps en temps, ou aux siens, tout simplement. Aujourd’hui, c’était un peu différent, ses soldats étaient de garde sur les remparts et c’était son premier sergent qui assurait la chaine de commandement. Son tour viendrait plus tard et bien qu’il était toujours prêt pour un peu d’action, regarder une masse grouillante vivre n’avait rien de spécialement attirant. « Tavernier ! Ta plus grande choppe de ta meilleure bière, comme d’habitude ! » Il avait à peine passé l’encadrement de la porte, comme toujours, non pas qu’il aimait se faire voir ou entendre, mais simplement qu’il appréciait que sa bière arrive en même temps que lui au comptoir. D’un regard circulaire, il remarqua les quelques soldats qui se trouvaient là, à discuter entre eux. Il salua ceux qui avaient posé leur regard vers lui quand il s’était écrié et avança tranquillement vers le promontoire de bois où dans quelques instants, une bonne choppe fraiche l’attendrait.

Rien que cette idée lui mettait l’eau à la bouche. Sans fioriture, il sauta sur le tabouret et s’installa confortablement, il sortit quelques menues monnaies de sa poche et les plaqua de la paume sur le comptoir tandis que sa boisson arrivait devant lui. « Alors vieux filou, quelles sont les nouvelles depuis hier ? Toujours pas rasé ta barbe ? » La pilosité du taulier était sujet sensible et Ameer aimait bien le taquiner gentiment à ce sujet. Attendant la réponse, il souleva sa choppe avec une certaine impatience et la porta à ses lèvres pour engloutir plusieurs gorgées de ce « nectar fabuleux ». Ce n’était pas la meilleur qu’il avait pu goûter, non, celle là, il s’en souvenait comme si c’était hier, lors d’une escapade à Thür, dans une taverne qui ne payait pas de mine mais dans laquelle il se rendait, du moins jusqu’au Siège, à chaque fois qu’il passait dans les environs. Une telle boisson avait de quoi vous rendre presque aussi heureux que la plus belle, séduisante et agile femme que cette terre pouvait porter, et, dans le jargon du Capitaine cela ne signifiait pas peu, bien au contraire. Il reposa sa choppe dans un claquement sec, veillant toutefois à ne rien renverser, puis gratifia son entourage proche d’un « Aaaaah » satisfait. « Si tu veux mon avis. Je pense que quand bataille il y aura, mieux vaudra ne pas se trouver sur le chemin de l’un ou l’autre camp. Les rigoles d’Edor Adeï risquent bien de devenir rouge sang… » Des morts il y en aurait, tout le monde le savait et même si peu le disaient, Ameer n’était pas du genre à être langue de bois. Il n’était même pas certain d’en réchapper. Après tout, s’il était blessé et capturé, il avait peu de chance de survivre, alors, s’il devait mourir, autant que ce soit la lance à la main, en emportant un maximum d’ennemis avec lui. Hélas, c’était probablement le cas de beaucoup d’hommes de part et d’autre des deux camps. Il soupira, hochant de la tête à une remarque de l’aubergiste avant de prendre une nouvelle gorgée de bière pour noyer ces sombres pensées. Il n’était pas là pour ça…


Dernière édition par Ameer Afsharii le Lun 20 Aoû - 6:43, édité 1 fois
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Nisa Sandragil
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Sam 18 Aoû - 6:36

Il y avait une chose plaisante, c’est que lorsque ses recrues avaient le droit à un temps libre, elle y avait aussi le droit. Finalement, éduquer des jeunes, ou vieux volontaires, était une chose divertissante. Elle se plaisait elle-même à réapprendre à combattre dans les rues. A les parcourir afin d’en apprendre chaque subtilité car il y avait une forte probabilité qu’ils aient à sortir les armes dans l’enceinte même de leur cité. Il n’était pas rare de voir des soldats déambuler ou en exercice dans les rues. Même si elle-même menait plus souvent un siège d’un domaine d’une famille prestigieuse… Ces maudits révolutionnaires étant trop nombreux, un combat traditionnel en rang serrés ne serait pas en leur avantage de toute manière, en plus de la faim et de la fatigue nerveuse, l’infériorité numérique les affaiblissait. Mais de tout cela, elle s’en sentait bien loin. Elle savait qu’à moins que la situation ne devienne une catastrophe, elle n’aurait pas à combattre. Elle était reléguée à l’arrière, condamnée à former de la chair fraîche qui n’aurait de fonction autre que de finir en amuse gueule pour des combattants expérimenté. Le pire dans tout cela, étant qu’il n’y en avait qu’un petit nombre intéressé par l’archerie et qu’elle n’aimait pas l’escrime. Bien sûr, elle avait la formation suffisante pour former des bretteurs, mais elle manquait de talent pour les faire réellement progresser.

Aussi, lorsqu’elle avisa un capitaine bien célèbre qu’on ne pouvait manquer étant donné son entrée, elle se leva. Elle passa souplement de l’autre côté du comptoir où elle déposa une bise légère sur la barbe grisonnante du vieux tenancier. Un jour, elle irait revoir sa mère, un jour. Si elle en avait le courage, en attendant, son vieux complice parvenait à lui mettre un peu de baume au cœur. Il maugréa un peu alors qu’elle se servait une choppe. Il ne dit rien, et se contenta d’éviter de fait la question concernant sa pilosité. Il n’avait pas spécialement peur du sang ou du combat, en tant qu’ancien militaire, il avait connu ce genre de fait. Cela l’ennuierait simplement, son chiffre d’affaire en souffrirait certainement, l'alcool devenant déjà hors de prix.

Nisa elle, avait déjà fondu sur sa cible alors que le tenancier lavait pensivement des verres sales. Le Sergent s’assis aux côtés du capitaine, sans autre forme de politesse. Elle portait une vieille tenue, ces tenues légères que l’archerie porte et sur laquelle était encore brodé un écusson à l’arc bleuté décoré d’un deux tragique. Puisqu’elle n’avait pas réellement été réaffectée à une compagnie, elle avait laissé l’ancienne. Sergent Sandragil, deuxième compagnie d’archer mobile. Il n’était pas difficile de deviner qui elle était, son retour ayant fait parler d’elle à nouveau. En bien, comme en mal. On la connaissait pour ses propos tranchant et son impulsivité autant que pour ses formidables compétences de meneuse et d’archer. Aujourd’hui, on la connaissait surtout pour être une des seules survivantes au massacre de son Régiment. Chez les soldats, cela n’était que les conséquences d’un officier et capitaine méprisable qui avait eu la décence de mourir là-bas malgré sa tentative de fuite. Ceux qui abandonnent méritent des morts de lâches, mais eux tous qui n’avait eu aucun autre tord que de tomber sur plus nombreux, n’étaient pas morts en lâches. Ils étaient morts en héro, c’est ce qu’elle pensait en revoyant les corps tomber inlassablement devant ses yeux et les cris. Elle n’était qu’un produit du malaise qui régnait même au sein de l’armée. De ces soldats qui doutaient de plus en plus de leur dirigeant. Des nobles, souvent lâche, oui, on se souvenait mieux des lâches que des méritants, on se souvenait mieux des cinq cents morts qui aurait pu être évitée si l’incompétence de son dirigeant n’avait pas conduit son régiment à la mort. Elle le sentait à présent, ceux qu’on nommait dissident ne se cachaient pas uniquement chez les civils. Et son Général n’avait pas su la convaincre qu’ils avaient tords, ces gens. Confiance. Un mot qui allait cruellement faire défaut à cette armée déchirée.


Salut, cap’taine. J’ai un service à vous demander, je comptais passer dans les quartiers de l’infanterie un de ces jours. Sergent Sandragil, affectée à la formation des recrues, entre autre. Et comme je suis un archer dans l’âme, je pense que les recrues souhaitant devenir infantriste auraient tout intérêt à bénéficier d’une formation dispensée par des personnes plus experte en matière de chose coupante. Voyez ? Comme il n’y a pas grand-chose à faire pour l’instant, ça serait pas mal pour les jeunes de profiter de l’expérience des plus vétérans.

Elle heurta sa choppe en guise de rituel et entama la sienne de quelques larges gorgées. La jeune femme sourit en la reposant. Malgré sa vie mouvementée, il restait dans cette vie certains plaisirs immuable comme apprécier une choppe dans une auberge à l’ambiance qui n’avait pas changé depuis qu’elle était partie. Il y avait simplement des visages absent, d’autres qui venaient, d’autres qu’elle découvrait, comme ce joli capitaine.

