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 La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...

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Morghan Jagharii
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MessageSujet: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Mar 12 Juin - 21:59

[HJ : Si ça ne convient pas, MP moi, j'éditerai !]

Comme souvent, Morghan quittait la demeure de Fendril Jagharii au petit matin. Non pas qu’il redoutait d’être vu, après tout la rumeur de son retour en Edor Adeï avait eu le temps de se répandre rapidement. D’autres, plus anciennes, avaient également commencé leur retour, même si elles restaient plus vagues. Son handicap avait été oublié avec le temps, du moins en grande partie et c’était préférable, d’autant plus qu’il n’en souffrait plus comme par le passé et qu’il préférait qu’on évite de le prendre en pitié. Les plus proches de ses gens étaient au courant, mais la plupart ignoraient ce fait et ce n’était pas plus mal. Mieux valait éviter les faiblesses lorsqu’on administrait un domaine, même lorsque la plupart des « employés » ne vous voulait aucun mal. Il se demandait d’ailleurs comment s’en sortait son remplaçant. Il avait laissé suffisamment d’instructions pour plusieurs mois mais le blocus révolutionnaire changeait la donne et il faudrait qu’il prenne des initiatives, notamment en ce qui concernait les prochaines récoltes, les fourrages et les animaux. Une partie d’entre eux devaient être envoyés à l’abattoir, ce qui fournirait suffisamment de viande fraiche et séchée pour passer l’hiver à venir, en comptant une partie de la production céréalière, mais les bêtes devaient être soigneusement triées et, hélas, l’actuel gestionnaire n’avait pas eu de « formation » en ce domaine. Généralement les plus vieilles et les moins productives étaient écartées du troupeau pour être abattues mais d’autres critères plus subtils étaient à prendre en compte, comme l’avait remarqué Morghan lors de ses expériences – généralement à ses dépens – et même si cela ne risquait pas de mettre en péril l’exploitation, cela pouvait retarder quelques commandes, ce qui, aux yeux d’un commerçant, n’était pas acceptable, surtout lorsqu’on mettait un point d’honneur à honorer ses services comme le fils Jagharii.

Comme presque tous les matins, il se rendit d’abord à pieds, par de petites ruelles désertes, dans le quartier Commerçant. C’était ici que le Jagharii avait logé les quelques hommes qui l’avaient accompagné et qui s’étaient occupés de livrer le chargement à destination des familles d’Edor Adeï. L’or accumulé servait maintenant en partie à les loger et les nourrir car ils ne pouvaient pas faire grand-chose d’autres avec le blocus. Secrètement, Morghan les avait chargé de trouver un moyen de faire passer une missive de l’autre côté du siège mais cela ne donnait pas grand-chose. On cherchait notamment à retrouver ceux qui avaient décidé de quitter l’exploitation pour rejoindre la Révolution mais trouver des assiégeurs ne se révélait pas être une mince affaire. Ce qui était somme toute logique. Il fit le point avec eux dans la salle commune de leur auberge et s’occupa à la seconde tâche de ses journées : trouver Elenor Jagharii. Ses recherches s’étaient concentrées sur elle, non pas pour aider les siens à la retrouver, car elle semblait apparemment fuir un quelconque prétendant destiné à l’épouser, mais simplement pour lui, assez égoïstement, pour retrouver la « grande sœur » qui l’avait tant inspiré, celle qui, en quelque sorte, était aussi la raison pour laquelle il était de nouveau dans cette Cité et qu’il avait le courage d’affronter la vérité en face. C’était aussi pour elle. Il avait appris que le malheur l’avait également frappé et poussée à quitter l’Armée. Pour ce qu’il savait d’elle, de se souvenirs d’enfance, il était certain que cela avait dû être un terrible coup pour elle et, de manière assez naturelle, il s’inquiétait pour elle, voulant savoir ce qu’elle devenait et quelle était la voie qu’elle avait choisie maintenant que l’Armée s’était dérobée sous ses pieds. Il avait besoin de savoir, et si besoin, de lui montrer qu’un lion ne se laissait pas abattre, jamais, qu’au contraire, c’était blessé qu’il révélait toute l’étendue de sa valeur…

Quittant le quartier Commerçant pour les Bas Quartiers, là où ses premiers renseignements l’avaient mené, il bifurqua dans certaines ruelles pour éviter les premiers badauds, mais il devait se rendre à l’évidence, les rues se remplissaient et il ne pourrait échapper plus longtemps à la « foule ». Il poursuivit donc sa route, sans prendre garde aux regards qui se tournaient sur son passage et repéra une auberge à quelques maisons. Forçant l’allure, mais toujours droit dans ses bottes, il s’y dirigea prestement avant d’en ouvrir la porte et d’y pénétrer. L’odeur âcre et le brouhaha le surprirent, ne s’attendant pas vraiment à ce qu’une petite troupe de badauds se taillent déjà le bout de gras devant des chopines à cette heure de la mi-matinée. Enfin peut-être n’avaient-ils pas vu la nuit passer… Il fit un ou peut-être deux pas à l’intérieur du bâtiment lorsqu’un terrible mal de tête le prix. Non… Pas maintenant… Il retint sa main qui voulait se portait à sa tempe et sentit son oreille droite commencer à bourdonner, masquant partiellement le bruit de la salle. Histoire de ne pas avoir l’air d’un idiot, il se mit à traverser la salle mais manqua de s’écrouler et du faire un ou deux pas, involontairement en direction d’une table proche. Pour ne pas éveiller de soupçons, il s’installa à cette table, sans même faire attention si elle était prise ou non. Il fit semblant de se frotter les yeux, comme s’il n’était pas tout à fait réveillé, pour se masser discrètement les tempes et essayer de faire passer son vertige, qui, heureusement, semblait déjà décliner. Il était rare que de simples éclats de rire, ou même des gens qui parlent, déclenchent une crise, ne serait-ce que bénigne et il se demandait sincèrement s’il n’y avait pas d’autres facteurs déclencheurs. Pour lui, comprendre sa maladie était le meilleur moyen de lutter contre elle pour éviter de réunir trop de causes au même moment et ainsi éviter de révéler sa faiblesse trop visiblement. Il s’en était plutôt bien sorti ici, même si, en tout état de fait, personne ne lui avait réellement prêté attention, du moins passées les premières secondes suivant son entrée. Tout entier à lui, il n’avait plus qu’à se reprendre et faire bonne figure avant de commencer ce qu’il était venu faire, chercher des informations…
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Mar 19 Juin - 15:44

Si personne dans l’Auberge ne semblait avoir porté une quelconque attention au comportement étrange de ce Noble en plein Quartier des Humbles, le bousculement de la table, lorsqu’il s’y était installé, avait éveillé l’intérêt d’Alecto.
En réalité, accoudée à cette même table, en face de lui, l’équilibre précaire qui réussissait à maintenir son menton dans sa paume avait été perturbé, et le mouvement avait brisé son sommeil. Un sommeil, certes, bien léger, assez pour qu’elle ne s’endorme pas réellement, trop pourtant pour qu’elle puisse avoir entendu venir cet intrus. Aussi s’éveilla-t-elle en sursaut, n’ayant somme toute pas l’habitude d’être surprise.

