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 Ravitaillement Révolutionnaire

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Beltxior Olarii
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MessageSujet: Ravitaillement Révolutionnaire   Mer 4 Avr - 19:40

La nuit avait été courte, très courte. Mais Beltxior en était ravi. Ses maux de ventre et l’état désastreux dans lequel il avait été plongé de force ces dernières semaines avaient désormais disparu, bien que personne n’ait pu trouver de remède... le temps avait fait son office, et c’était tant mieux. Car il lui faudrait toute sa vivacité et sa pleine santé pour entrer dans la bataille.
Oui, il se sentait comme à l’aube d’un combat. Le Révolutionnaire connaissait ce sentiment mieux que quiconque, sans doute mieux encore que les soldats de métier. Lui, il luttait non pour les intérêts d’un Roi inaccessible et lointain, régnant mollement là bas dans sa Capitale dorée.

Il brandissait son épée pour ses convictions et pour la Liberté. N’y avait-il pas de plus bel effort ? La Volonté seule ne faisait pas tout... Il fallait derrière elle, des Idéaux à hisser et le désir si puissant, et si brut, qu’il ne peut qu’être exhaussé par Therdone.

Avant le levé du soleil, les Révolutionnaires qui avaient été choisi pour cette mission étaient prêts, et s’étaient rejoins dans l’une des tentes du Campement. La discrétion étant de mise, un par un, ils s’étaient alors rendu près de la limite du Camp, étaient sortis, avait franchi les obstacles jusqu’au Fleuve. Là, Charon les avait un à un conduit sur des flots nimbés de brume matinale, fraîche mais prometteuse d’une journée chaude d’été. La petite embarcation était légère et filait sans bruit, avec lui dans la barque, se trouvait Télanis Ptolia, qu’il appréciait. Elle l’avait rejoint la veille au soir pour parfaire leur plan...

Il avait bien vu le regard sombre de Myelle lorsqu’il avait déclaré qu’il voulait Télanis pour cette mission, avec lui. Le Général n’était pas dupe, il savait qu’elle ne l’appréciait pas vraiment, mais ne se préoccupait pas des affinités de ses plus loyaux amis. Toutes deux avaient sa confiance, qu’elles s’en repaissent et ce qui se passaient entre elles, il n’en avait que faire.
Il lui faudrait une guerrière quand il serait dans les Murs, car on se rendrait bien vite compte que le Général n’est plus dans le Campement, sur leur muraille, là haut. Il se savait observé à la longue-vue. Mais tout était là encore prévu...


Alors qu’on l’élevait le long d’un mur de pierre immense, pour qu’il puisse rejoindre le Port sur-élevé, Beltxior échangea un regard avec la grande femme qui l’accompagnait. A leurs pieds, des sacs de toile, des paniers. Emplis de denrées fraîches. Il agrippa la main qu’on lui tendait : c’était Mithridate Télaran, un Olaril qui, il le savait, avait été l’un des premiers à les rejoindre. Sans lui, le Port n’aurait pas été si vite totalement sous contrôle Révolutionnaire. Ils se saluèrent très brièvement, et le Général attrapa sa capuche d’un lin brun, rapiécé, jusqu’à marquer le haut de son visage. Sous la cape cependant, une fine armure, invisible sous la toile défraîchie.
L’homme gratta sa barbe de quelques jours, mal taillée, et respira longuement l’air de la Capitale. Bientôt, ce serait en Sauveur qui entrerait, et par la Grande Porte !

Mais pour l’heure...
Les équipes de l’intérieur étaient en place. Un groupe de cinq partisans de la Révolution avaient avec eux un chariot, et ils le remplirent rapidement des provisions ramenées de l’extérieur. Avec rapidité, tout fut prêt alors que le soleil se levait. Sur un ordre silencieux du Général, les commerçants furent donc lâchés dans les rues.


