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 L'heure des vérités

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Thérasia Uldarii
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MessageSujet: L'heure des vérités   Dim 11 Sep - 21:13

Ce n'était pas un secret parmi les serviteurs de la Tour qu'il y avait des moments où il ne fallait pas adresser la parole à Thérasia Uldarii. La Jumelle avait un caractère bien moins plaisant que celui de son frère et bien malin était le domestique qui pouvait percer le secret de ses sautes d'humeur. Il arrivait que son visage s'assombrisse d'un coup là où il était auparavant pensif et c'était dans ces moments que les membres de la maisonnée cherchaient avec empressement une tâche qui les emmènerait à quelques pièces de distance. Fort heureusement pour Morian Loros, l'accès de colère qu'elle venait de provoquer ce matin ne semblait pas destiné à se tourner contre elle, et elle en était heureuse car le regard de Thérasia avait tourné plus menaçant qu'un ciel d'orage.

La jeune femme ne comprit pas ce qu'elle avait bien pu dire pour courroucer sa maîtresse. Elle avait trouvé la Jumelle dans les cuisines, mangeant à contrecœur une collation sous les yeux désapprobateurs de la vieille gouvernante, comme tous les matins lorsque Morian revenait du marché. Et comme tous les matins, la grande Oracle lui avait demandé de lui raconter par le menu ce qui se disait dans la Ville Basse, les potins, les ragots, les annonces des crieurs. Chaque serviteur, du plus jeune au plus expérimenté, avait son explication pour cet étrange rituel : certains disaient qu'elle voulait comparer les rumeurs de la rue avec la version véritable des évènements que Therdonne lui chuchotait à l'oreille, d'autres assuraient qu'elle entendait ainsi exercer la mémoire de ses serviteurs afin qu'ils ne faillissent pas à leur devoir, et d'autres encore arguaient avec amertume que Thérasia ne faisait cela que pour faire trimer un peu plus les domestiques et les enquiquiner, comme s'ils n'avaient que ça à faire de lui réciter des nouvelles qu'elle connaissait déjà !

Morian ne présumait pas savoir pourquoi l'Oracle lui demandait de faire ce rapport, mais elle n'avait pas une opinion si négative de cette petite corvée. Elle était assez fascinée de voir la Jumelle opiner du chef à chaque "révélation", son regard perdu dans la contemplation des mystères divin. C'était pour la jeune femme la seule occasion de voir l'omniscience mythique des Oracles en action, et elle n'était pas peu fière que Thérasia Uldarii, sage entre les sages, l'ait choisie elle pour cette tâche et pas une autre, et elle prenait bien soin de retenir tout ce qu'elle entendait. Mais ce matin, tandis qu'elle énumérait les différents édits que le crieur avait annoncés, la grande Oracle l'avait interrompue d'une voix sèche qu'elle n'avait que rarement entendue.

"Que racontent-ils sur la Reine ?" avait-elle demandé, ses yeux semblant se concentrer sur une vérité lointaine.

La jeune domestique lui avait répété la même chose qu'elle lui répétait depuis près d'une semaine ; la ville toute entière se posait chaque jour la même question, mais la future Reine avait été suspendue entre la vie et la mort depuis le jour fatidique du Bal, malgré tous les efforts du médecin royal. Morian avait été tenté à ce moment de demander à l'Oracle si la fiancée du Gardan Edorta allait survivre ou non, si ses enfants allaient mourir et comment la prophétie allait s'accomplir, mais elle n'en eut pas le temps. A ces mots, la Jumelle s'était lentement levée, son étrange visage émacié assombri par la colère, et elle était sortie des cuisines tandis que les servantes s'écartaient précipitamment de son chemin. La jeune femme ne put s'empêcher de penser que c'était cette question qu'elle allait poser qui avait offensé la grande Oracle, et crut avec désespoir qu'elle allait être renvoyée.

Fort heureusement pour la domestique, le courroux de Thérasia n'était pas à son intention. A vrai dire, l'Oracle n'avait pas considéré la jeune femme pendant un seul instant tandis qu'elle lui servait le même manque de nouvelle. Alors qu'elle traversait les couloirs, les pans de sa robe virevoltant derrière elle sous l'effet de la vitesse furieuse de ses pas, la Jumelle se demandait surtout si elle allait gifler son frère ou simplement lui crier dessus.

Thérasia en avait assez. Pendant une semaine entière, elle s'était retenue de faire intrusion dans les appartements de son Jumeau et de lui dire ses quatre vérités ; il fallait lui donner lui bénéfice du doute, se disait-elle, et de plus elle ne voulait pas prendre le risque de déclencher une vraie dispute, de peur de faire empirer les choses. Mieux valait attendre qu'elle se calme et que les évènements se tassent. Mais elle ne pouvait se terrer éternellement dans sa bibliothèque et refuser de voir Therdorus, elle ne pouvait rester loin de lui et priver Isle des visions qui édictaient la Volonté de Therdonne. Et elle ne pouvait pas non plus continuer à porter en silence l'idée que les petites machinations de son frère avait peut-être mené Lis Diantha et les Elus de la Prophétie à leurs morts.