Ses pupilles se dilatèrent dès lorsqu’elle découvrit la lumière du jour, et s’étonna qu’il soit si tard, ou si tôt… La dernière fois qu’elle avait vu l’intérieur de la taverne, il lui semblait qu’un grand feu et les lustres éclairaient certes beaucoup, mais de façon bien moins naturelle que le soleil du dehors. Cette impression désagréable la rendit nauséeuse, avant qu’elle ne se rende compte que la cause était toute autre.

« Il n’est pas venu à l’esprit de sa Seigneurie que s’asseoir à une table déjà prise était d’une impolitesse scandaleuse. » Souffla l’Assassin, dans une voix plus rauque que de coutume. Devant elle, une révélation ; une chope à moitié vide trônait, et elle en finit le contenu comme on s’abreuve d’un verre de lait au réveil. La nuit avait été longue, elle savait où elle était, mais ignorait combien de verres elle avait commandé à l’Aubergiste. Elle se rappelait d’une partie de dés houleuse mais elle n’avait rien perdu, ça, elle le savait.

L’alcool Ilédor était bien plus délicat que celui des Olarils, et il glissait bien mieux dans la gorge. Depuis deux jours elle logeait dans cette Auberge ; et depuis le soir du Bal, elle n’avait pas goût à autre chose que le néant. Alecto avait cru que les événements qui avaient suivi cette soirée l’auraient amenée à trouver une voie, à trouver une place… Mais depuis la mort de Ruben Gasseï, elle devait admettre qu’elle avait trouvé une place à ses côtés, et sa disparition –dont elle ne regrettait rien- avait tout remis en question.
Dès lors, elle attendait qu’on la contacte ; C’était ce qu’avait dit celle qu’elle avait compris s’appeler Eléni. Attendre dans les Auberges ou des Tavernes, qu’on la retrouve. Et pendant ce temps …

Ruben avait laissé un vide immense. Ce chien avait mérité son sort, et elle serait prête à le faire subir à tout autre rat de son espèce. Mais son absence était pesante, tant qu’elle avait goûté les liqueurs que servaient les Taverniers des bas quartiers. Ils prétendaient que les Nobles avaient de bien meilleurs alcools, elle songeait qu’ils devaient être divins, dans ce cas. Elle qui n’avait jamais l’habitude de boire, malgré les immenses fêtes en Arestim Dominae, avait appris ici. Et pour qui lève son verre, les compagnons son nombreux.
Mais personne n’était venu à sa rencontre, cette Eléni restait éloignée d’elle, et Alecto devait passer le temps. Sans l’habitude, elle se retrouvait grisée à deux chopes.


Le visage impassible qu’elle arborait habituellement n’était plus si neutre. L’Olarile aux arabesques sur le visage pourtant n’avait pas l’air de ces ivrognes chiffonnés, sales et rouges. Toujours cette peau blanche et toujours cette expression d’éloignement ; mais il y avait désormais la facilité de parole et rapidement, elle relança :

« J’attends tes excuses où tu risques d’avoir des ennuis. » Lança-t-elle alors, l’alcool lui permettant de reprendre ses vieilles coutumes de tutoiement, et d’être directe, contrairement à son habitude. De toute évidence, cet homme pouvait effectivement trouver les ennuis face à elle, s’il ne se montrait pas soit compréhensif envers une femme ivre, soit gêné. Et vraisemblablement, ce gars-là n’était pas d’ici… Beaucoup trop propre, beaucoup trop bien habillé.
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Morghan Jagharii
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Mer 20 Juin - 7:22

Dans des conditions normales, Morghan aurait certainement remarqué la présence d’une jeune femme « endormie » à une table et n’aurait pas poussé l’impolitesse au point de s’installer à ses côtés, hormis peut-être si l’auberge entière eut été pleine et qu’il ne restait de places ailleurs et encore il se serait fait violence et aurait d’abord cherché la permission de la dite personne avant d’oser s’installer. Hélas le fils Jagharii n’était pas dans son état normal, pas après une crise, même si elle n’avait été que de courte durée et d’intensité relativement faible. Il avait d’ailleurs toujours un léger bourdonnement et, malheureusement, un début de migraine semblait-il qui commençait à pointer le bout e son nez. Alors qu’il essayait de récupérer, totalement à lui-même et inconscient des alentours, il eut un sursaut de surprise quand une voix toute proche s’adressa visiblement à lui. Il cessa de se triturer le visage pour essayer de faire passer son mal de tête et son bourdonnement et tourna la tête vers la source de ces paroles au ton fort peu engageant. Observant la scène qui se dévoilait sous son regard Morghan continua de surprises en surprises. Pardonnant volontiers aux hommes leur faiblesse de l’alcool, il n’avait néanmoins que trop rarement vu de femmes s’abasourdir de breuvages assommants et ce, jusqu’à des heures indues de la matinée, après une nuit certainement pas passée le gosier à sec. Ce qui le frappa, davantage que la choppe et l’air misérable que dégagent ceux qui ont trop forcés sur la boisson, ce fut les arabesques qui courraient sur son visage. Ce n’était pas une Ilédore ou alors ces femmes avaient bien changées en une dizaine d’année. Non, elle devait être une Olarile et sa mère lui avait parlé de ces gens qui font fi des politesses attachées à leur culture, sans savoir que le tutoiement peut être, en certaines situations, d’un irrespect total envers la personne tutoyée, principalement du fait de son rang.