Dans le Quartier des Humbles, Beltxior stoppa le chariot, et comme n’importe quel commerçant ambulant, commença à discuter avec les habitants qui s’éveillaient. Mais aucun Edor n’entrait dans les poches du faux marchand. Il donnait. Une miche de pain, un panier de pommes d’un vert tendre, une livre de farine, douze œufs bien ronds, des lièvres ou des pintades. Du miel dans des bocaux, d’un ambré qui faisait saliver.
A chaque Humble qui recevait ce présent, Beltxior ou l’un des partisans de la Révolution confiait un Manifeste. Le Parchemin fut vite reconnu par les habitants du Quartier. Aucun de ses pauvres gens ne pouvait prétendre avoir déjà vu le Général Révolutionnaire... On vint lui baiser les mains, une femme, le remercia tant qu’elle leva les yeux au ciel pour louer Therdone et la Révolution.
Le bruit se répandit, et un couple l’informa que d’autres chariots avaient été vus dans d’autres rues, plus loin.

« Depuis des siècles nous sommes exploités par les Usurpateurs. Ils nous épuisent et nous affament. Aujourd’hui la Révolution vous ravitaille. Demain, elle vous nourrira. »

La voix rauque du Révolutionnaire avait un timbre particulier. Certes, il ne clamait pas un chant de courage et de gloire pour rendre ses troupes ivres de combat. Mais il voyait dans tous ces yeux une force dont il savait s’abreuver. On ne lui avait pas menti : la majorité des habitants des bas quartiers étaient tous convaincus de la justesse de ses propos. Beaucoup lui rendait grâce, beaucoup levait le poing face à lui.

Ce soutien, hors de celui de ses hommes, gonflait ses veines et son sourire, bien que rude, était réel. Mais le bruit s’éleva également. Deux heures après l’aube, les Humbles s’étaient presque tous passés le mot. Autour des chariots Révolutionnaires, c’était l’affluence. On se pressait et certains peinaient à respecter les ordres d’arrivée... L’agitation attira bientôt l’attention de certaines patrouilles.
Avertis par le réseau des éclaireurs Révolutionnaires, Beltxior donna l’ordre de se replier avant que le Guet ne vienne vérifier à la place des soldats les mouvements populaires. Ils rangeaient les paniers quand une troupe d’une dizaine d’hommes et femmes se présenta sur la petite place où ils se trouvaient.

L’un d’eux pointa son index, stupéfait, vers le chariot.

- B... Beltxior Olarii !


L’officier hurla qu’on l’attrape vivant. Comme si, secrètement, il avait espéré cet instant, le Général dénoua d’un geste sa capuche et la cape tomba à ses pieds, alors qu’il sortait d’un fourreau vieilli deux épées courtes.
Myelle avait conseillé de fuir si la Garde s’en mêlait, mais il ne voyait là que deux ou trois soldats bien proprets, et le reste n’était qu’une raclure du Guet, c’était évident. Fuir devant les sbires du Gardan Edorta ?! Plutôt mourir, Beltxior était sûr de sa supériorité, malgré qu’ils ne soient que sept.

Il échangea un regard pétillant avec Télanis, il était certain qu’elle jubilait... Avant que la troupe ne donne l’assaut, Beltxior s’élançait. Il n’avait que peu de temps pour les mettre en déroute, car le mouvement de foule, entraîné par l’arrivée des soldats, amèneraient la milice d’ici quelques minutes...
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Télanis Ptolia
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MessageSujet: Re: Ravitaillement Révolutionnaire   Ven 6 Avr - 14:15

Elle passa une main experte sur les lacets de son armure de cuire renforcée, sur sa cotte de mailles. Elle resserra et ajusta chaque lien avec soin. S’assura plus encore que son bonnet noir cache chacun de ses cheveux et que son visage ne soit pas reconnaissable. La peinture qu’elle avait faite à base de poudre d’argile et d’écorce était plus efficace que n’importe quel fond de teint. Les dames de la cour devraient s’arracher sa recette. Certes, la peau avait un aspect un peu rugueux, granuleux, mais la blancheur était garantie. On aurait presque dit un masque, l’effet voulu et trouvé dans sa plénitude. Il n’y avait pas de Télanis Ptolia, mais un guerrier noir au visage de craie. Seul le noir de ses yeux venait perturber le masque lunaire qui masquait à la perfection ses traits.

Un peu de sang de cochon séché mélangé à de l’eau d’égout en parfum, les chiens ne pourraient pas la pister facilement. Elle s’était préparée avec soin depuis qu’elle savait la teneur de sa mission. Sa connaissance de la ville et de ses quartiers, de ses méandres seraient un précieux atout à leur leader en cas de besoin. Elle savait comment échapper à la vigilance du guet, tout du moins, comment éviter au maximum ce genre de rencontre et leur échapper.