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Ameer Afsharii
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Dim 19 Aoû - 11:10

Le petit brin de femme qui s’était glissé derrière le comptoir n’avait pas prit le capitaine par surprise, même s’il ne s’y était pas intéressé plus que ça. Elle lui disait quelque chose, probablement l’avait-il déjà entrevue ici, après tout, on croisait plus ou moins tous les soldats de l’Armée dans cet endroit. Pourquoi aller voir plus loin lorsqu’on avait une excellente taverne à proximité ? Ameer allait parfois dans l’une de ces tavernes de la ville basse, mais il fallait aussi admettre que ce n’était pas forcément pour boire, et si l’on y trouvait des chambres tout à fait potable, ce n’était pas forcément le cas de la boisson qui était souvent âpre et à peine bonne pour être expédiée quelques heures plus tard dans un coin de rue sombre ou dans quelques latrines à peine plus propres que l’arrière train d’une vache. Non décidément, au moins dans cette taverne là, on avait le sens du service et des priorités. Après tout, que pouvait désirer réellement le soldat qui rentrait de campagne après des mois d’une vie de camp sommaire ? Une bonne assiette, remplie, une bonne choppe, remplie elle aussi, et, surtout, un endroit propre et « confortable » sur lequel s’installer pour faire passer tout ça. Cela n’avait rien de ragoûtant mais les « plaisirs » simples étaient vraiment un véritable bonheur pour qui n’avait pu y gouter durant des mois. Maintenant, cela faisait plusieurs semaines qu’ils étaient cloîtrés au cœur du Quartier Militaire, avec de la nourriture qui n’avait rien à envier à celle qu’ils pouvaient avoir en campagne, mais, d’un côté, avec le Siège, il fallait bien s’attendre à un certain rationnement et la plupart des hommes acceptaient relativement bien ce côté « sacrifice » à consentir. Il restait juste à espérer que l’attente ne durerait pas longtemps au point de les priver d’une nourriture consistante et suffisante pour se battre sans avoir l’estomac vide, car il n’y avait rien de pire que ça. Il l’avait déjà expérimenté à un endroit, avec cet idiot de Laetarii, quand ce dernier avait bâclé les lignes de réapprovisionnement et qu’un chargement entier était tombé aux mains de bandits. Impossible de remettre la main sur les provisions et, bien entendu, le temps qu’on envoie un nouveau chargement, ils avaient le temps de presque mourir de faim… Heureusement la chasse, même s’ils n’étaient pas rompus à cet « art », leur avait permis d’avoir quelques maigres bouts de viande.

Il sortit de ses pensés de soupe à l’eau et de ragoût sans viande et sans légume quand une choppe se posa à côté de la sienne sur le comptoir et qu’on s’installait sur un tabouret à côté de lui. Tournant la tête, il aperçut la même tête brune nattée qui était passée derrière le comptoir pour se prendre d’elle même une choppe de bière. Il baissa un peu son regard, attiré par l’écusson brodé sur sa tenue. Avec une certaine surprise, il détaillait un arc et le numéro deux. Il connaissait bien l’histoire de la deuxième compagnie d’archers mobiles. Qui, ici, ne la connaissait pas maintenant ? Sacrifiée durant la retraite, par un imbécile qui avait eu la décence de mourir au combat. De cette compagnie il ne restait que quelques hommes, à peine une poignée, tout juste sortis de l’infirmerie. Certains avaient du quitter l’armée car trop gravement blessés, mais parmi ces hommes, il n’y avait, à sa connaissance, qu’une femme : le Sergent Sandragil. Il ne la connaissait que de réputation. Les histoires courent dans les campements et celle d’une femme farouche qui n’acceptait de faveurs d’aucun homme avait fait son petit bout de chemin jusqu’aux oreilles du Capitaine Afsharii. Mais c’était il y a bien longtemps, à une époque où, peut-être, il aurait tenté sa chance pour essayer de voir si ces rumeurs étaient véridiques, mais après une retraite pareille, ce n’était pas le genre de chose dont il voulait tenter l’expérience avec elle. Après tout, elle avait probablement d’autres chats à fouetter. Comme une confirmation, elle engagea la discussion, sans réelle forme de politesse mais ce n’était vraiment pas le genre de la maison de toute façon, et puis Ameer n’était pas à cheval sur les protocoles quand il n’était pas en service.

Il écouta la proposition qui lui était faite. Ainsi donc elle avait été réaffectée à la formation des recrues ? C’était une bonne chose, il fallait de l’expérience pour former des petits nouveaux et celle de la mort était particulièrement formatrice. Nul doute que les recrues devaient en baver sous les ordres du Sergent. Le reste de la proposition avait du sens. Une archère allait sans doute pouvoir les rompre au maniement du tir à l’arc mais elle n’était sans doute pas une experte dans le maniement de l’épée, qu’ils n’utilisaient généralement qu’en tout dernier recours, une fois à court de flèches, ou simplement parce que l’ennemi était trop près. Pourtant, si elle avait raison de chercher parmi l’infanterie, le Capitaine n’était certainement pas le meilleur dans ce domaine là non plus. Son style de combat avait toujours été proche de ses contrées natales, formé par un maître de combat rompu à l’arme d’hast lui aussi. Enfin, il avait certainement de très bons hommes qui pourraient venir croiser le fer avec quelques recrues pour leur enseigner deux ou trois choses à l’épée. Il attrapa sa choppe alors qu’elle venait de trinquer avec et but une lampée lui aussi avant de la reposer. « C’est une idée Sergent, je dois surement avoir quelques hommes qui lambinent dans un coin. Ils seront ravis de vous donner un coup de main. » Il esquissa un sourire avant de reposer son attention sur elle. « Vous vous remettez de votre blessure ? » Il avait eu vent de sa sortie de l’infirmerie. Ce genre d’anecdote rituelle ne passait pas inaperçu dans une garnison et même s’il était certain qu’on ne l’aurait pas laissé sortir si elle était encore véritablement blessée, il se doutait qu’elle n’était pas nécessairement dans le même état qu’avant de subir sa blessure, un état qu’elle ne retrouverait probablement jamais. On ne sortait jamais véritablement indemne de ce genre de choses…


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Nisa Sandragil
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Dim 19 Aoû - 17:47

Très bien, ravis je ne sais pas, mais un coup de main, c’est sûr qu’ils pourront. Concernant ma santé, ma foi très bien, même si je suppose que certains se demandent si je n’y ai pas laissé un bout de cervelle… Et je n’avais pas qu’une seule blessure. Toute une collection, dont deux qui ont failli me coûter la vie. Ce ne sont pas des choses bien amusantes à raconter. Je suis vivante, voilà tout. Non, vraiment, ma jambe est tout à fait remise, en tout cas, elle tient bon. Les médecins ont fait des merveilles, Therdone le reste.

Elle but quelques longues gorgées. Ces blessures n’étaient rien. Elle se souvenait lointainement de la douleur, de la sensation pesante. Elle aurait voulu que cela reste les douleurs les plus dures de sa vie. Mais celle qu’elle venait de connaître par l’amour était plus cruelle, plus vicieuse. Elle était mal, au fond d’elle. Un mal qui se rependait dans son sang comme une encre noire et gluante, qui imprégnait chacun de ses tissus. Mais à fleur de peau il n’y semblait rien pourtant. Aucune blessure, aucun sang alors qu’elle en suffoquait parfois. Et pourtant l’apercevoir de loin l’apaisait encore. Elle trouvait à la peine de son cœur un réconfort à le savoir vivant, à la frôler des yeux. Qu’importe si une crise de larme la laminait une fois qu’elle était rentrée et qu’elle avait fermé la porte de sa chambre. A double tour. Pourquoi ne pouvait-elle pas l’oublier, le piétiner, lui et ses serments et tomber amoureuse d’un autre comme Morghan le souhaitait. Face à ce tourment, à cette spirale infernale, ses blessures lui semblaient être une farce adorable.


Bien sûr, elle était restée des semaines alitées, la rééducation avait été longue et douloureuse. Et pourtant, elle était là. Toujours aussi rapide, prête à battre chaque homme qu’on lui présenterait, à s’envoler. S’envoler sans aile, tout n’était plus qu’apparence, faux semblant. Elle n’était plus qu’une coquille vide, sans sens. Elle avait dû avoir trop de chance, trop de facilité, trop d’insolence. La voilà punie, la voilà laissée souffrante sans avoir pu donner un coup, sans avoir pu maîtriser quoique ce soit. Et c’était là le plus terrible, le plus ignoble. Cette faiblesse. Elle n’avait été qu’une femelle ingénue et faible. La colère la frôlait sans éclore, engourdie par la douleur et la résignation larmoyante. « Il m’est impossible de trouver de mots qui expriment suffisamment justement combien il me coute d’être ainsi séparé de vous, sans pouvoir vous revoir à l’instant. Je voulais que vous le sachiez… » Lui qui la trouvait séduisante. Cette lettre tant usée d’avoir été trop lue. Mots hypocrites, mots ignobles. Les nobles se jouent de tout. Ils n’ont pas de parole, se jouent de ceux qui n’ont pas leur rang. Elle n’avait été qu’un jouet. Un jouet pour lui et pourtant, non, elle l’aimait toujours. Une sensation douce et chaude, qui lui tordait de plaisir les entrailles lorsqu’elle pensait à lui. Son visage, doux, les courbes de votre visage.


Le capitaine ne lui ressemblait pas. Lui était d’une autre trempe. D’un autre alliage, plus solide, plus droit et affuté sans doute. Sans faille, ni faux semblant. Voilà pourquoi lui parler ne lui semblait pas insurmontable et que feindre la bonne humeur lui était possible. Pourtant, dans les yeux gris, la tempête n’était jamais tout à fait loin. Orage pluvieux. Douleur sourde.
Il était peut-être de ceux qui avaient vu courir les recrues avec elle, chaque jour, toujours. Et elle qui trottinait en hurlant toujours. Sans sembler se fatiguer ou perdre une quelconque énergie. Plus vite. Encore. Vous êtes fatigués ? Non ? Alors on continue ! Mais aussi forte et insaisissable paraissait-elle être, il y avait dans ses yeux à ceux qui savent observer, une tristesse sourde. Celle qui façonnait sa vie.