Morghan Jagharii était probablement l’un de ceux qui pouvaient prétendre à n’être tutoyés qu’en de maigres occasions, pourtant il ne s’était jamais formalisé d’un tel protocole, surtout auprès de ses gens, qui, pour les plus anciens d’entre eux, ne l’avaient jamais connu comme un noble mais simplement comme un homme semblable aux autres, avec une certaine capacité à diriger certes, mais qui pouvait être inhérente à chacun et n’avait jamais vraiment trahi ses origines plus nobles. D’ailleurs, à l’heure actuelle, seuls ceux qui étaient venus avec lui en ville étaient au courant de ses véritables origines et, s’il n’avait pas nécessairement tenu ses camarades au respect, il était intimement convaincu que cela ne se répandrait pas une fois leur retour dans la ville, parce qu’ils savaient que cela ne changeait rien. Alors que, a moitié perdu dans son « observation », à moitié encore confus de surprise, il s’entendit dire qu’il s’exposait à des ennuis s’il ne s’excusait pas rapidement, il sembla enfin se reprendre, même si son malaise dû à sa crise n’était pas encore passé, et se redressa un peu. Même si elle était une femme, il y avait quelque chose chez elle qui faisait que les menaces, en un sens, qu’elle proférait n’étaient pas à prendre à la légère. Il plongea son regard dans celui de son interlocutrice « forcée » et admit rapidement qu’elle faisait courir un léger frisson sur son échine sans qu’il ne sache vraiment pourquoi. Difficile de dire qu’il craignait ce qu’elle pouvait lui faire, après tout elle semblait bien saoule et pourtant, quelque chose en elle, dans son regard ou ailleurs, lui faisait penser que même dans cet état, elle pouvait se révéler bien plus dangereuse qu’un homme sobre. Il allait certainement chercher ça au fin fond de son imagination, ou alors peut-être était-ce la dureté avec laquelle les mots avaient été prononcés, ou simplement cette différence de culture entre Olarils et Ilédors qui faisait qu’il abordait de manière différente des propos qui n’auraient pas eu le même impact entre des lèvres ilédores.

« Veuillez pardonner mon comportement, je ne cherchais pas à être impoli. J’ai été pris d’un étourdissement et je n’ai pas regardé avant de m’asseoir afin de reprendre mes esprits. Je vous assure qu’en des circonstances normales je ne me serai jamais permis une telle chose. » Il se serait bien levé sur le champ, pour illustrer ses propos, mais, s’il le faisait, il y avait des chances pour qu’il finisse par terre au bout de quelques pas. Son oreille droite bourdonnait toujours et il craignait que son handicap ne fasse qu’attendre, avec un certain vice, qu’il se croit hors de « danger » pour frapper un nouveau coup, peut-être plus fort celui-ci. « Peut-être puis-je vous offrir quelque chose le temps que passe mon embarras, je vous promet de vous rendre votre table et votre tranquillité une fois mon trouble passé. » Le problème, c’était qu’il ne savait pas vraiment combien de temps ça prendrait. Généralement, les plus petites crises passaient rapidement mais il avait rapidement appris que tout cela n’était souvent qu’une question de hasard ou de chance, comme certains préféraient l’appeler, et, malheureusement, il n’y avait rien à faire pour cela. Il avait tenté différents remèdes, certains conseillés pourtant par de très bons herboristes, mais rien ne semblait faire passer ces troubles de manière efficace. Car si certains se révélaient d’une utilité quelconque une fois, ils ne l’étaient plus lors de la seconde, ne laissant à Morghan que l’hypothèse d’avoir eu une Volonté plus forte ce jour-là. Il espérait vraiment pouvoir se débarrasser totalement de ce fardeau un jour, de ne plus porter cette épée au-dessus de sa tête qui risquait de s’abattre sur lui à n’importe quel moment. Pourtant, il devait se rendre à l’évidence. S’il avait réussi à espacer les crises, même du fait de sa Volonté et non du hasard, il ne semblait plus y avoir grand-chose à faire pour améliorer quelque-chose à présent. Et quand bien même c’était le cas, retrouver une « normalité » ne lui permettrait pas de réaliser le rêve qu’il avait à jamais perdu : celui de pouvoir intégrer l’armée, comme Elenor, pour avoir le privilège de servir sous ses ordres.
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Mer 20 Juin - 17:56

Alecto fut étonnée qu’elle soit ainsi écoutée, et qu’il s’exécute sans broncher. Sa politesse justifia de nouveau son impression première : l’homme n’était pas natif de ces quartiers, c’était certain désormais. Même si elle pouvait apprécier parfois la courtoisie de beaucoup d’Ilédors, même les plus pauvres, dans ces rues-là, leur langage bien que plus soutenu, était bien plus familier et ressemblait bien plus à celui des Olarils. Pas de chichis, pas de tournures étranges, pas de courbettes.

Elle avait, du reste, été introduite dans plusieurs soirées chez de grands Bourgeois ou petite Noblesse, par son Maître, qui les connaissait bien. Et pour cause, ils étaient ses clients réguliers… Aussi avait-elle vite dû apprendre les signes qui les trahissaient, notamment lorsque Ruben lui demandait de l’accompagner pour rencontrer ces supposés « incognito » encapuchonné, que la nervosité ou des mouvements trop élégants rendaient reconnaissables très facilement. Il suffisait d’avoir appris ces codes, et tout devenait clair.
Bien que le Mentor n’ait pas eu le temps de lui apprendre les us et coutumes de la Grande Noblesse, et son initiation à ces protocoles très spécifiques auraient dû être abordée lors du Bal… Cependant, Gasseï avait décidé de pimenter cette soirée en rendant jalouse sa compagne. Il avait payé un prix certes bien plus fort que prévu, mais il avait accumulé les dettes envers beaucoup.

Malgré son état, elle s’efforça de réussir son analyse, mais la boisson envahissait ses pensées, et elle ne pouvait se dire autre chose que : cet homme n’est pas Humble. Aller plus loin lui était désormais impossible. La soirée finie, elle ne pouvait décemment commander de nouveau une chope, elle ne tenait pas non plus à être impropre à rencontrer Eléni si par miracle elle se présentait à elle ce jour-là. Le visage vide d’expression, son regard bien qu’imbibé n’avait aucune peur à fixer dans les yeux son interlocuteur.

« Volontiers, j’aime le lait de chèvre que sert cet Aubergiste. Il y met des feuilles de menthe. Goûte-le toi aussi. » Fit-t-elle, d’une voix sans faille malgré l’alcool. Alcool qui l’empêchait d’avoir de la retenue, et l’incitait à défier cet intrus qui prétendait être pris d’étourdissement. Elle voulait s’amuser, et malgré qu’elle ne soit pas habituée aux rigolades, Alecto avait envie de vérifier s’il l’écouterait ou non. Si elle pouvait lui imposer cette boisson.
Elle était dans un état qui lui permettait d’avoir conscience des changements de son attitude, elle s’en agaçait légèrement, mais savait les effets de l’alcool provisoires. Elle était dans un entre-deux, pas assez ivre pour ne plus avoir conscience de ce qu’elle disait ou faisait, et trop pour rester distante et muette comme à l’accoutumé.

Elle leva le bras sans lâcher du regard le Noble, et le tavernier avança rapidement, sachant certainement qu’Alecto était une bonne cliente, entre ses boissons de la nuit et celles à venir… Deux laits de chèvre, c’était décevant car il préférait les commandes alcoolisées, qui en entraînaient tant d’autres…
Quelques minutes à peine après qu’elle ait ouvert la bouche, l’Olarile et l’Ilédor étaient servis. Alecto n’avait finalement pas laissé le choix à son interlocuteur forcé, sans doute n’avait-elle pas réfléchi en hélant le propriétaire des lieux.