Elle n’avait pas pu profiter de retrouver le campement, ses anciens compagnons. Elle était restée à l’écart, dans la tente de Beltxior, préparer le plan, discuté un peu de stratégie, préparer son matériel. La femme semblait plus soucieuse qu’à son habitude, c’était indéniable et sans doute visible pour un homme tel que Beltxior. Il n’avait fait aucune remarque, elle n’avait rien dit. Elle n’avait pas vraiment eu le temps de discuter avec Myelle, sa vielle amie. Elle lui trouva son même air aigri et un peu jaloux. Qu’elle plaignait ses femmes énamourées qui vivaient à l’ombre d’un fantasme inaccessible. Femmes dont elle faisait désormais partie, à son grand damne. Elle ne dit pas grand-chose, pour ainsi dire, rien. Elle accordait quelques regards à Beltxior alors qu'ils cheminaient, à peine si elle levait les yeux vers lui.

Il était heureux, l’ombre le regardait à la dérobée en confiant une miche, un sac de farine à ces mains affamées qui se tendaient. Ecartait s’il le fallait pour laisser passer leur attelage. Être en mouvement, c’était primordial, toujours en mouvement. Beltxior s’attardait, discourait, se laissait porter par la ferveur de ce peuple affamé. Si c’était le Conseil qui avait fait distribuer cela, ils l’auraient acclamé de la même manière qu’à présent. Cette pensée amère sur l’hypocrisie de la plèbe lui nourrissait l’esprit.

Elle regarda les gardes arriver en soupirant. Bien sûr, évidement, c’était si prévisible avec la réaction de bovidés de ces personnes. Elle le savait, quoiqu’il advienne, le peuple qui a faim est bête. On ne peut rien lui demander, et encore moins de la discrétion. Elle sourit, c'était toujours ainsi. Il y avait la masse, et le reste. Elle observa le lion faire face aux hommes armés. Combattant, noble et fier. Impressionnant.

En une autre situation, oui, elle aurait jubilé en sortant son épée. Elle aurait loué Therdone et le juste combat. Myelle avait raison, on ne pouvait décidément pas compter sur un peu de sagacité après tant d’inaction. Comme ces gens affamés, il se ruait déjà au contacte sans autre. Une faim de combat, une faim d’autre chose. Déplacée.

Elle ouvrit la petite sacoche qu’elle avait à son flanc et en sortit une outre et une mèche grâce et fumante. Souffla dessus pour en attiser la flamme, étudia s’il fallait la rallumer alors que les épées s’entrechoquaient déjà. Elle avait souvent utilisé ce genre de chose contre les barbares, à une autre époque. Une outre remplie d’amadou séché avec soins et mélangé à d’autres herbes. Il lui suffit de placer la mèche pour que l’outre percée se mette à fumer. Elle lança avec adresse son projectile qui répandit dans le ciel une large traînée grisâtre et acre. Une suffira, déjà la fumée perturbait le groupe de soldats. Elle esquiva celui qui s’était approchée d’elle pendant qu’elle manipulait son petit paquet. La lame passa à quelques centimètres de son abdomen. Elle profita de cette proximité pour lui bloquer le poignet et lui asséner un coup de coude montant qui le cueilli sous le menton. L’homme tomba comme une pierre, assommé.

L’ombre n’esquissa pas le moindre sourire, ses yeux froids détaillèrent la situation avec minutie alors qu’elle rejoignait son seigneur. Myelle avait raison, elle comprenait. Bien sûr, elles, les femmes savaient mieux que quiconque les failles du géant. Un lion, sans lionne ne se nourrit pas. Il se contente d’être chef et protecteur. L’ombre se glissa à son côté. Acier, froid, tranchant. Elle donna un puissant coup de pied dans l’abdomen de Beltxior qui le força à reculer.