L’attente est longue, heureusement qu’il y a encore quelques distractions pour penser à autre chose…

Toute sa vie, ce qu’il en restait, elle attendrait. Une attente bien plus douloureuse qu’un siège. Le siège ce n’était qu’un jeu macabre, presque divertissant. Une manière de se changer les esprits. De penser à autre chose. C’était un véritable luxe que de ce distraire et elle y parvenait presque. Un peu, pas tout à fait. Bien assez pour être encore une compagnie agréable et souriante. Peut-être que ce capitaine avait-il l’envie de parler un peu, si ce n’était pas le cas, elle s’en irait. Qu’il pose une question sur sa santé montrait qu’il savait qui elle était et qu’il s’intéressait au moins un petit rien à sa personne, même par politesse.

Elle allait apprendre à faire illusion et chaque entraînement serait le bon.

Et boire.
Un peu. Beaucoup. A la folie.
Oublier, un instant, un nectar salvateur. Oublier. Se perdre un instant.
Et surtout, jamais se retrouver.

Elle souffla un rire, à la suite de ces pensées absurdes. Rien ne sert de penser à cela.
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Ameer Afsharii
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Lun 20 Aoû - 7:25

Il avait déjà quelques noms en tête. Certains de ses hommes étaient d’excellents bretteurs, notamment ceux qui étaient affectés à sa « garde personnelle », une chose qu’il avait toujours trouvé quelque peu inutile mais il n’était pas en son pouvoir de juger des pratiques aussi vieilles que lui, sinon plus, et puis cela évitait de se retrouver trop vite tout seul dans sa tente lorsqu’on devenait Capitaine. D’autres s’étaient montrés redoutables à l’épée, mais ils étaient bien plus brutaux et Ameer ne savait pas tellement s’ils avaient la fibre de l’enseignement dans le sang, après tout, il fallait savoir faire montre d’une certaine patience avec les recrues et si ses hommes étaient globalement patient, ne serait-ce que pour supporter ce siège, il n’était pas persuadé qu’ils possèdent cette même qualité pour de l’enseignement. Alors qu’il dressait une liste tout en lampant quelques gorgées de bière fraiche afin de refroidir ses méninges, il se rendit compte qu’il ne savait pas vraiment combien d’hommes elle désirait. Il reposa sa chope, arrêtant de songer, tout en continuer d’écouter son « rapport » sur ses blessures. Apparemment, elle semblait remise, du moins c’était ce qu’elle racontait et vu la manière dont elle se tenait là, devant lui, il n’en doutait pas. De toute façon, il doutait sincèrement que la Générale Lastareth se soit encombrée d’un Sergent chargé des recrues incapable de faire son travail et une chose était certaine, on ne faisait pas bien ce travail blessé. La conclusion allait donc de pair avec l’observation. Il leva sa chope. « Loué soit Therdone alors. » Il porta la bière à ses lèvres et en but une nouvelle gorgée. Il n’y avait pas eut vraiment de foi dans ces quelques mots mais, il fallait bien l’admettre, Ameer était loin d’être un croyant porté sur la Foi. Dans les champs de bataille, la Volonté était une notion bien trop abstraite et lointaine, réservée aux gens de la Capitale. Quand un camarade tombait, on ne disait pas qu’il n’avait pas eu assez de Volonté pour vivre, mais on se rendait à l’évidence, on ne combattait pas sans morts…

Il revint rapidement à ses moutons, évitant de trop songer à tous ceux qu’il avait connu et qui n’étaient pas revenus d’un combat un soir. Il n’y avait pas pire sensation que de se quitter autour d’un feu avant une bataille et d’y revenir, le soir suivant en se rendant compte qu’une place restera éternellement vide. Ainsi vont les choses. Il noya ses idées noires dans une nouvelle rasade de bière avant de se reconcentrer sur ce qu’il voulait demander au Sergent. « Il vous faut combien d’hommes Sergent ? » Il regardait sa chope en réfléchissant. « Je suis convaincu que vous n’avez pas besoin d’une compagnie entière, mais c’est surtout pour savoir qui je vous envoie. » Il tourna la tête vers elle, posant ses yeux d’un bleu profond, héritage de sa mère, sur la jeune femme. « Vous comptez mes les voler pour combien de temps ? » Ses lèvres dessinaient un sourire amusé. Bien entendu qu’elle ne lui volait pas ses hommes, c’était plus une manière de faire un peu d’humour que de réellement l’accuser d’essayer de faire une telle chose. Et puis, de toute façon, si ceux qu’il allait dépêcher pour l’aider seraient sous ses ordres le temps des entrainements, ils n’en dépendaient pas moins directement de lui et ils savaient qu’ils étaient bien au fait des priorités de commandement, enfin du moins quand le commandement était compétent. Combien de fois avait-il outrepassé les ordres de Laetarii et été suivi par ses hommes ? Ces derniers ne pouvaient certes pas décemment désobéir au Sergent qu’il avait été, mais ils auraient pu préférer être loyal à leur Capitaine. Une bonne chose qu’il ait toujours eu le respect et « l’approbation », en quelque sorte, de ses hommes. Sans quoi, il serait probablement passé en Cour Martiale depuis longtemps et ne serait sans doute pas là à siroter une des bières de ce filou de tavernier. Rien que d’y penser, tout cela avait de quoi faire frissonner. Dire que certains se faisaient parachuter avec de l’argent à des postes clefs de l’Armée, il y avait de quoi avoir peur pour la suite des combats.

Il contempla le fond de sa chope vide avant de se rendre compte de ce fait. Il repoussa le récipient vers le tavernier dans un regard qui voulait tout dire. Tandis que ce dernier reprenait la chope pour la remplir à nouveau d’une bière fraiche, le Capitaine tira de la poche de son pantalon quelques pièces de monnaie qu’il déposa sur le comptoir. Pas d’ardoise. Ameer payait comptant, pas question d’avoir des faveurs, encore moins lorsqu’on avait des facilités de paiement. Tandis qu’il retrouvait le contact du bois contre sa main et du liquide contre son palais, les paroles du Sergent l’interpelèrent. Il fronça les sourcils alors qu’il terminait une nième gorgée et reposa son attention sur elle et sa chope sur le comptoir. « Quelques amis ou camarades suffisent pour tromper l’ennui. » Une femme aussi… Mais il garda cette pensée pour lui. « Un jeu de cartes, quelques bières, il ne faut pas beaucoup plus. Même si je suis d’accord, l’attente est longue. » Il aurait préféré que tout se règle plus rapidement, qu’il n’y ait pas ce Siège long comme pas deux. Beltxior semblait attendre que la ville se soulève de l’intérieur mais pourrait-il alors obtenir le bénéfice de la victoire ou alors se contenterait-il d’envahir la Cité en proie à la guerre civile ? Peut-être n’était-il finalement qu’un lâche profiteur ? Après tout… Pourquoi pas ? Et puis, il ne fallait pas oublier la Dissidence… C’était le troisième pouvoir sous-jacent, le troisième camp, ni totalement révolutionnaire, ni totalement conservateur. Finiraient-ils par pencher d’un côté ou de l’autre ? L’idée qu’ils puissent embrasser définitivement la cause révolutionnaire lui fit froid dans le dos, mais il était convaincu que les militaires qui s’étaient ralliés à ce mouvement n’étaient pas de ceux qui suivraient ce mouvement. Quel parjure pouvait avoir prêté serment au pouvoir du Gardan Edorta et sombrer dans la Révolution ?
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Nisa Sandragil
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Mer 22 Aoû - 9:14

Loué soit-Il. Elle se souvenait de la réaction du Général. De cette distance, de cette manière qu’elle avait eu de la traiter comme souffrante. Pour une simple évidence, celle d’une dirigeante distante. Et celle qu’elle avait tant admirée s’était perdue, éloignée de ses soldats. Voilà tout. Voilà tout ce que ce, loué soit Therdone, lui inspirait. C’était sans doute elle qui se plaisait à imaginer un supérieur doté d’un peu de bon sens, de celui qui a compris ses soldats, mais elle ne voyait pas en ce capitaine un de ces nobles distant qui ne comprenait définitivement pas l’essentiel. On lui avait toujours rapporté du bien d’Ameer, sauf en ce qui concerne les coucheries. Mais c’était un détail auquel elle avait échappé en sa qualité d’archère. Réflexion faite, elle avait cessé de compter refus et coups donné pour ne jamais avoir à souffrir de ce genre de chose. Elle était une jolie femme, elle le savait. Pad belle, pas soignée, pas féminine, mais son visage n’était pas ingrat, et son corps travaillé par l’effort délicieusement dessiné et ferme. Elle savait qu’une femme militaire était déjà un fait qui en séduisait certain. Elle s’était essayée à ce genre de jeu pendant ses permissions, par curiosité au début, par distraction ensuite. Elle fut tirée de ses propres pensés par sa question. Combien ? Elle devait soupeser sa réponse. Un seul serait déjà très bien, plus excellent. Elle pouvait obtenir quelque chose que l’administration mettrait trop longtemps à obtenir et cela lui semblait être une grande chose.