« Que fais-tu dans ce genre d’endroit ? Tu n’es pas habitué à mieux ? » Lança la jeune femme, sans ménagement. Elle se rendit compte de son ton, sans doute de nouveau en défi, ou légèrement agressif, mais elle ne le contrôla pas. Impossible de savoir si elle le regrettait ou non.
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Morghan Jagharii
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Mer 20 Juin - 18:44

Il est toujours difficile pour quelqu’un de passer pour un autre, surtout lorsqu’il est noble et tente de se faire passer pour un humble. Il est impossible de refouler complètement son éducation, quelque chose finit toujours par trahir, qu’il s’agisse d’un geste, d’un mot ou d’une tournure de phrase. Mais, de toute façon, Morghan n’essayait pas de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Il était clairement vêtu comme une riche personne et à défaut d’être considéré comme un noble, on ne pouvait décemment pas aller en dessous de bourgeois. Alors il aurait été inutile de changer de vocabulaire ou de façon de parler juste parce qu’il croyait qu’il intègrerait mieux le décor. Quoiqu’il fasse il serait probablement toujours un peu hétéroclite dans cette auberge, à moins peut-être de trouver des vêtements miteux, de se trainer dans la poussière et d’apprendre à se débarrasser de ses propres mots mais, là encore, l’exagération jouerait probablement en sa défaveur. Non mieux valait être soi-même, en toute circonstance, on évitait les problèmes. De toute façon, le jeune lion n’avait rien à cacher, au contraire, il ne désirait que trouver. Enfin, en cet instant précis, il essayait plutôt, assez égoïstement, d’éviter de contrarier une femme qui semblait avoir les moyens de mettre ses menaces à exécution et de mettre un terme à ce qui commençait à lui prendre la tête, au sens propre comme au figuré, même s’il savait que s’énerver ne résoudrait hélas rien du tout, bien au contraire. Mieux valait attendre que ça se passe tranquillement, même si ça impliquait de partager une table et un verre – puisque c’était apparemment le deal qu’elle avait accepté à la grande surprise du noble, qui pensait que les excuses ne suffiraient peut-être pas – et peut-être quelques paroles à échanger afin de meubler un silence trop lourd ou juste trop présent.

« Je… » Il n’eut pas vraiment le temps d’aller plus loin. Que ce soit parce qu’il ne parvenait pas à quitter le regard de l’Olaril, ou parce qu’il n’arrive pas à déterminer à quel point elle était encore consciente de ses faits et gestes, ou peut-être simplement parce qu’elle héla l’aubergiste avant même qu’il put faire quoique ce soit pour protester. Les commandes furent prises tout aussi rapidement et il n’eut pas le temps de placer un mot que le propriétaire des lieux revenait déjà avec deux chopines de lait de chèvre presque pleines au point de déborder au moindre mouvement. Vaincu par K.O., Morghan glissa une pièce dans les mains du tavernier, jetant un regard dans sa direction pour s’assurer que cela serait suffisant et voyant qu’il ne protestait pas, il tourna à nouveau la tête vers l’Olarile dont il ne connaissait rien et qui venait plus ou moins de le forcer à boire du lait de chèvre. Le noble n’était pas spécialement coutumier de cette boisson mais s’il avait un souci particulier avec l’alcool, il n’avait aucun mal particulier avec le lait, denrée qu’il produisait sur ses terres mais dont il ne raffolait pas spécialement et qu’il ne consommait que de temps en temps, qu’il soit de vache ou de chèvre. Supposant qu’il fixait depuis un peu trop longtemps la jeune femme, ne serait-ce que pour sa propre survie, il plongea les yeux vers sa chopine et le lait qui y trempait, agrémenté de quelques feuilles vertes qui, à l’odeur, semblaient bien être de la menthe. Il allait se convaincre d’en boire une gorgée pour ne pas avoir l’air idiot à observer son récipient quand elle l’interrompit une nouvelle fois dans son élan, lui demandant s’il ne s’était pas égaré, car, du moins cela devait être sous-entendu, tout noble qu’il était, il pouvait surement se permettre une bien meilleure auberge pour ce qui était de prendre un petit déjeuner correct ou tout autre chose que l’on venait faire dans un tel bâtiment.

Il abandonna sa chopine des yeux et recroisa ceux de son interlocutrice qui dégageait une aura sauvage affaiblie par l’alcool sans aucun doute, mais dont le ton trahissait nettement qu’elle était habituée à mener les choses et qu’elle ne supportait surement pas d’être considérée comme une inférieure, à tous les points de vue. « Je suppose que je pourrais me payer mieux si j’en avais envie. »Il eut un petit sourire tandis qu’il embrassait la grande pièce du regard. Elle ne payait pas de mine et elle avait une odeur singulière mais ce n’était pas non plus désagréable. Il n’avait pas encore testé la qualité des boissons mais l’auberge donnait l’air d’être un établissement plus que raisonnable, loin des clichés miteux que la Noblesse s’ingéniait parfois à tirer du Quartier des Humbles. « Mais je cherche quelqu’un et je crois savoir que cette personne se trouve dans ce quartier. Je me suis dit qu’une auberge pouvait toujours être un bon endroit où commencer. » Ce n’était pas son premier jour de recherche mais, cela, elle n’était pas obligé de le savoir. Les endroits comme celui-ci étaient des nids à rumeurs, à visages et certains n’hésitaient pas à raconter deux ou trois choses en échange d’un peu de menue monnaie. Morghan avait repris une certaine consistance face à l’Olarile mais il n’était clairement pas encore tout à fait à l’aise. De toute façon, son handicap s’en chargeait pour lui alors qu’un fort éclat de voix provenant du groupe de poivrots, qu’il avait remarqué en entrant, refit bourdonner davantage son oreille, arrachant un mauvais rictus à ses lèvres et emportant sa main droite sur son oreille en un réflexe trop marqué par le temps pour être retenu. Il respira un bon coup et reposa son attention sur la chopine devant lui et en but une gorgée en faisant attention de ne pas en mettre partout. Ce n’était pas spécialement désagréable, voire même plutôt bon. Il reposa la chope, fit glisser son regard vers la jeune femme et, comme si de rien n’était, poursuivit. « Peut-être accepteriez-vous de m’aider par quelques réponses à une ou deux questions. Je veillerai à vous rembourser le temps que je vous aurai fait perdre bien évidemment. » On n’avait rien sans rien, aussi ce n’était certainement pas la bourse vide qu’il était venu.
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Dim 15 Juil - 17:42

Alecto but quelques gorgées de lait avec satisfaction. Après les brûlures de l’alcool cette nuit, cette fois la douceur était agréable. Bien que décevante : à jeun, cette boisson était bien meilleure, ici altérée par les relents des liqueurs passées.
L’Olarile fut assez étonnée que l’homme accepte de lui répondre sans sourciller, sans passer par quatre chemins, faisant preuve d’une certaine franchise. Mensonge ou non, ce n’était pas la préoccupation d’Alecto ; elle ne faisait que meubler un instant qui semblait provisoire, autant que les effets de sa nuit d’ivresse. Mais tout de même ; elle avait eu l’habitude qu’on ne lui réponde jamais sans détour, et qu’on veuille se faire mystérieux.