« On se retrouve au point de rendez-vous. Vas te coucher seul si la nuit vient sans moi. »

L’ombre desserra à peine les dents. La fumée les gagnait déjà, elle possédait un masque de tissu, pas Beltxior. Il finirait comme ces soldats suffoquant, à pleurer et tousser sans pouvoir se défendre de cet ennemi volatile. Elle n’accorda pas un regard à la femme qui tentait de l’étrangler tout en cherchant à lui ôter son foulard. L’ombre, les yeux rougis et larmoyant lui arracha ses mains, pivotant, sans se soucier du bruit d’os brisé que produit son coude et la jeta à terre.

Aujourd’hui, elle venait de faire plusieurs choses extraordinaires. Neutraliser ses adversaires sans arme et sans en tuer un seul, frapper son chef, opter pour un moyen de fuite efficace plutôt qu’une confrontation. En ville, tout était différent d’un champ de bataille. Elle recula et quitta la zone sinistrée que la fumée dévorait désormais toute entière. S’assurant que Beltxior avait eu la présence d’esprit de prendre la bonne direction et d’évacuer les lieux, elle entreprit de quitter cette rue trop voyante.

L’ombre au visage lunaire quitta le théâtre de ses illusions. Elle n’essuya pas ses yeux, secouant simplement la tête pour chasser les larmes. Cette maudite fumée était d’une efficacité redoutable.

Elle observa son reflet dans une vitrine, une ombre. Elle cligna des yeux pour effacer un visage d’une même blancheur qui s’imposait à elle. Elle chassa la fatigue qui la prit un instant, lassitude. Cette lassitude gluante qui l’emprisonnait depuis qu’elle soupirait après les jupons de sa cruelle maîtresse. Que dirait Beltxior s’il l’apprenait ? L’imaginer lui tira un sourire. Dis-moi, vieux, je suis tombée amoureuse de la pire des conservatrices rigide qui rêve de te voir pendu, ça te dérange pas j’espère ? Et si elle lui ramenait la tête de Beltxior ? Vanhilde la verrait-elle autrement que comme un monstre ? Non, bien sûr. Les larmes qui coulèrent cette fois ne furent pas dues uniquement à l’irritation de la fumée.

A présent, il fallait échapper à la milice alertée. Elle devait guider Beltxior hors de ce piège vivant qu’est cette ville. Une ville pleine, aux entrailles nauséabondes, viciées, à l’image de ses dirigeants, détestable.
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Beltxior Olarii
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MessageSujet: Re: Ravitaillement Révolutionnaire   Mer 11 Avr - 20:00

Il n’y avait que dans le combat qu’on pouvait être soi-même. L’Olarii sentait dans le souffle du vent, sifflant dans ses oreilles, et dans l’air chargé un oxygène qui alimentait tout son être. Comme s’il avait été conçu pour cela, que ses aïeuls l’aient amené jusqu’ici dans ce seul but. A la compétition qu’il découvrit, entre les hommes du Guet présents, et les quelques soldats, Beltxior comprit que cette troupe n’était pas unie, sans doute s’étaient-ils retrouvés là, déçus de n’être les premiers sur ce coup magistral.

Sur sa droite, il percevait à peine l’immobilisme de Télanis, mais ne s’en inquiétait pas. Dans sa tête, résonnait en échos le fer qui se choque et le grognement qu’il se savait pousser à chaque coup donné. La surprise de ses adversaires à le voir fendre sur eux alors qu’ils étaient plus nombreux lui avait permis de jouir d’une vision qu’il appréciait ; un peu de désordre, une mauvaise communication entre les soldats et le guet, des contradictions sans doute, animées par leur opposition... Et il avait pu désarmer son premier assaillant sans mal. Le Général sentit une déception folle le gagner, il avait soif de violence et de brutalité, il voulait être attaqué et frappé, mais cette place du Quartier des Humbles n’était pas un champ de bataille.

Les soldats s’étaient organisés pendant qu’il mettait à terre l’un des Rats qui servaient une justice bien poisse. Les trois hommes l’entouraient et cette satisfaction ne fut que de courte durée. En l’air un projectile les fit tous lever les yeux au ciel, alors que Beltxior comprenait bientôt l’attitude de Télanis ; il n’eut pas le temps de la chercher du regard, qu’elle le frappait aux côtes. Peste cette gamine ! Il montra les dents et voulut répondre, mais dans son crâne, la Sagesse lui dictait de se taire. Elle avait raison. Personne ne devait être tué, c’était la règle qu’il avait donnée à tous les Révolutionnaires, les Habitants d’Edor Adeï devaient être saufs, et les Misérables qui avaient servi l’ancien régime seraient Jugés par Therdone, pas par son épée...