Cinq ou dix, pas besoin de plus. Ce que vous avez sans que cela n’impacte vos propres entraînements. Autant de temps qu’il faudra, ensuite. Ce sera pour des séances, ainsi ce serait plus une matinée, un après-midi par-ci et par-là. Ils ont les journées d’entraînement d’escrime un jour sur deux.

Cette nuit, je leur ai réservé un petit exercice nocturne surprise, alors la première leçon serait pour après-demain. S’ils pouvaient se présenter à l’aube à la salle d’entraînement pour l’escrime, se serait parfait.


Elle sourit, un sourire sibyllin.

Quant à leur petite sortie de ce soir… c’est un secret, je compte sur vous.

Un index vient effleurer les lèvres supérieures du capitaine alors qu’elle plisse des yeux rieurs. Elle était à la taverne au lieu de dormir quelques heures en prévision de sa nuit blanche. Mais qu’importe. Elle n’avait pas besoin de dormir, trop dormir lui faisait penser à des choses qu’elle préférait oublier. Oublier ces cheveux soyeux qui retombent sur ses épaules élégantes. Oublier le sourire, ce sourire à la douceur incroyable qui lui faisait chavirer le cœur. Il me coûte d’être séparé de vous, avait-il dit. Et maintenant ? Pensait-il un peu à elle de temps en temps. Dans une autre vie, elle aurait pu être une bonne mère, une bonne épouse et le rendre heureux. Elle aurait dû le rencontrer quand il était en exil. Elle aurait déserté et ils auraient vécus loin de sa maudite famille, heureux. Elle chassa les images d’un bonheur cruel d’une gorgée de bière. Elle passe une nouvelle fois sa main, effleurant la tempe du militaire.


Me raconterez-vous son histoire, à elle ?

Elle suivit le court de la cicatrice. Un corps puissant, un corps marqué, un esprit aussi acéré que sa lame, capitaine. Les siennes de cicatrice étaient moins visibles. A sa jambe, à son épaule, témoins, amante qui ont marqué pour toujours sa peau tendre. Ces cicatrices, prétexte aux histoires, elles sont toujours l’occasion de longues discussions autour du feu. Elle était avide de se changer les esprits. Et cet homme était une distraction savoureuse. Elle minauda vers son vieil ami pour qu’il remplisse sa choppe. Elle soutint son regard de vieux père inquiet. Cela faisait des années qu’il la recueillait dans sa vieille auberge. Un jour, il était venu à l’infirmerie, elle s’en rappelait très bien. De son visage bourru un peu inquiet de la voir aussi pâle et inerte dans ce lit. Je t’offrirais toutes les bières du monde tant que je le pourrai si tu t’en sors, affreuse gamine. Toutes les bières du monde si elle revenait à la vie. Et quand elle était venue… avec lui. Il avait sourit. Quand Morghan avait voulu payé, elle l’avait laissé faire. Et ce visage là, de ce vieil homme qui lui avait accordé son affection au point de venir la voir, faire les démarches pour entrer à l’infirmerie, lieu de souffrance clos au public. Et il était venu pour lui dire, passer ce marché absurde qui faisait qu’aujourd’hui, elle pouvait se saouler sans se soucier de sa bourse.

Il ne l’avait pas proposé pour la voir le cœur brisé. Il voulait la voir revivre. Elle s’en voulait d’avoir gâché sa vie, pas pour elle, pour lui, pour eux. Alors elle se donnait la peine de jouer un rôle, de rire et de boire. De partager avec d’autres quelques instants. Feindre que tout va bien. Ecouter les récits épiques, écouter la vie chanter en s’y sentant une parfaite étrangère.

Elle voulait juste se laisser emporter par l’alcool et la voix grave qui lui racontait une vie.
Elle ne devait pas trop boire ce soir, c'est vrai. Dans quelques heures, elle allait réveillé ses petits garnements.
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Jeu 23 Aoû - 7:30

La chopine se vidait tranquillement, gorgée par gorgée. Des hommes il pouvait en fournir, sans trop de problèmes, même si cela resterait plus officieux qu’officiel. Concernant sa gestion des entrainements de ses troupes, une rotation de quelques gars aiderait à ne léser personne, sans oublier qu’il était de toute façon prévu de prendre sur le temps libre de certains qui verraient dans cette « instruction » le moyen de ne pas lambiner en se reposant. Car il y avait des hommes qui n’avaient pas besoin d’autant de repos que les autres, qui s’ennuyaient lorsqu’on leur demandait de ne rien faire et peinait à tromper l’ennui. Oui, il connaissait parfaitement les hommes qu’il enverrait au Sergent le surlendemain à l’aube. Certains n’étaient pas nécessairement des tendres mais on n’allait pas non plus entrainer des recrues avec des oursons en peluche, à moins qu’on les entraine à arrêter les Révolutionnaires à coup de câlins maintenant. Il avait haussé un sourcil quand elle avait évoqué un exercice nocturne surprise. A son souvenir, il n’avait pas eu le droit à ce genre d’attention particulière, mais, cela remontait presque à une autre époque. Les dangers auxquels les recrues faisaient face aujourd’hui étaient bel et bien présents. Combien survivraient réellement si assaut il devait y avoir ? Il fallait les préparer au mieux, pour éviter qu’ils ne gâchent inutilement leurs vies. Apparemment le Sergent avait trouvé un bon moyen de les endurcir. Il se figea quelque peu. Peut-être à cause de cette manière qu’elle avait eu de glisser un doigt sur ses lèvres, lui demandant de tenir le secret dans un sourire énigmatique. Non pas que ça le dérangeait, sans quoi il aurait sans doute déjà fait un mouvement de recul mais cela… l’étonnait. Il connaissait un peu le Sergent Sandragil et la petite histoire qui courrait sur elle, concernant ses camarades d’Armée. Ses lèvres se fendirent dans un petit sourire. « Je serai muet comme une tombe, il faut bien leur apprendre à vivre à ces recrues. J’ose simplement espérer qu’ils penseront à se reposer où certains vont s’endormir au pied d’un mur, comme des piliers de taverne un peu trop faits. »

La scène l’amusait déjà en fait. Il fut prit d’un petit courant de sympathie pour ces nouveaux « soldats » qui rejoignaient l’Armée et se prit quand même à espérer qu’aucun ne serait réellement prit au dépourvu. Toutefois, il n’était pas question de gâcher le petit effet du Sergent Sandragil qui leur enseignerait l’une des meilleures leçons de la vie : il fallait toujours être prêt, toujours. Et il manqua à cette règle, cette fois, alors que le Sergent effleurait sa tempe du bout de sa main. Son geste, pour descendre une gorgée de bière, arrêté en pleine ascension, traduisait une nouvelle fois sa surprise qui ne dura toutefois pas trop longtemps. A peine un temps d’arrêt, comme pour écouter ce qu’elle avait à lui dire. L’histoire de sa cicatrice ? Il eut un petit sourire et termina de porter la chope à ses lèvres, bien décidé à en avaler la gorgée qu’il était prêt à boire quelques instants auparavant. Oui, il pouvait certainement lui raconter cette histoire, même si, d’une certaine manière, elle n’avait rien de profondément épique. Après tout, le récit de ses blessures n’avait rien d’exceptionnel, si ce n’est peut-être la quantité d’anecdotes qu’il regroupait. Une quantité non négligeable parcourait l’ensemble de son corps mais si quelqu’un d’autres aurait pu en faire des récits épiques et dignes des plus belles balades de bardes, Ameer restait toujours simple à ce sujet, même si les cicatrices semblaient plaire aux femmes qui prenaient un malin plaisir à les parcourir du bout des doigts, même si, généralement, cela se passait de manière beaucoup plus intime qu’au comptoir d’une taverne. Il reposa sa chope avant de poser ses yeux océan sur la Sergent.