Ici, l’Ilédor avait repris une certaine main. Il voulait donc lui poser des questions ? Après tout, elle devait avoir la tête de quelqu’un qui a passé un certain temps dans cette Auberge, s’il souhaitait retrouver une personne qui s’y était trouvé en même temps, il avait sonné à la bonne porte. Même grisée, l’Assassin avait un sens inné de l’observation, accentué par les enseignements de Ruben Gasseï. Malgré les chopines, Alecto saurait se remémorer les visages ou certaines conversations qu’elle avait entendues.

La seule question était : avait-elle envie de répondre, et en quelques sortes, d’aider cet homme ? Ses gestes trahissaient non seulement son ascendance noble, mais également une faiblesse : il disait certainement vrai lorsqu’il évoquait des étourdissements, raison pour laquelle il l’avait importuné. Désormais convaincue qu’il ne lui mentait pas, l’Olarile eut un regard entendu, comme lui signalant ce changement de considération.

« Si tu cherches quelqu’un qui s’est trouvé ici cette nuit, alors je saurai te dire exactement ce qu’elle a fait. » Son menton désigna cependant dans un geste vif une jeune femme à l’allure simple, mais dont le décolleté ne cachait pas ses véritables intentions. Et son véritable métier. « Sauf si celui que tu recherches est monté. »

Ainsi, elle se proposait de l’aider. Du moins de voir ce qu’elle pourrait faire pour lui. Tant qu’Eleni ne daignait la trouver, elle n’avait qu’à passer les jours sans grand but. La mort de Ruben laissait un vide immense, et elle avait là l’occasion de le combler durant quelques instants.
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Morghan Jagharii
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Dim 15 Juil - 20:37

Il y avait une différence entre eux d’eux, une nette différence, palpable. Il lui suffisait qu’elle parle pour qu’il s’en rende compte. Il n’aurait pas réellement pu dire pourquoi, mais pouvait seulement le ressentir, le toucher du bout du doigt sans s’en saisir avant qu’il ne disparaisse. Ce sentiment qu’elle était dangereuse et qu’il aurait peut-être dû se méfier d’elle, garder pour lui certaines choses, mais aussi l’idée qu’elle pouvait, de la moindre bribe déduire des choses compromettantes. C’était pourtant relativement étonnant car il savait qu’elle était probablement encore grisée de sa soirée, ou plutôt de sa nuit, où l’alcool n’avait pas du manquer. Il était rare qu’une personne saoule, ou du moins ivre, puisse représenter une véritable menace, ses réflexes et ses capacités de réflexion étant passablement réduites du fait de l’alcool, mais, il restait convaincu qu’elle demeurait dangereuse, voire même qu’elle l’était davantage, pour peu qu’elle en devienne encore plus imprévisible. Il ne la connaissait pas, ne l’avait jamais vue, pourtant cela semblait telle une évidence comme lorsque l’on rencontre une personne et que le regard y reste accroché, que l’on sait qu’elle vient de ravir notre cœur et qu’on ne pourra plus oublier son visage, que l’on doit aller la voir, lui parler, mais que l’on reste stupidement cloué sur place. Bien entendu, il n’était pas tombé amoureux de la jeune femme, mais c’était une réaction presque identique sinon qu’en lieu et place de l’attirance, il y avait de l’appréhension, une forme un peu plus faible de la peur. Peut-être avait-il fait une erreur en s’installant malencontreusement à cette table, ou plutôt peut-être avait-il fait une erreur en cherchant à y rester pour reprendre ses esprits en dépit de la menace qu’elle avait immédiatement posée sur lui. Oui peut-être aurait-il dû repartir en titubant, luttant contre lui-même plutôt qu’espérer trouver une quelconque information auprès de cette femme. Il avait soudain le pressentiment que cette histoire allait finir par se retourner contre lui, pourtant, d’une certaine manière, il s’était engagé et en avait déjà trop dit… Saurait-il se sortir de ce guêpier qu’il s’inventait ou devait-il aller plus en avant dans le terrier du lapin quitte à ne pas être certain d’en ressortir ?

Il était de plus difficile de réfléchir quand un bourdonnement incessant venait perturber votre esprit par un bruit de fond particulièrement désagréable. Il savait en plus que les gestes instinctifs qu’il avait avec le temps, notamment pour masser sa tempe, étaient comme des indices dont elle pouvait déduire des choses et, de cette manière, il lui dévoilait des faiblesses qu’il aurait été peut-être judicieux de garder pour lui-même mais on ne pouvait pas vraiment lutter contre des réflexes, et une grande partie de ce qui touchait son handicap était devenu de l’ordre du réflexe avec le temps, hélas. Il essaya de faire fi de cette crainte, se recentrant sur ce qu’il y avait de plus important : Elenor. Il devait la retrouver, qu’importe les sacrifices qu’il devait faire et si, pour cela, il devait éventuellement fricoter avec des personnes dangereuses, ainsi soit-il. Aussi redoutable qu’elle paraissait, surtout avec les arabesques qui parcouraient son visage à la peau pâle, elle avait justement davantage de chances de connaître ce qui se passait dans les dessous de la Ville Basse et c’était dans ses rumeurs, ses ombres que presque personne n’entrevoyait qu’il savait qu’il trouverait sa cousine. Il avait déjà essayé de la retrouver aussi simplement qu’on le fait en cherchant dans les rangements classiques d’une chambre un objet que l’on aurait égaré sans le trouver. Mais il avait été idiot de penser que c’était possible. Si Amarante n’avait toujours pas mis la main sur sa propre fille, c’était qu’elle avait su jouer de la Ville Basse avec brio pour s’y camoufler, pour se cacher dans un emplacement qui n’était pas sensé garder l’objet tant recherché. Il devait maintenant retourner les pierres, dénicher tous les endroits où l’on pouvait trouver refuge. Etait-ce seulement possible ? Seul il était maintenant certain que non, mais, avec les bons leviers, il n’était plus impossible de déplacer des montagnes entières. Il ne restait plus qu’à trouver ces leviers et peut-être qu’il venait justement de trouver l’un d’eux, du moins l’espérait-il ainsi.