Enrageant, il lui fallut contraindre son désir, refouler toute passion qui le dévorait, il crut que la colère l’aveuglait et se cacha bientôt le bas du visage de sa main, rebroussant chemin.


A ses talons il savait que deux des gardes s’accrochaient, et une femme courrait également ; Par dessus son épaule il discerna à temps l’éclair vif d’une dague qu’elle venait de lancer, et esquiva de justesse. Il connaissait mal les rues de la Capitale, il n’y avait jamais mis les pieds... Allongeant la foulée, il retrouva à un croisement la course de Télanis. Beltxior n’était pas homme à remarquer le moindre changement sur le visage d’une femme, et le masque crayeux qu’elle portait ne lui signifia aucune émotion. Cependant, le Général Révolutionnaire sut qu’il pouvait la suivre, sans crainte de se perdre.
Il fallait semer désormais deux gardes, la femme habile au lancé, rejointe par un grand barbu, du Guet sans aucun doute vu sa dégaine.

Avant qu’ils n’atteignent le point de rendez-vous, pour le préserver, ils auraient à les stopper... Beltxior avait assez fui, prenant ce prétexte, il s’immobilisa, faisant sursauter ses poursuivants. D’un mouvement de main, le Révolutionnaire les défia, loua son Idéal d’une voix forte et prit ses adversaires à leur propre jeu. Un autre couteau siffla à ses oreilles, cette chienne devait être la première à tomber. Elle se défendit tant qu’il était éloigné, mais sitôt sur elle, l’Ilédore ne sembla plus faire preuve d’autant d’agilité ; L’Olarii bloqua son bras qui s’apprêter à sortir une nouvelle dague, la fit basculer comme on embrasse une maîtresse et un simple coup derrière les genoux suffit à la mettre au sol.
A son secours, ce fut le second sbire du Guet qui se rua vers lui. L’échange fut plus jouissif, Beltxior exultait à chaque coup reçu ; le Barbu réussit à désarmer sa main gauche, et comme une invitation, son poing désormais libre vint s’écraser sur sa mâchoire dans un choc destructeur. L’homme fut plié en deux par la douleur, se tenant le bas du visage en jurant. Dans un geste machinal, le Général s’apprêtait à lui porter un coup fatal de son épée ; il fut stoppé de justesse... Aucun mort... L’ivresse ne serait pas pour aujourd’hui, il devait savoir où s’arrêter. Serrant les dents, Beltxior s’immobilisa et jeta un œil rapide vers Télanis, en prise avec deux Soldats. Mais elle n’en était pas inquiétée, il le savait, et sans porter plus d’attention à sa comparse, le Révolutionnaire se dirigea vers l’endroit où sa seconde épée avait été jetée.

Il se pencha, et un éclat furtif lui indiqua qu’il était trop tard. La femme au sol avait repris connaissance et lançait déjà l’une de ses dagues ; sa lame siffla dans son cou, il eut un réflexe salvateur, mais il sentit piquer l’air sur une plaie sous son oreille. La colère battit ses tempes et il sentit bientôt sur son poignet un obstacle. Un regard ; Télanis lui indiquait le chemin à prendre. Il était Sage de la suivre. A contre-coeur, le Général Révolutionnaire prit sa suite.
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Télanis Ptolia
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MessageSujet: Re: Ravitaillement Révolutionnaire   Ven 13 Avr - 12:47