« Je peux oui, mais ça n’a rien de particulièrement héroïque. Vous savez comme moi que les batailles n’ont quasiment rien de ce qu’en chantent les bardes. » Il eut un petit sourire et fouilla quelques instants dans sa mémoire. La blessure qui barrait son arcade avait bien faillit lui faire croire que son dernier jour était arrivé, il s’en souvenait. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’une flèche mord votre peau en vous rasant d’aussi près. « C’est un archer qui me l’a faite. Peut-être moins doué que vous, sans quoi je ne serai surement pas là à vous raconter cette histoire. » Les compétences d’archère de Nisa Sandragil n’étaient pas à prouver dans l’Armée. « On se battait contre les Sauvages, sur le front, vous avez connu j’imagine. Nous faisions une patrouille quand nous sommes tombés dans une sorte d’embuscade. La flèche qui m’a touché est l’une des premières de l’engagement. Autant vous dire que j’ai passé les minutes suivantes à me battre la vue brouillée de mon propre sang. Ce n’est pas pratique de se battre quand il pleut comme vache qui pisse mais le faire avec une arcade en sang, ça ne l’est pas non plus. » Il soupira et but une gorgée de bière avant de reposer sa chope dans un petit haussement d’épaules. « Voilà Sergent. Rien de bien héroïque, au contraire. Enfin, mon manque d’attention m’aura au moins valu un surplus de charisme. Il paraît que ça plait à certaines femmes. » Il lui fit un clin d’œil. « Et sinon, vous êtes revenue sur votre résolution, à tripoter ainsi un militaire ? » La question avait été posée dans un sourire mi amusé, mi charmeur. Il connaissait sa réputation, cette manie qu’elle avait eu de repousser tous les hommes militaires qui s’étaient aventurés près d’elle. En temps normal, il aurait certainement poussé le vice jusqu’à essayer quand même de la mettre dans son lit mais là c’était plus une histoire de taquinerie qu’une réelle volonté de séduction. Enfiin, de toute façon, on ne pouvait pas dire qu’elle ne le connaissait pas et ne savait pas trop à quoi s’attendre avec lui. C’était une chose dont Ameer ne se cachait pas. Jamais. Les choses étaient toujours claires.
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Jeu 23 Aoû - 8:45

Elle écouta poliment son récit de bataille, mais ce fut la dernière remarque qui la fit réellement réagir. Revenir sur ses résolutions ? Elle éclata d’un rire bruyant, il lui fallut quelques minutes pour calmer hoquet et larmes au milieu du terrible rire qui lui provoqua un mal de côtes certains. Ce n’était pas un rire de femme, un rire calculé et réservé comme elles peuvent avoir, un rire pensé pour être joli. Il était juste éclatant au point qu’on eut pu penser que le capitaine venait de dire la meilleure plaisanterie de l’armée. Plusieurs regards curieux se posèrent sur eux d’ailleurs. Avachie sur le comptoir, tenant ses côtes et souffletant, elle parvint enfin à se calmer. Elle se rassit sur son siège de manière correcte en essuyant encore ses yeux brillants. Elle semblait prête à repartir et il lui fallut plusieurs respirations profondes pour parler sans recommencer à rire. Pardonnez... Le moi ne parvint jamais à destination, emporté dans une réminiscence qui la fit glousser de plus belle. Elle fut plus rapide à cesser cette fois et reprit finalement.

Ce n’est pas de la moquerie, mais vous avez eu une expression tellement… Le rire la frola encore mais elle réussit à lui résister. Et puis votre question… totalement incongrue et impromptue. Enfin. Lorsque je suis entrée dans l’armée, j’avais la naïve pensée que je valais autant qu’un homme. Et qu’aucune coucherie ne devait consteller mon parcours pour qu’on ne m’accuse pas d’être où je suis pour les faveurs de mes fesses. Cela aurait pu me coûter ma progression, je suppose, mais j’ai tout de même eu de la chance. C’est un serment que je me suis fais en entrant. Et heureusement, il n’y a pas que des militaires en ce monde. Il faut que j’arrête de boire moi… Un soupire, c’est qu’elle avait un exercice nocturne sur le feu. Aujourd’hui, ma résolution a changé, en effet. Un silence pour ménager son effet. Je refuserai chaque homme indifféremment de son appartenance militaire. Et si vous avez pensé voir quoique ce soit de sexuel dans ce tripotage, c’est que vous êtes plus saoul que vous ne le semblez l’être.

Le visage qui avait un instant constellé de rire et de joie devint sérieux pour se muer en quelque chose de presque triste. Elle prit une gorgée distraite de sa choppe. Quelle drôle de femme devait-elle paraître à un homme qui appréciait ce genre de jeu. Il fut un temps, où elle les appréciait autant, et il lui semblait que cela pourrait finir par lui manquer. Oui, au fond d’elle, elle savait que cela allait finir par lui manquer. Tout comme sa vie d’avant. Que ne donnerait-elle pour revenir en arrière, un jour où il n’y avait pas tout ces tourments qui la prenait, qui l’étouffait. Un jour bénit où elle était simplement insouciante de ce que la vie peut vous faire. Vous présenter le bonheur, vous faire y croire et vous le retirer le lendemain en riant de votre souffrance. Comme un pantin désarticulé qu’on jetterait aux ordures après un spectacle de lumière éblouissant. Du jour à la nuit. Elle se savait prête à tout pour continuer à croire et espérer qu’un jour elle pourrait… elle pourrait… mais elle ne pourrait pas. Réaliste, il fallait qu’elle le soit, mais elle continuait de se déchirer en elle.

Prisonnière de ses serments, prisonnière de sa droiture, prisonnière de ses choix stupides. C’était son unique faute. Elle méritait sa tristesse, la cultivait. Mais à présent qu’elle avait jeté la clé, elle ne pourrait plus se défaire des serments. Elle aurait pu s’affaler contre son capitaine, pour qu’il joue avec ses cheveux, la console de la cruauté des hommes. Elle n’était que cela, une femme, un jouet qui avait déplut. Elle passa une main confuse dans ses cheveux qu’elle agita un peu, faisant onduler sa natte dans son dos. Cette sensation, ce geste lui fit revenir un souvenir éclatant. Sa main qui passe dans ses cheveux défaits pour les faire glisser en arrière. Cela faisait une dizaine d’année qu’elle ne les avait pas eus autrement que solidement coiffé. Encore moins auprès d’un homme, ses cheveux, son caprice de féminité. Ce souvenir en fit venir une avalanche, celle d’une soirée dans cette même auberge. Une soirée emplie de mot et de gestes tendres. Cette soirée où elle avait été définitivement vaincue et conquise. Sans baisers, sans charmes invasifs, la plus pure et sincère des victoires. Yeux dans le vague, elle fixait la porte, lèvres entrouverte sur une surprise délicieuse. Le masque réserver venait de fondre, laissant observer à la dérobée la femme derrière le militaire. Elle disparut rapidement, à mesure que le souvenir se délitait, s’effaçait pour retrouver la réalité.

Enfant, elle s’était imaginé l’amour comme quelque chose qui rendait heureux. Quelle désillusion. Et même si elle parvenait un jour par un miracle de Therdone à un statut de Noblesse de Rang. Non, même en devenant exceptionnelle, en sauvant toute la ville ou que sais-je encore, ils seraient capable de la rejeter. La colère gronda, lui donnant l’envie de bondir jusqu’à la demeure des Jagharii et d’en forcer l’entrée jusqu’à gronder sa colère, à en faire trembler leur misérables préjugés.

Il fallait qu'elle trouve un moyen. Elle refusait de laisser sa Volonté être piétinée.

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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Ven 24 Aoû - 12:34

Avait-il réellement dit quelque chose de drôle pour qu’elle parte ainsi, au quart de tour, dans un rire sonore ? La surprise de l’éclat rapidement remplacé par un petit sourire sur ses lèvres, il observa du coin de l’œil les badauds de la taverne qui se demandaient bien quelle avait été la blague qu’il avait racontée pour la faire ainsi rire. Et, d’une certaine manière, même lui espérait quand même obtenir la réponse un jour ou l’autre, même si, pour cela, il fallait d’abord que le Sergent se calme, ce qui ne semblait pas une mince affaire, il fallait bien l’admettre. Etait-ce parce qu’il lui avait parlé de ses résolutions concernant les militaires ? Peut-être avait-elle mal interprété ses paroles ? Car s’il s’étonnait de son sens, assez familier, de la discussion – et des papouilles légères dont elle l’avait gratifié – il ne fallait pas y voir une réelle tentative de séduction. En réalité, il en était loin. Bien évidemment, si l’occasion s’était d’elle-même présentée, il n’aurait pas vraiment hésité à se faire plaisir et l’une des chambres de la taverne aurait été largement suffisante pour cela, quitte à ce que ce petit moment de bonheur ne s’abrège avant la nuit, sur des corps essoufflés et brillants de sueur. Mais, c’était surtout pour boire un verre qu’il était venu et pas nécessairement pour repartir avec une femme au bras. Généralement, pour ça, il n’allait pas ici, mais plutôt dans d’autres établissements de la ville, des tavernes ou des auberges où la clientèle était beaucoup moins typées et où les femmes étaient plus nombreuses, bien qu’elles ne soient pas nécessairement plus belles. Enfin, la beauté restait de toute manière très subjective et, s’il était homme à aimer les belles femmes, Ameer pouvait également trouver son compte en rabaissant un peu ses exigences, même s’il n’allait pas jusqu’à se brader complètement. Après tout, puisqu’il allait les quitter à la faveur de la nuit, il pouvait au moins leur faire le plaisir d’accéder à leurs désirs, ne serait-ce que pour quelques heures, car, après tout, il n’avait pas vraiment d’idéal féminin et toute jeune femme aux hanches voluptueuses, au forme généreuse et au regard gourmand pouvait se révéler une excellente amante. Pour une nuit.