Elle répondit assez favorable à sa demande d’informations. Toutefois l’angle des possibilités restait relativement faible. Rien n’indiquait qu’Elenor ait passé la nuit dans cette auberge mais cela valait toujours le coup d’essayer. Le problème majeur pour le jeune noble était maintenant de donner une description précise de sa cousine, avec les propres – et maigres – éléments qu’il avait obtenus de sa mère sans trahir son ascendance et son identité car son interlocutrice n’en avait pas spécialement besoin. Il réfléchit quelques instants. « C’est une femme que je cherche, les cheveux longs et noir, des yeux en amande, aussi sombre que sa chevelure, le teint assez pâle. » Il réfléchissait en même temps qu’il parlait, essayant d’agencer ses qualificatifs avec discernement et méthode. « Elle ne donne pas l’air d’être très féminine, sa démarche est plutôt militaire et son port altier. » Voilà une grande partie des informations que sa mère lui avait donné lorsqu’il avait demandé des nouvelles de sa cousine et, en particulier de ce qu’elle était devenue. Sa mère, toute femme qu’elle était surement, avait également songé qu’il demandait également, implicitement, si elle avait beaucoup changée physiquement. Alors qu’il reposait ses yeux sur la femme de l’autre côté de la table, une autre information qu’il pouvait divulguer fit irruption dans son esprit. « Elle a environ la trentaine, mais elle fait un peu moins que son âge. » Voilà. Dire autre chose aurait été probablement trahir l’identité de la fille Jagharii aussi ne rajouta-t-il rien de plus. Laissant quelques instants de silence glisser entre eux deux, il finit par se risquer à une interrogation qu’il pensait légitime. « Cela vous dit quelque chose ? » Il ne s’attendait pas vraiment à ce qu’elle lui donne une réponse positive mais l’espoir qu’elle puisse, ne serait-ce l’avoir aperçue, avait germé en lui et naissait sans même qu’il s’en rende compte. Il serait probablement rapidement soufflé par un refus mais ce n’était pas le genre de chose que Morghan avait encore appris à maîtriser. Son handicap avait bien été suffisant pour monopoliser son attention pendant les dix dernières années…
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Ven 10 Aoû - 13:32

La description faite ne semblait pas parler à l’Assassin. Malgré qu’elle ne soit pas en pleine possession de ses moyens, Alecto avait gardé ses capacités et sa mémoire. Elle se rappelait parfaitement des personnes avec qui elle avait passé la soirée, et une partie de la nuit, mais également les visages ou les silhouettes de ceux qui, de passage, avaient été présents dans l’Auberge jusqu’à cette heure de la matinée.
Les conversations étaient plus compliquées à se remémorer, elle pouvait sans doute s’en souvenir avec un peu plus d’efforts. Mais la femme qu’il cherchait, elle, n’avait pas été des leurs, du moins cette nuit, et pas celle d’avant non plus…

« Pas vue. » Fit-elle sans équivoque. Bien sûr, elle pouvait très bien avoir loupé une personne, deux ou trois peut-être, elle ne pouvait garantir ceci. En relevant les yeux, elle sonda ce qu’elle pouvait lire dans le regard de cet homme. Un sourire léger, mais celui-ci bien expressif, s’infiltra sur ses lèvres.

« Celle que vous recherchez n’était pas dans la salle principale hier, ni cette nuit. Mais elle a peut-être rejoint un homme là haut, et je ne l’ai pas vue… » Alecto haussa les épaules en signe d’incompétence. L’homme cherchait une fiancée disparue ? C’était romantique, touchant. Peut-être juste triste. Il y avait assez de tavernes et d’auberges pour qu’il ruine sa santé et son espérance avant de l’entrevoir et de trouver une piste. « Un signe distinctif peut-être ? » Comment trouver une femme d’une trentaine d’année aux cheveux noirs et à la peau claire ? Autant chercher un barbu parmi les Olarils…

« Votre belle vous fuit ? » S’il avait perdu une fiancée de son milieu, il fallait peut-être chercher dans un quartier plus cossu. Mais si l’homme venait ici, c’est qu’il savait tout de même où diriger ses pas. On ne cherche pas une belle Héritière dans un ballot de foin.

Il lui faudrait plus d’éléments si elle voulait faire des efforts de mémoire. Mais la question était plutôt, pourquoi s’était-elle dérobée à ses yeux ? Etait-il violent ? L’imagination d’habitude bien faible d’Alecto s’envolait légèrement, des restes de sa boisson. Elle pouvait imaginer la douleur d’une telle recherche, infructueuse… Elle la comprenait, du moins. « Pourquoi voulez-vous la voir ? Si elle ne souhaite pas se faire connaître de vous, il est impoli d’importuner les dames. » Un éclair lucide l’avait rendu plus sévère, comme si elle retrouvait bientôt des sentiments plus sombres.

On ne fera pas souffrir une femme devant elle, par des sentiments ou des actes, par des rumeurs ou des menaces. Par des trahisons … Elle plissa les yeux d’un air inquisiteur, et dur. Ses propres expériences la rendaient bien moins tolérantes, le Mignon avait tout intérêt à lui répondre savamment, car sa peine était trop fraiche encore pour qu’elle se montre malléable.
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Morghan Jagharii
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Ven 17 Aoû - 7:18

Morghan n’avait pas grand espoir que cette femme puisse lui être réellement utile mais s’il y avait une chance pour qu’elle le soit, il ne fallait pas hésiter longuement à se saisir de l’opportunité qui lui était donnée d’obtenir des informations. On ne faisait pas de recherches sans échecs et celui-ci serait ne serait ni le premier, ni le dernier, d’une longue série avant de pouvoir peut-être enfin retrouver Elenor. Il se demandait s’il pourrait réussir là où Amarante et un noble aux puissants moyens avaient échoués, mais, après tout, il n’était pas sans ressources et même s’il voulait agir avec discrétion, ce qui impliquait de prendre du temps, d’agir avec patience, quelques pièces pourraient toujours tomber entre des mains rendues plus loquaces par quelque appât du gain, car ainsi fonctionnait la nature humaine, du moins dans une grande généralité. L’argent et le pouvoir étaient deux monnaies étonnamment corruptrices et quiconque commençait à posséder l’un ou l’autre, parfois les deux en même temps, finissait souvent par s’oublier et agir de la seule et unique manière dont agisse les tyrans. La véritable question intéressante était celle de la motivation des autres personnes pour acquérir ces monnaies, devant l’évidence même de leur mal, l’Homme était-il à ce point faible pour accepter aussi aisément d’être corrompu en connaissance de cause ? Certaines personnes avaient juste « besoin » d’argent, c’était indéniable, la société était ainsi faites, mais en existait-il une qui se contenter du strict nécessaire pour vivre convenablement sans chercher à obtenir sans cesse davantage ? Comment leur en vouloir ? Après tout, qui pouvait être confiant dans l’avenir ? Comment ne pas vouloir « prévoir » des jours sombres ? Finalement, la réponse était peut-être simple : l’Homme justifiait de lui-même la quête vers la richesse sous des faux semblants de besoins. Peut-être était-il temps de revenir à une société plus simple, basée sur autre chose qu’une monnaie qui ne faisait que séparer de jours en jours la population. Il sourit de lui-même à ses pensées simplistes et utopiques. Il était vraiment niais parfois.