Si j’avais aimé les hommes, il aurait pu être un amant valable. C’est ce qu’elle avait pensé en croisant son regard. Ce regard passionné dans l’action, dans la sublimation du corps humain qui devient un outil de perfection martiale. Heureusement et c’est sans doute ce qui faisait d’eux de bons combattants, lorsqu’il était nécessaire, le contrôle revenait. Aujourd’hui cela était plus que nécessaire. Beltxior avait eu de la chance, esquiver en courant de dos n’est possible que par la clémence de Therdone et un peu de chance. Outre cela, la lanceuse manquait de puissance. Pour une experte comme Télanis, c’était déplorable de voir autant de médiocrité. Et il aurait été déplorable de voir cette médiocrité terrasser son Général sans qu’elle ait le temps d’intervenir.
Elle quitta le sillon lointain de Beltxior pour prendre une rue latérale. Sa connaissance de la Capitale lui était salutaire. Et elle sentait dans la démarche de Beltxior la prudence ou l’hésitation de celui qui méconnait tout à fait son terrain. Elle n’osait pas imaginer le résultat si c’était Myelle qui était venue avec lui. Elle ne fut pas surprise de voir l’ouragan qu’était Beltxior lui passer devant le nez. Parfait, ses prévisions étaient plus qu’exactes et elle avait eu le temps de rattraper le groupe comme elle l’avait espéré.

Elle aurait rêvé de planter dans la gorge de cette femme une lame vibrante. Elle en avait assez qui pendaient à sa ceinture pour le faire, mais c’était trop dangereux, trop tranchant. Les ordres, elle allait les respectés, surtout en compagnie de celui qui les avaient donné. Elle sortit sa dague pour parer la lame du premier soldat qui venait de la prendre pour cible. L’Ombre lui sourit, tendre. Cet homme était jeune, inexpérimenté, symbole de la détresse de cet état dépassé, incapable de contenir son peuple et la rébellion. Il avait la fougue de ceux qui se battent pour un idéaux. Simple garde du guet pourtant, à voir sa tenue, un vulgaire aspirant. Et pourtant, il lui semblait bien plus digne que le second qui tentait très déloyalement d’acculer l’Ombre à un mur.

Sa lame chantait, à chaque coups. Chuintait en laissant glisser les fils de lames agressifs qui venaient l’assaillir glisser contre elle. « Balance, souplesse de poignets. Tu ne subis pas, tu accompagnes. » La lame de l’aîné tomba au sol, le métal fit un bruit mat, étouffé sur les pavés inégaux. Le coup de pied circulaire qui vint le cueillir au menton lui rappela qu’il n’aurait jamais dû le regarder, ce bout de métal au sol. « Le corps est la meilleure des armes, rien ne l’égal. » Trop attaché à son épée, oublier la prudence, se sentir nu sans cet instrument de puissance. Ah, elle lui aura servit à terroriser plus faible, elle lui faisait se sentir fort. Et à présent qu’elle le quittait, il perdait ses moyens. Un tel coup impactant sur les os de l’équilibre, l’homme tomba sans connaissance.
Ombre se redressa face au jeune soldat qui accusa l’étonnement de voir son aîné s’effondrer comme une pierre. Elle pensa aussi qu’il lui faudrait retravailler un peu sa souplesse, ce coup lui avait semblé moins aisé qu’il y a quelques années. L’homme redressa sa garde comme elle l’attendait. Il méritait une petite démonstration n’est-ce pas. Elle rangea sa dague, il eut une hésitation mais avança quand même visant ses jambes. Elle pivota, anticipant son mouvement et se retrouva dans son dos alors qu’il était emporté par l’élan de son coup. Beaucoup de fougue, trop graine de jugeote et un peu d’affolement. L’Ombre frappa d’un atémis ferme ses cervicales.
« Ton corps est ton arme la plus fidèle. » Un bref coup de pied dans son flanc lui assura de sa mise hors de combat.

Elle observa Beltxior aller chercher son épée et lui fit signe de la suivre. Quelques foulées de courses, mais quelques rues plus tard, elle lui indiqua de marcher.
« A présent qu’ils ne nous ont pas suivi, leur seule manière de nous retrouver sera de nous voir. On remarque aisément des gens courir, on se souvient de ceux qui bousculent, pressés. On oublie ceux qui marchent tranquillement.
Ici, la plèbe est soit complice, soit cupide. On a autant de chance d’être aidé que dénoncé. Il ne faut pas faire confiance au gens. Ils sont aussi pourris que cette Capitale et ses dirigeants. »


« Pour être réellement efficace il faudrait un moyen de distribution plus constant que quelques chariots vite repérés. Il existe déjà des marchés noirs, il doit bien avoir quelques personnes capables de livrer et faire dons de nourriture plus efficacement. Cette histoire sera certes populaire, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan de la misère. »