Et puis elle trouva finalement la force de s’arrêter de rire. Cela lui demanda visiblement beaucoup d’effort mais le Capitaine ne s’en formalisa pas, nullement gêné, s’occupant simplement de descendre sa chope en attendant qu’elle retrouve son souffle et son calme. Une fois rassasiée de son amusement, du moins, il l’espérait, elle trouva la force d’aligner quelques mots afin de lui expliquer le pourquoi du comment. Il eut un sourire quand elle parla de son expression, même si, apparemment, il ne saurait pas ce qu’elle avait de « tellement ». Enfin, il avait vu juste, c’était bel et bien sa question qui avait provoqué cette hilarité chez elle. Pourquoi ? Il n’en savait trop rien mais alors qu’elle continuait à répondre, il comprit que les éléments de réponse seraient difficiles à réellement mettre en place. Il fut néanmoins surpris à l’annonce de son changement de résolution et ne put qu’acquiescer d’admiration. Il regarda sa chope dans un sourire tandis qu’elle l’accusait d’être saoul, après à peine deux chopines de bière à peine plus forte que de l’eau. « Loin de moi l’idée de considérer ce « tripotage » comme ayant trait à quelque chose de plus sensuel qu’il n’y paraît, mais, pardonnez-moi, je ne savais pas que vous étiez une fille tactile. » En tout cas, certainement pas une fille facile. Il s’amusa de cette sonorité rapprochée. « En ce qui concerne votre progression, vous seriez étonnée d’apprendre que les fesses peuvent aussi la ralentir. Enfin, sachez tout de même, Sergent, que ce n’est pas deux chopes de bière qui vont me saouler. Non mais ! » Après toutes ces nuits à descendre des litres et des litres d’alcool en tout genre, il n’y était pas immunisé, mais, c’était d’ailleurs un comble, il lui fallait aller chercher vers les alcools les plus forts pour réellement se mettre une véritable cuite. Un vrai malheur en soit à bien y réfléchir mais bon, au moins les gueules de bois ne se succédaient pas au même rythme que les femmes, ce qui était, somme toute, un bon point, surtout vu la cadence à laquelle ces demoiselles partageaient leurs couches.

Il termina sa chope une nouvelle fois et la reposa dans un bruit un peu sonore. L’air sérieux de la jeune femme ne lui avait pas échappé mais ce n’était pas le genre d’homme à s’en formaliser. Peut-être s’était-elle perdue dans ses pensées. « Alors Sergent, cette nouvelle résolution, c’est parce que vous vous consacrez désormais aux femmes ? » L’idée était complètement absurde, il le savait. Et quand bien même c’était vrai, elle ne le lui avouerait surement pas. Toutefois, c’était surtout là le moyen de la faire réagir, de la sortir de cette mine réfléchie, sérieuse et fermée dans laquelle elle semblait s’être enfermée pour des raisons obscures qu’elle était la seule à comprendre mais dont il ne voulait pas connaître les tenants et les aboutissants. Les problèmes des autres n’étaient pas ses problèmes et même s’il pouvait aider un camarade avec volontarisme, il n’était pas de ceux qui prêtent réellement leurs oreilles pour écouter des malheurs être débités en des discours trop longs et ennuyeux. Comme il le pensait souvent, la vie mettait déjà suffisamment de problèmes sur sa route sans qu’il ait besoin d’y rajouter ceux des autres. Pour Ameer, la vie devait valoir la peine d’être vécue et les problèmes ne valaient pas la peine d’être vécus, à moins, bien entendu, qu’ils ne soient amusants – d’une certaine manière. Le tout était de se distraire. S’enfermer avec une seule femme était la pire chose qui soit pour un homme, le meilleur moyen de perdre l’intérêt du premier soir, de la première nuit. Aucune femme n’était capable de lutter contre la routine. Alors le quotidien finissait toujours par devenir ennuyeux. Voilà pourquoi le Capitaine ne restait jamais au petit matin entre les bras de toutes ces belles. Simplement parce qu’il savait qu’en restant, la vie deviendrait moins belle.
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Sam 25 Aoû - 13:37

Non, les femmes sont frivoles et lassantes. Oui, lassante est un qualificatif qui leur convient très bien. Comme un vin, il fait tourner la tête un moment, mais il finit toujours par s’éventer et perdre en intérêt. Mise à part ma mère, je n’ai jamais eu d’affection pour un quelconque membre de la gente féminine. D’ailleurs, ça doit bien faire plusieurs années depuis ces combats en campagne que je ne l’ai pas revue, ma mère…

Elle sourit doucement, sa petite mère dans sa petite maison qui devait rêver de la voir franchir le pas de porte. Sa fille indigne, son soldat. Elle devait avoir vieillit, elle se demandait si elle avait les cheveux blanchit à présent. Gribus s’occupait bien d’elle et elle savait qu’avec l’argent qu’elle lui envoyait également il n’y avait aucun risque qu’elle ne souffre de la faim pour l’instant, sa petite mère. Elle et ses gâteaux au miel, ses idées de sculpture fantasque et son enthousiasme frivole d’artiste. Elle se sentait pour elle une lointaine tendresse, un vestige de l’enfance que l’atrocité de la guerre n’avait pas tout à fait rongé. Un petit havre doux et chaud au fond de son cœur pour abriter son souvenir. Si petit, si minuscule au milieu du froid indifférent qui y régnait. Et cette flamme elle la gardait étouffée, secrète, l’ignorait. C’était mieux ainsi.

Je crois… que le langage du corps est bien plus fort que les mots. Les mots on en fait ce qu’on veut, on ne peut rarement tricher avec son corps, ou jamais longtemps. Plus difficilement, en tout cas.

Je crois en la valeur de l’effort, le pouvoir de façonner ce qu’on est. Je crois en la puissance épurée d’un geste dont on ne se lasse jamais, même après des milliers d’exécution.


Elle tendit son bras, porte son deuxième bras à sa joue, tirant sur une corde imaginaire qu’elle crocha sur ses phalanges. Elle expira, doucement, ferme à demi les yeux. Une seconde fila puis elle ouvre ses doigts. On aurait presque pu voir la flèche se planter dans la poutre tant le geste semblait naturelle. Il y aurait pu avoir un arc, il se serait passé exactement la même chose. Ce geste elle pouvait l’exécuter sans cesse, où qu’elle soit. Un fil de vie, un fil de mort, un art d’agir au-delà de la pensée. Ouvrir les doigts, vas. Vas. Vas ! Et rien ne sert d’observer la flèche vibrante dans la cible pour vérifier si elle a touché. Il n’y a aucun doute, elle y est. On a jamais ce genre de certitude et de satisfaction avec les mots. Les apparences, les relations. Les gestes sont plus forts que les gestes, toujours. Ce baiser qu’il lui a refusé a été pire que ses mots. Bien sûr, elle savait qu’il pouvait y avoir superficialité, comédie. Il y a toujours des gens pour tricher, la noblesse est bien connue pour son hypocrisie.

Mieux valait la solitude du ciel limpide. Ne voir que les coups d’ailes épurés, la beauté. Et oublier la flèche qui lui a transpercé le cœur. Elle voulait être ce rapace impassible qui plane dans le ciel sans se soucier de ce qui se trouve sous lui. Elle voulait croire en cette majesté, cette puissance inatteignable. Elle pouvait l’imaginer ce fier oiseau, là-haut. Il était toujours seul, terriblement seul. Car celui qui aurait pu l’atteindre, accompagner cette danse aérienne est prisonnier d’une terrible cage. Elle était prise dans différent vent, des glaciales qui vous paralyse de tristesse et de peur, des chaud, doux comme l’amour et l’espoir, des furieux comme la colère houleuse qui s’agitait en elle. Il n’y avait jamais de vent paisible et neutre, là haut, toujours trop fort à vous malmener le plumage.

Une fille tactile, quelle idée, la question à se poser était plus simple. Pouvait-elle seulement encore être considérée comme une femme ? De celle à qui l’on aimerait caresser la joue, la courbe d’une hanche. De celle à qui on se plait à chuchoter à l’oreille, avec laquelle on repense avec émotion. Non, elle le sait. Si son corps peut plaire un instant, ce qu’elle est ne séduit pas. Qu’y a-t-il seulement d’intéressant et de féminin en elle ? Elle est brusque, trop franche, inélégante dans ses manières, trop impulsive. Cette maudite impulsivité qui lui aura tant coûté. Jusqu’à lui, Morghan. La vérité ce n’est pas son statut qui l’avait fait fuir, mais sa maudite et maladroite impulsivité, son caractère trop mauvais. Elle savait qu’elle avait en elle un immense vide, un calme, des sensations engourdie. Une frontière invisible qui la protégeait de la douleur mais aussi du bonheur.

Ces restes de sentiments qui l’assaillaient encore ne l’étaient que lorsqu’elle se laissait emporter par un de ses souvenirs. Ou lorsqu’elle le voyait à la dérobade. Elle n’avait de toute manière pas de temps à ce genre de pensée. S’il y avait un point positif à son travail, c’est qu’il l’occupait pleinement. Mais ce ne sera jamais assez. Jamais.
Jamais.