Ainsi donc elle ne connaissait pas la femme qu’il décrivait. Après tout, ce n’était pas étonnant. Il baissa la tête dans sa choppe de lait de chèvre et en but une gorgée avant de la reposer sur la table et de reporter son attention sur la femme qui lui apportait quelques précisions. Oui, rien n’indiquait de toute façon que sa cousine ait passé la nuit ici même si l’idée qu’elle ait pu… Enfin, elle était suffisamment grande pour décider d’elle-même de quoi remplir ses nuits mais rien que l’idée d’y penser le retourna plus qu’il ne pourrait l’imaginer. Peut-être parce qu’il n’était pas autant rompu à la chose que ne pouvait l’être les autres hommes de son âge. Ce n’était certes pas les opportunités qui avaient manqués, mais son origine et son éducation lui avaient plus ou moins interdits ce genre de nuits fugaces, peut-être également pour son propre bien aussi. Enfin ce n’était certainement pas le moment de penser à ce genre de choses, ni le moment ni l’endroit. « Je ne m’attendais pas à un miracle de toute façon. Je ne sais même pas si elle a mis les pieds dans cette auberge la nuit dernière alors… » Il eut un petit sourire et réfléchit quelques instants alors qu’elle l’interrogeait sur de possibles signes distinctifs. Pourquoi pas ? Après tout, cela ne la trahirait certainement pas et puis, il serait déjà un peu plus précis. « Ses traits ne sont pas ceux d’une femme d’Edor Adeï, ils trahissent ses origines de contrées plus lointaines, au nord. » Encore fallait-il qu’elle connaisse le faciès de ces gens là. Morghan n’avait pas de difficulté à se remémorer les traits de sa cousine, alors qu’ils étaient encore jeunes. Elle était déjà une femme quand il avait quitté la Capitale et il se souvenait qu’elle était belle déjà, avec un charme qui lui était propre et n’avait pas fort à voir avec celui des poupées de la ville, loin de là. Enfin elle restait sa cousine, impressionnante et farouche, l’imaginer comme un objet de désir était impossible, mais l’admirer pour ce qu’elle était et sa beauté n’était qu’une conséquence logique à sa manière d’être et d’agir.

La question de son « indicatrice » le sortit de ses pensées et l’arracha à ses souvenirs. Sa belle ?… Il resta interdit quelques instants, peut-être trop suffisamment pour jeter le doute sur ses intentions. Du moins à en croire de la manière dont elle insistait. Certes, il n’était pas poli d’importuner les dames, mais il ne cherchait pas une personne qui le fuyait, après tout, Elenor ne savait surement pas qu’il était de retour, les rumeurs n’avaient surement pas couru aussi loin, aussi vite. Le noble se recomposa une attitude sans quitter le regard sévère de son interlocutrice. « Elle ne sait sans doute pas que je suis en ville, elle aurait bien du mal à vouloir me fuir. » Il soupira en silence, but une gorgée de lait de chèvre et haussa les épaules. « C’est une amie d’enfance. Je l’ai perdue de vue il y a plusieurs années quand je suis parti de cette ville. J’ai appris à mon retour qu’elle était toujours ici, je cherche donc à la retrouver. Loin de moi l’idée de lui vouloir du mal, croyez-moi. » C’était sincère après tout, quel mal aurait-il pu vouloir à Elenor ? Il ne faisait pas cela pour Amarante ou pour cet idiot de noble à qui elle était promise. Il aurait certes pu, mais ce n’était pas lui. Il devait d’abord comprendre pourquoi, à son tour, elle s’était, en quelque sorte enfuie, même s’il savait déjà en grande partie pourquoi. N’était-il pas passé par la même épreuve ? Pourtant il sentait en son fort intérieur qu’il était à des lieues de comprendre véritablement ce qui secouait le cœur de sa cousine et l’avait poussée à se terrer au plus profond de la ville basse. Saurait-il y plonger suffisamment pour la retrouver à son tour ? Sa quête n’était-elle pas vaine ? Peut-être… Mais tant qu’il aurait la Volonté de continuer, il n’abandonnerait pas, pas cette fois.
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Dim 9 Sep - 14:18

La boisson et son sentiment naturellement hostile aux manipulations des hommes aidant, Alecto avait été prête à s’emporter, chose si rare, dans une simple conversation. Qui plus est, avec un étranger, et pour une femme qu’elle ne connaissait même pas. Si elle avait été prompte à réagir, menaçante, c’est qu’elle avait encore fraichement ouverte la blessure faite par l’Assassin, et qu’elle s’était jurée de faire chuter tout individu qui lui ressemblerait…
Bien qu’à première vue, l’homme qui se tenait face à elle ne ressemblait en rien à Ruben Gasseï, les talents de son ancien amant étaient si subtils, qu’il avait su se faire passer pour un agneau à plusieurs gentilshommes de la Cour. Tous ignoraient qui il était réellement, à part sans doute ses commanditaires. Alors, pourquoi un homme tel que celui qui se trouvait assis à sa table, ne pouvait-il pas être trompeur et faux ?

Ses explications paraissaient justes, du moins pouvaient-elles l’être. Il semblait sincère, et Alecto était tentée de le croire. Elle parut se calmer par quelques gorgées supplémentaires. Cet état n’était pas naturel, et elle se sentait en dehors des barrières qu’elle avait l’habitude de longer.

« Votre amie d’enfance n’est sans doute pas venue ici, je suis désolée. » La politesse restait cependant un trait qui lui était propre, malgré qu’elle ait passé une nuit agitée. Mais son regard clair ne pouvait se détourner de ce visage, qu’elle observait avec minutie. Si elle était prête à le penser sincère, et qu’il ne lui voulait aucun mal, l’Olarile trouvait encore cette histoire assez étrange.

« Comment s’appelle-t-elle ? » Lâcha enfin Alecto, après un silence tout relatif dû au passage dans la Taverne. Il jouait le mystère avec elle, et il était sans doute temps d’y mettre un terme. Certes, elle ne lui devait rien, elle n’était ni engagée pour la retrouvée, ni une amie de ce Mignon ; mais la curiosité dont d’habitude elle était libre s’était introduite avec l’alcool dans ses veines. « Vous semblez ne pas vouloir m’en dire beaucoup, ni qui vous êtes, ni qui elle est. Avez-vous quelque chose à cacher ? » Elle plissa les yeux.