L’Ombre avançait sans douter de ses pas, murmurant à l’intention de son compagnon de marche. Parfois elle s’arrêtait pour écouter, ou flâner devant une boutique. Il fallut faire quelques déviations faces aux patrouilles qui devaient avoir eu leur signalement, mais rien de très sérieux. Être invisible dans la foule est une chose aisée. C’est lorsqu’il y aura moins de fréquentation qu’il faudra être vigilent.
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Beltxior Olarii
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MessageSujet: Re: Ravitaillement Révolutionnaire   Jeu 3 Mai - 16:30

Beltxior marchait aux côtés de Ptolia à contrecœur. Non pas que sa présence le mécontente, mais il aurait sans doute préféré rester sur place, attendre l’ennemi, et combattre encore. Il le savait, pourtant ; elle avait raison. Mais il était inscrit dans son sang qu’il devrait brandir sa lame pour gravir les marches du pouvoir, et il n’avait dans la bouche, que le goût du métal chaud. Le Général l’écouta parler, sans pourtant y faire trop attention...

Il était encore grisé par les échanges et la légère brûlure de cette coupure dans le cou lui rappelait avec une sorte de délice brutal comme il avait apprécié. N’est-on pas nostalgique d’une nuit passée avec une maîtresse lorsqu’elle vous laisse des griffures et des suçons, même à vif ?

Pourtant, Beltxior tiqua lorsque Télanis évoqua la pourriture du peuple ; Certes, elle les côtoyait bien plus que lui, ainsi infiltrée, mais il eut un geste moralisateur pour la couper. « Pas d’insulte à ceux que nous devons libérer, Télanis. S’ils ont été salis, c’est par ceux qui les gouvernent, ne fais pas d’amalgame. »

Il suivit un détournement qu’elle fit pour éviter un petit groupe de Moniales se rendant au Monastère. Comme s’il était indécis, le Général Révolutionnaire hésitait entre être vexé qu’on ne le reconnaisse pas, et bienheureux de n’être qu’un anonyme... Si tous ces gens savaient qui il était ? En lui-même, bien sûr, l’Olarii savaient que le peuple le reconnaîtrait bientôt. Non, qu’ils reconnaîtraient la Révolution ; oui, la Révolution, pas lui.
Télanis s’attarda devant une vitrine et il observa un peu amusé les breloques dans un coin de la devanture de l’échoppe. C’était à la fois ridicule de voir les fioritures qu’on pouvait bien vendre, et en même temps... retrouver l’effervescence d’une grande ville, avec ses étrangetés et ses balivernes, avait quelque chose de réjouissant.

Une femme les observa et eut un grand sourire lorsqu’il passa devant elle. L’avait-elle reconnu ? Son regard s’illumina... Avant qu’elle ne lui propose un petit moment de tendresse, seul à seul. Pauvrette ! Il n’avait pas le temps... Beltxior lui envoya un clin d’oeil, n’ouvra cependant pas la bouche, et suivit Ptolia.
Il y avait bien des attraits à gagner une Capitale, loin des Campagnes.

« Nous avons déjà un réseau important avec le Marché Noir du Gras. » Souffla le Général de la Révolution. « Je vais faire en sorte qu’avec la fin de l’été, les récoltes du Sud puissent abreuver en masse les Bas Quartiers. Mais les épices, elles, elles ne passeront pas. » Sourit-il du coin des lèvres. Ca, non, les épices, si appréciées de la Noblesse, chères et rares, feront la famine des Nobles Quartiers cet hiver. Bien qu’il espère qu’à pareille époque, la Révolution ait gagné le trône.