Elle finit sa choppe, d’un geste emprunt d’habitude. Savoura distraitement la saveur sur ses papilles et observa rêveusement le capitaine. Lui aussi était un noble.
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Ameer Afsharii
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Dim 26 Aoû - 16:36

Il fut surpris de l’entendre répondre. Après tout, il ne s’agissait avant tout que d’une simple blague, une idiotie à laquelle probablement aucune autre femme n’aurait répondu, pire encore, beaucoup se seraient peut-être outrée d’un tel sous-entendu mais il savait, qu’au pire, la Sergent avait un sens de l’humour assez développé ; après tout, ne venait-elle pas de le prouver ? Toutefois, s’il était surpris d’avoir droit à une réponse détaillée et commentée, il ne se priva pour la saisir au vol et en apprécier l’ensemble. Apparemment Nisa Sandragil avait un avis bien tranché sur le genre féminin dont elle faisait partie mais il se doutait quelque peu qu’elle se considérait davantage comme un homme que comme une femme, tout en elle pouvait le faire croire assez facilement mais, même si elle le pensait véritablement, il y aurait toujours des personnes pour trouver que ce comportement avait plus de charme qu’elle ne pouvait l’imaginer. Certains hommes recherchaient exactement ce qu’elle était car, justement, ils ne voulaient pas d’une femme frivole et lassante, ils avaient besoin d’un certain imprévu, ou, parfois simplement besoin d’être « dirigé ». Une femme comme le Sergent avait toutes les qualités pour mener à la baguette son futur mari – si un jour elle devait en avoir un, chose qui était apparemment mal engagée, car, à sa connaissance des rumeurs, elle n’était fiancée à personne et ne semblait pas vouloir rencontrer d’autres hommes. Ameer était curieux de savoir ce qui avait poussé la jeune femme à s’engager ainsi dans une voie aussi droite et sans aucun détour mais il retint sa langue et préféra ne pas pousser la question plus loin. Elle pouvait très bien avoir ses propres raisons. Après tout, personne ne venait lui demander pourquoi il se passait toujours ses nuits dans le lit d’une autre, soir après soir. Certains de ses hommes se contentaient d’être « admiratifs » mais il sentait bien que certains se demandaient pourquoi il n’était pas encore fixé avec femmes et enfants comme certains d’entre eux. Il aurait été bien en peine de répondre, à dire vrai.

Le Capitaine regarda sa chope vide avant de se demander s’il en prendrait ou non une troisième. Lui n’avait pas d’exercice de nuit et sa soirée promettait d’être bien plus agréable que de se balader dans les rues d’Edor Adeï car il comptait bien trouver une femme suffisamment intéressée et intéressante pour se trouver de sympathiques draps dans lesquels s’ébattre quelques heures avant de les quitter, bien avant le petit matin, laissant la belle endormie à ses songes audacieux. Alors il rentrerait dans sa chambre et profiterait du reste de la nuit pour se reposer et entamer une nouvelle journée. Il s’occuperait de briefer quelques hommes pour les futurs entrainements du Sergent et il reviendrait surement ici, après quelques heures de service sur les remparts à regarder s’épandre la vermine révolutionnaire. Dommage qu’il n’existait pas encore d’arme capable de bombarder ces petits salopiauds à la distance à laquelle ils s’étaient retranchés pour faire leur foutu siège. Enfin, lorsqu’ils se décideraient enfin à donner l’assaut, Ameer se ferait une joie de leur faire goûter l’acier de sa lance, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de volontaires ou jusqu’à ce qu’il ne tienne plus debout, ce qui était le scénario le plus plausible, il fallait l’admettre. Bah. La mort ne lui faisait pas peur de toute façon et il fallait bien mourir un jour. Enfin, tout de même, il espérait qu’ils ne viendraient pas gâcher l’une de ses soirées. Il n’y a rien de plus désagréable que de se faire tirer du lit alors qu’on y encore actif. Enfin, passons. Mieux valait éviter d’y penser, c’était le meilleur moyen d’y donner corps et de laisser le champ des possibles se refermer sur cette situation. Mais, il fallait l’admettre, le couvert de la nuit était suffisamment intéressant pour assurer une certaine surprise. Ses débauches nocturnes finiraient un jour par être interrompue par la clameur des combats. Rester à espérer qu’ils ne donneraient l’assaut qu’au petit matin. Vaine consolation assurément.

Il rattrapa la discussion en cours en se frottant négligemment sa légère barbe qu’il entretenait avec un soin tout particulier. Il était vrai que les corps mentaient difficilement et qu’il fallait bien tout le talent d’un acteur pour se permettre de faire des gestes que l’on ne pense pas particulièrement. Un regard, un mouvement de lèvres, de main, un tremblement… Oui, il savait toute l’importance qu’avait le langage du corps, car, en quelque sorte, il s’en servait plus souvent qu’on ne pouvait le croire. On séduisait finalement que très peu avec des mots, c’était lorsque les yeux se croisaient, quand les corps entraient en contact qu’il finissait par y avoir quelque chose, ou non. Combien de femmes s’étaient d’abord refusé à lui par des mots et s’étaient ensuite laissées emporter par l’ivresse après quelques trop brefs contacts ? Une caresse avait le pouvoir de mille billets doux et tendres, il suffisait simplement de savoir comment en jouer. Sans broncher, il observa l’archère refaire le geste qu’elle avait dû faire des centaines, voire des milliers, de fois. Ses gestes à lui étaient beaucoup moins répétitifs mais il adhérait volontiers à l’idée. « Vous avez probablement raison Sergent. Rien de mieux que le langage du corps mais rares sont ceux qui savent le comprendre et, encore moins à le parler consciemment. Mais je suis comme vous, je préfère de loin les actes aux paroles, mais j’imagine que c’est le lot de tous les militaires de terrain. » Rares étaient ceux qui aimaient se perdre en parole, il fallait l’admettre. Il regarda la jeune femme terminer sa chope et le regarder distraitement. Il se souvenait qu’elle avait un entrainement « surprise » cette nuit et ne voulait pas vraiment lui tenir la jambe si elle préférait prendre du repos. « Vous savez, Sergent, vous n’êtes pas obligé de tenir à la jambe à un Capitaine. Si vous préférez prendre quelques heures de repos avant votre exercice de cette nuit, je n’en prendrais pas ombrage. » Comme s’il l’aurait pu de toute façon. Il jeta un œil à sa chope avant de se décider finalement à en prendre une nouvelle et leva donc son récipient à destination du tavernier avant de déposer encore quelques pièces sur le comptoir...
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Nisa Sandragil
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Mar 28 Aoû - 11:35

Des bons militaires, capitaine, des bons militaires…

Car tous ne l’était pas. Être bavard ou non n’était pas le fond de la question puisqu’elle-même était absolument une personne aux mots faciles. Et elle regrettait souvent de ne pas avoir plus réfléchit avant de parler. De cruels regrets. Elle n’avait jamais autant parlé qu’à Morghan qu’en plusieurs années sur le terrain. Ces campagnes qui l’avaient amenée si loin de sa ville et qui avec la guerre avait fini par tuer tout ce qu’elle avait. Ces visages, ces rires, ces discussions monosyllabiques, ces discussions chaleureuses et joyeuses autour d’un feu de camps. Elle aimait ses souvenirs, elle aimait leur visage à tous, bon ou mauvais militaires, elle aimait se rappeler d’eux car ils éloignaient le souvenir du noble qui avait volé son cœur. « Sergent ! On vous a déjà raconté comment Bert s’est fait jeter d’un bordel ? » « Sergent, savez-vous quand on rentre ? » « Sergent, le messager est-il passé ? » « Sergent, on a repéré du beau gibier ! » « Excellent, nous irons chasser. » « Gidier, Bert et moi, on est volontaire pour y aller, on a parié à qui ramènerait le plus beau faisant et le plus grand nombre. » « J’espère que vous avez parié sur moi, parce que je me sens d’excellente forme. » « Ah, non, c’est déloyale, Sergent ! Vous n’aviez pas annoncé que vous viendriez ! » « Et les perdant, que doivent-ils au gagnant ? hm ? » Elle l’avait gagné ce paris. Ses trois soldats avait passé la soirée déguisé en demoiselle à danser autour du feu. Il y eut beaucoup de rires ce soir là, et de la viande pour tous.

Il n’avait pas commenté sa réflexion sur les femmes, elle ne savait qu’en penser. Rien probablement, il valait mieux ne rien en penser. Et elle n’avait pas parlé de ces oies de noble. La critique eut été plus acérée encore vis-à-vis de ces femelles. Elle sourit en reposant sa choppe sur le comptoir.
Chez un homme, c’est autre chose que les jambes que j’aime tenir. Elle lui adressa ce qui ressemblait à un sourire gourmand. Un peu étrange, un peu déplacé sans doute après avoir affirmé sa résolution à ne plus fréquenter de la sorte d’homme. Il en restait un, après tout. Elle arrangea son blouson.
Vous avez raison, cela dit. Si j’étais un militaire sage, je serai allée me coucher. Mais, ces petits jeunes, je ne les prends pas pour des imbéciles, qu’auraient-ils pensé si je n’avais pas été boire ma traditionnelle bière ? Il est important que je représente une figure inatteignable pour encrer dans leurs petits esprits les valeurs nécessaires à leur survie.


Elle se pencha, passa une main délicate quoiqu’un peu rugueuse sur la joue du capitaine. La caresse se termina en légère tape. Elle cilla, masquant un instant ses yeux gris aux nuances dansantes. Un regard qui avaient fait frémir bien plus d’un, que ce soit de plaisir ou de peur. Plus souvent de peur, à vrai dire. Et surtout pendant ces jours, ses recrues qui venaient de l’avoir pour supérieur et formatrice. Elle les appréciait au fond, même s’ils étaient faibles et peu endurcit, même si elle ne pouvait s’empêcher de les comparer avec ceux qui avaient partagé tant d’année de sa vie. Il y en avait des bons, et même de très bons archers en devenir. Il y en avait qui possédaient un bon esprit de camaraderie et d’entraide. Et surtout beaucoup de Volonté. Ils voulaient aider leur pays, protéger leur famille, leur ami, ils étaient courageux. Ils étaient là pour cela, servir, par pour l’argent ou les soupes infâmes. Ils étaient en majorité là pour protéger, et c’est ce qui les sauvait de son courroux généralement. Les misérables qui étaient là pour l’argent où la nourriture, elle les avait plié, traqué, changé. Où alors ils avaient cédé, étaient parti en pleurant sous son regard impitoyable. On ne peut se permettre de garder certains, ils ne feraient que mettre la vie de leurs camarades en danger.
Elle retira sa main et lui souffla.