Ses manières étaient étranges, et il faisait silence sur beaucoup de choses ; alors qu’il voulait passer inaperçu, il semblait clairement d’un autre monde. Il cherchait une amie d’enfance dans un tripot ? Sans savoir où la trouver, et… il ne devrait pas être en ville à l’heure actuelle ? Ces questions suffisaient à le rendre louche. Elle qui avait été entraînée par Gasseï à imaginer milles intrigues pour déguiser ses actes, se montrait plus méfiante. Qui était-il vraiment ?
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Morghan Jagharii
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MessageSujet: Re: La boisson et la politesse ne font pas bon ménage...   Mar 18 Sep - 7:26

Dans l’hypothèse de pouvoir retrouver Elenor, toutes les pistes étaient bonnes à prendre. Du moins, c’était ce qu’il avait pensé dans un premier temps, oubliant peut-être que certaines personnes n’étaient peut-être pas d’aussi bonnes pistes qu’on pouvait le penser de premier abord. Il doutait d’avoir simplement à faire avec une poivrote qui finissait sa soirée au lever du soleil mais, tout de même, elle ne lui serait pas plus utile. Qu’importait vraiment ? Il allait déjà mieux et allait pouvoir reprendre la route lorsque cette petite discussion serait terminée, le seul problème étant qu’il n’avait aucune idée de l’endroit où il pourrait continuer à chercher Elenor mais ça, si cela le dérangeait, il savait qu’il continuerait de se « battre » jusqu’à ce que sa quête soit enfin terminée. Après tout, n’avait-il pas passé dix années en exil ? Il avait déjà accompli certaines choses, il n’y avait aucune raison pour qu’il ne puisse pas en accomplir d’autres, toutes aussi improbables que celle qui supposait son retour à un moment donné alors que presque tout le monde avait perdu espoir. Dix années d’attente… Un temps presque infiniment long, à y regarder de plus près, alors qu’est ce que seraient quelques jours à retourner la Ville Basse ? Peut-être était-ce seulement l’angoisse de ne pas réussir, de ne pas la retrouver malgré tous les efforts possibles et inimaginables… Après tout, n’essayait-on pas déjà de retrouver la lionne blanche ? S’il avait bien compris, plusieurs hommes étaient à sa recherche et avaient fait chou blanc jusqu’alors. Morghan n’avait aucun talent particulier concernant la filature ou l’obtention d’information mais il osait espérer avoir un avantage contrairement aux autres poursuivants : leur lien du sang. C’était quelque chose de fondamentalement proche de la croyance mais, d’un certain côté, était-ce aussi fou que cela pouvait le paraître ? Ils avaient grandis ensemble, avaient partagé des choses qui resteraient gravées dans le marbre aussi longtemps qu’ils seraient en vie, et si cela ne le guidait pas vers elle de manière infaillible, il était déjà convaincu que s’il devait la croiser, de quelque manière que ce soit, il la reconnaîtrait, à coup sûr.

Quant à la femme qui lui faisait face, le jeune noble aurait bien été en peine de dire quelle était la personne qui pouvait se cacher derrière elle. Elle semblait encore sous les effets d’une quelconque ivresse, à moins qu’il ne s’agisse du fait qu’il l’ait dérangé, mais ses petites sautes d’humeur indiquaient que quelque chose ne tournait pas tout à fait rond. Certes, c’était peut-être de sa faute à lui, mais il ne pouvait pas non plus se lancer dans de grandes explications. Elenor était recherchée et peut-être même que cette femme était à sa poursuite. Si le lionceau pouvait éviter d’avoir des hommes dans les pattes et, pire encore, de les mener directement à sa cousine, cela lui siérait pour le mieux. Il esquissa un mouvement de la tête, indiquant que ce n’était rien, lorsqu’elle avoua être désolée. De quoi ? Il n’en savait rien, mais se doutait que c’était plus pour la politesse qu’une réelle pensée. Il leva sa chope et avala quelques gorgées de lait de chèvre avant de la reposer quand l’Olarile lui demandait le nom de cette femme qu’il cherchait. Le regard posé sur son interlocutrice, il sembla hésiter quelques instants, surement de trop car elle ne se priva pas pour lui faire remarquer sa petite manie de ne pas vouloir en dire trop. En même temps, elle ne pouvait se douter de rien, mais cela ne changeait rien à la donne et prononcer le nom d’Elenor ne serait pas la chose la plus maline qu’il pouvait faire. Peut-être valait mieux d’ailleurs passer à côté d’un hypothétique indice plutôt que de commencer à donner son identité sur tous les toits. Non décidément, il avait mieux à faire que regarder son épaule pour s’assurer qu’il n’était pas suivi, ce qui, pour l’instant, était assuré, compte-tenu qu’il n’y avait aucun bénéfice à suivre un marchand dans la rue, surtout lorsqu’il allait s’occuper de quelques affaires…

« Je peux comprendre que vous trouviez cela plutôt déconcertant. » Il soupira. Se justifier n’était pas une chose qu’il avait envie de faire. « Et peut-être qu’il me faut effectivement cacher quelque chose pour le moment. Toutefois, je crois qu’il appartient à tout le monde de cacher ce qu’il veut. » Il termina sa chope de lait de chèvre. « Vous avez été fort aimable de répondre à mes questions malgré le brouillard qui les entourait et je vais veiller à ne plus vous importuner avec celles-ci. » Mieux valait maintenant songer à partir. De toute façon, il ne gagnerait rien à discuter plus en avant avec cette femme, hormis peut-être à faire des bêtises et à finir par parler, d’une manière ou d’une autre, chose qu’il préférait à tout prix éviter. Avec une certaine précaution, il se releva, en douceur, jetant un œil circulaire à la salle. Personne ne semblait prêter attention à eux, signe que personne n’avait probablement entendu ne serait-ce qu’une partie de la discussion. Reposant son regard sur l’Olarile, il se fendit d’une petite révérence. « Je suis encore navré de vous avoir importuné en vain, ce n’était pas mon intention. Passez une bonne journée. » Il inclina la tête une nouvelle fois avant de quitter définitivement la table et se diriger vers la porte de la taverne. Il savait qu’il laissait là une femme avec des questions mais il préférait penser qu’elle les oublierait bien vite et n’y porterait plus attention d’ici quelques heures. Après tout, il y avait tellement de gens dans cette ville que des questions aussi bizarres n’étaient probablement pas si étonnantes que cela, surtout provenant de quelqu’un qui donnait l’air de venir des milieux aisés de la ville. Ne disait-on pas les nobles et les bourgeois excentriques dans la Ville Basse ? En tout cas Morghan était convaincu qu’ils devaient avoir une réputation sulfureuse, assurément. Le contraire eut été étonnant, alors, d’une certaine manière, il n’avait fait que coller, plus ou moins, à cette définition populaire…
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