Il baissa d’un ton, alors qu’il entendait, et sentait déjà, s’approcher le Port. « Que t’a appris ta position auprès des Loups ? » On percevait de mieux en mieux les cris et bruits des activités de la zone portuaire ; ils croisèrent un chariot empli de poissons. A sa conduite, une femme replète qui les salua avec malice. L’une d’entre eux.
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MessageSujet: Re: Ravitaillement Révolutionnaire   Sam 5 Mai - 10:30

Elle ne releva pas, se contenta d’un regard noir qu’elle prit la peine de lui adresser un instant. Un amalgame, non, vraiment pas. Juste une réalité, le peuple est faible, certes. Mais c’est aussi grâce à eux que le pouvoir peut vivre, grâce à eux que la misère est reine. Ils partagent cette culpabilité même s’ils n’en détiennent pas la majorité des responsabilités. Voir le Général la suivre docilement l’amusa un peu. Cela lui permit de penser à autre chose. Elle fut jalouse de le voir abordé par une passante. Fondamentalement jalouse, une bien cruelle injustice. Avant, cela ne lui avait rien fait. Avant, elle, la Dame, la belle et cruelle, penser à sa Maîtresse lui fit un drôle d’effet. Au moins elle oublia la petite pointe de jalousie.

Elle se concentra sur sa route et fut profondément soulagée de voir le port s’approcher. Elle écoutait, ne parlait plus, avançait simplement. Il y avait des jours ainsi, ceux où la chasseresse ne parlait que quand elle le souhaitait, accordait de l’attention à qui elle le souhaitait. Son caractère était largement connu comme tel, et lorsqu’elle était taciturne même Beltxior savait qu’il valait mieux attendre que presser. Oui, au fond, Beltxior la connaissait bien, après tant de temps passé ensemble pour la Révolution. Celle qui ne comprenait toujours pas pourquoi le Général avait dû s’écarter pour l’autre primitif. Lui qui lui avait fait confiance, n'avait pas rit quand elle avait annoncé qu'elle infiltrerait la Capitale. Il avait simplement eu confiance. Elle lui en avait été reconnaissante. Et il ne serait pas déçu. Après de longues minutes, elle parla enfin.


« Je me suis infiltrée dans la famille Tehanii. En temps que garde privée. Le fils drogué est sous ma coupe, la mère m’est liée à cause des vices de son fils que je garde. Le père est absent. Je pense pouvoir obtenir beaucoup de la Conseillère. Le jeu est un peu dangereux, mais ils n’ont dorénavant plus moyen de compter sans moi. »


Parler ainsi de sa Maîtresse lui fit un drôle d’effet. Presque douloureux. La situation ne pouvait-elle pas être plus simple ? Vanhilde ne pouvait-elle pas l’aimer ? Avoir d’autres convictions ? Simplement pouvoir concevoir un peu de chemin ensemble. Elle pensait au Maître. Si souvent absent, ce qui l’arrangeait passablement. Leur mariage avait beau n’être qu’une façade distante… imaginer un instant qu’il puisse partager sa couche. La jalousie qu’elle ressentit ne fut pas une simple pique fade comme avant, ce fut une vague furieuse qui l’étouffa un instant. Un étau qui lui prit la gorge et lui donna l’envie de briser quelque chose. Broyer. Déchirer.

Devait-elle le tuer lui aussi ? Ses propres pensées lui faisaient peur. Elle accéléra le pas. Infiltrer une famille aussi prestigieuse était une chance inouïe. Une réussite incroyable qui s’était révélée être la plus belle de ses erreurs. De cela on ne se doutait pas, évidemment. Comment pourrait-on imaginer de cette guerrière peu avenante, dévouée à sa cause une telle déviance ? Le Général la savait fidèle, pouvait-il l’imaginer amoureuse ? Quel désespoir absurde la prenait-il ? Pour l’instant, elle continuerait à jouer son rôle sans rien y laisser paraître. L’Ombre se retourna vers lui, s’arrêtant tout à fait.


« Le Port est là. Je vais vous laisser. »


Il lui tardait de rentrer, de retrouver la douceur des beaux quartiers et de retourner aux côtés de sa Maîtresse. Aimée haïe, responsable de tous ses tourments. Il lui tardait de retrouver sa froideur hautaine, ses coiffures distinguée, ses tenues sévères. Oui, Vanhilde Tehanii lui était liée, c’était un fait. Pour le meilleur et surtout le pire. Elle le savait, comment pouvoir imaginer qu’une telle histoire se finisse bien, sans vagues ni pleurs. Ne pouvait-elle pas trouver son propre bonheur, n’y avait-il donc personne pour l’aimer, au moins un peu. La Guerrière subissait les conséquences d’une vie ascèse, une vie faite de privation et d’isolement affectif.

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