Si je puis être tactile avec vous, c’est que je sais qu’il n’y a jamais aucune chance que vous et moi ne soyons jamais autre chose que des collèges, au mieux des camarades. Et parce que vous … vous êtes un noble et un militaire.

Ces maudits nobles, et ce brave capitaine pouvait être le meilleur officier du monde. Il ne serait jamais qu’un noble. « Sergent, vous avez écrit à votre famille ? » « Non, Bert, le Capitaine se réserve le droit au papier, comment une bourgeoise pourrait en avoir l’utilité » Des sourires de connivence, tristesse. Ils ne seraient jamais que des nobles, incapables de comprendre. Ils n’avaient jamais fait autre chose que de briser sa vie, d’en profiter. Et ce, jusqu’à la lie. Son capitaine à elle, était mort en fuyant. Ce bruit de galop, elle s’en souvenait toujours. Chaque fois qu’elle entendait un cheval au galop, elle s’en souvenait. Il leur avait ordonné de rester, de se battre, de se sacrifier et lui était parti. Therdone avait puni ce lâche. Il l’avait fait tomber dans une embuscade avant qu’il ne puisse rejoindre les compagnies d’infanterie dans leur repli.

Je vous souhaite une agréable soirée.


Ce soir était l’heure de la peur et de la douleur. Ils allaient apprendre à se battre à circuler dans la ville nocturne. Elle avait déjà soigneusement préparé les patrouilles et qui elle choisissait comme leader de ces petits groupes. Tout était prêt dans sa chambre, il fallait juste qu’elle change de tenue. Elle avait préparé une tunique noire, du charbon pour son visage, de la cendre. Discrétion serait le mot d’ordre. Il fallait les endurcir ces petits, et la ville de nuit est un univers différent, presque effrayant. Elle avait préparé cela avec le guet également, de manière à assurer la sécurité de ses soldats puisqu’elle ne pouvait pas être partout. Et les bas-fonds étaient dangereux, même pour une patrouille de plusieurs soldats. Le responsable du Guet avait probablement si aimablement collaboré parce qu’elle était une femme. Et même si elle dépréciait parfois ce statut, il fallait lui reconnaître une certaine utilité.

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Ameer Afsharii
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MessageSujet: Re: Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]   Mer 29 Aoû - 7:21

Même les moins bons se perdent rarement en paroles… Même si l’apanage des mauvais est de préférer parler plutôt que d’agir. Il était difficile de réellement dire le contraire, après tout, ils en avaient vu tous les deux suffisamment pour savoir que c’était vrai. Lui-même avait une certaine expérience avec Laetarii et ses moulinets de bras et mouvements de lèvres qui parlait pour ne rien dire et se donnait des airs de grand Capitaine. Heureusement, Ameer n’avait plus à supporter ses ordres absurdes mais il espérait que son nouveau Sergent avait été briefé et savait prendre soin de ses hommes, sans quoi, lorsqu’il faudrait se battre, il y avait de fortes chances que la surprise soit de taille. Quand il avait été nommé par Bellone, le nouveau Capitaine avait eu du mal à se séparer de ses compagnons parce que, d’une certaine manière, il savait qu’il les abandonnait aux mains de Laetarii et que celles-ci étaient loin d’être compétente. Il avait demandé à la Générale comment un « abruti fini comme lui » pouvait encore diriger des hommes en période de crise mais elle ne pouvait rien faire, pieds et poings liés, d’une certaine manière, par un conseil qui avait trop de pouvoir à leur goût. Pourtant, l’heure n’était pas aux grands changements. Peut-être après la révolution, s’il y avait un avenir après celle-ci. Le noble était loin d’être quelqu’un de défaitiste, bien au contraire, il savait que l’optimisme était déjà une bonne façon en soi d’encourager ses hommes mais, plus que tout, il savait être réaliste et, s’il s’amusait et égayait ses hommes de sa bonne humeur, personne ne devait perdre de vue que la vie était belle et que tout irait bien. Il y aurait du sang, des larmes, des cris et des tripes et aucun d’eux n’était certain de survivre le jour où l’assaut serait donné et où il faudrait se battre pour protéger le Gardan Edorta, sa ville, ses habitants, et, surtout, pour leurs vies. On ne plaisantait pas avec la mort, et plutôt que de lui sourire et lui rire au nez, mieux valait la regarder droit dans les yeux et lui dire, froidement : Pas aujourd’hui…

Le regard devenu sérieux par ses pensées, il revint néanmoins à la réalité lorsque le Sergent lui parla de ce qu’elle préférait tenir chez un homme. Son sourire déclencha un jumeau sur les lèvres du Capitaine qui l’observa, un peu étonné de voir de tels propos dans la bouche d’une femme qui parlait de ne plus se laisser « approcher » par aucun homme. Enfin, on pouvait ne plus les aimer et avoir quelques souvenirs de préférence concernant des habitudes passées. Il se demandait néanmoins si elle avait dit cela juste pour le jeu ou car il s’agissait d’une réalité. Difficile de dire du premier abord que Nisa Sandragil était une femme « experte » mais il se doutait qu’elle n’était pas sans expérience. En tout cas, elle n’avait probablement pas tort. Un comportement suspect de la part de leur supérieur aurait probablement mis la puce à l’oreille de certains qui auraient pu éventuellement se préparer, néanmoins, cela faisait partie du jeu également non. « Il n’y a pas de mal à jouer avec eux et semer quelques indices qui pourraient permettre à certains de démontrer leur capacités de réflexion. Mais, je comprends votre point de vue. » Il accueillit la bière qui vint à lui des mains du tavernier dans un sourire tranquille et en but une grande lampée avant de la reposer. Ce serait probablement la dernière, puis il irait vagabonder dans les rues de la ville, à la recherche d’une jeune femme séduisante et s’arrangerait pour lui faire la cour. Il essayait cependant de ne plus les choisir fiancée ou mariée, car elles étaient souvent le moyen adéquat pour se retrouver avec quelques cicatrices supplémentaires et, éventuellement, des soucis d’un tout autre ordre. En campagne on pouvait se permettre ce genre de choses, mais, ici, à la Capitale, c’était une toute autre histoire, il le savait très bien. Ameer était quelqu’un de passionné mais, tout de même, capable d’une certaine raison. Ce n’était pas le moment de passer devant la Cour Martiale, surtout pas pour une histoire de femmes…

Il sonda la Sergent du regard tandis qu’elle posait une nouvelle fois sa main sur sa joue avant d’y déposer une petite tape. Décidément, elle jouait peut-être aussi bien que lui à ce genre de jeu, même si, il s’en rendait compte – elle n’avait pas besoin de le préciser pour cela – il n’y aurait probablement rien de plus qu’une tape amicale entre eux. En un sens, c’était dommage, de l’autre, ce n’était pas plus mal. En tout cas, il remarqua, qu’apparemment, ils avaient deux éléments à charge contre lui. Avait-elle quelque chose contre les nobles en plus des militaires ? Si effectivement il cumulait deux « tares », la coucher devant lui serait effectivement bien plus qu’un défi. « Je ne suis pas certain d’être vraiment noble, mais tant pis. » Il attrapa sa chope. « Mais être seulement des camarades n’empêche pas… » Il porta le récipient à ses lèvres et but une longue gorgée de bière en faisant un clin d’œil au Sergent. Il le pensait vraiment. Après tout, pourquoi pas ? Tant que l’on fixait les règles dès le départ, il n’y avait pas de raison que cela se complique. On devinait aisément ce qu’Ameer cherchait des femmes et il le leur rendait plutôt bien. Il n’avait pas besoin de plus et, s’il partait avant le petit matin, c’était surtout pour éviter qu’elles ne s’emballent. Mais il lui arrivait parfois de tomber sur des femmes qui ne voulaient que la même chose que lui. Passer une nuit suave et gourmande, rien de plus. Deux camarades pouvaient souhaiter ce genre de choses également, du moins de son point de vue, sans y changer quoique ce soit. Enfin, de toute façon il ne s’agissait là que d’une dernière bravade taquine, rien de plus. « Bonne soirée Sergent et ne les malmenez pas trop, ils doivent s’endurcir mais n’en faite pas des cœurs de pierre. Des hommes insensibles ne sont plus des soldats, ce sont des tueurs. » Il leva sa chope vers elle pour la saluer une dernière fois et en but à nouveau une lampée. Il aurait bientôt fini sa bière et s’en irait surement, ou peut-être jouerait une partie de cartes. Rien ne pressait, il avait tout son temps…
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Une bonne bière, rien de tel... [Nisa]
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