Arrivant devant la porte de la chambre de l'autre moitié des Oracles, elle ne prit même pas la peine de frapper et ouvrit la porte sans ménagement avant d'entrer d'un pas sans équivoque. Dans un cadre plein de luxe et de richesse, le puissant Therdorus Uldarii, Œil omniscient du divin, était étendu sur un lit de coussins, un verre de vin dans une main et l'autre s'approchant du bras d'une jeune servante aux formes généreuses. La Jumelle ne perdit pas de temps à se demander ce que la jeune fille faisait ici et la héla d'une voix sèche.

"Laisse-nous seuls. Tout de suite."

Elle n'eut pas besoin de hausser le ton. La domestique n'avait qu'à jeter un coup d'œil à son visage pour voir que l'Oracle n'était pas d'humeur à perdre son temps ; elle se dirigea vers la sortie d'un pas pressé et se retira avec une délicatesse paniquée, oubliant presque de refermer la porte. Une fois l'huis clos, Thérasia sut qu'elle était enfin libre de parler à sa guise : les murs et les portes de la Tour étaient exceptionnellement épais et gardaient superbement bien les secrets, aucun risque donc qu'un serviteur curieux n'entende la suite. Croisant les bras, la Jumelle toisa son frère d'un regard plein de reproches, un regard qu'elle avait mis des années à perfectionner.

"La Reine est toujours entre la vie et la mort. Tu étais au courant ?"

La question pouvait paraître innocente, mais ce n'était pas la première fois que Thérasia "grondait" son frère. Certes, la situation n'avait jamais été aussi sérieuse, mais elle ne comptait pas lui céder une seule once de terrain, pas cette fois-ci. Ce n'était pas la première fois que les deux Oracles se disputaient sur le sujet du doigt que Therdorus glissait dans l'engrenage de la politique, mais jusqu'à présent il avait toujours justifié ses actions, écoutant les reproches de sa soeur avec un air faussement conciliant et s'empressant de recommencer sitôt qu'elle avait le dos tourné. C'était une spirale qui la désespérait, mais elle n'avait jamais voulu s'intéresser de près à ses affaires, préférant se consacrer à son devoir et à ses livres.

"Dis-moi, puisque tu es si intelligent, quel sens y a-t-il à avoir deux Oracles s'il faut que tu t'obstines à tout faire tout seul ?" ajouta-t-elle de la même voix qui claquait comme un fouet, changeant ses sentiments blessés en un jugement sévère.

Elle ne pouvait plus simplement l'ignorer et se retirer sur ses hauteurs. Les évènements s'enchaînaient de plus en plus vite et la Prophétie était peut-être perdue à jamais à cause d'un des brillants plans du Jumeau. Thérasia en avait assez.
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Therdorus Uldarii
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MessageSujet: Re: L'heure des vérités   Mer 14 Sep - 16:22

    Therdorus était très occupé. La belle Mariel, la plus jeune des servantes de la Tour, était venue le consulter. Il tenait à cœur à l’Oracle d’aider cette opulente demoiselle. Après tout, qui était toujours là pour s’occuper de lui et de sa sœur ? Il était indispensable d’étudier son problème en profondeur, de l’explorer entièrement. Elle était amoureuse. Non pas de lui, bien qu’un amour évident soit lisible dans ses grands yeux bleus, mais d’un autre serviteur dont il avait déjà oublié le nom. Elle voulait savoir s’il l’aimait en retour. Therdorus avait la ferme intention d’apprendre à sa charmante compagne quelques techniques à faire tomber le plus impassible des hommes. Et il souhaitait bien sûr l’y entrainer pendant quelques temps. Le rouquin n’était pas homme à faire son travail à moitié, il allait au fond des choses.

    Sauf bien sûr quand sa sœur se mêlait de ses affaires. Ah, l’énigmatique et frêle Thérasia. Il était le seul à connaitre son vrai visage. Et ce n’était certes pas celui des beaux jours à cet instant.

    Il observa la petite servante partir, et lui fit signe de revenir plus tard, avant de se concentrer sur l’objet de son inquiétude perpétuelle. Il avait bien senti que sa jumelle rongeait son frein depuis quelques-temps, et lui-même avait les mains liées tant que Lis ne se remettait pas. Quelle surprise cela avait été d’apprendre qu’elle avait été attaqué juste après son départ ! Voilà qu’il se mettait à vraiment prédire l’avenir maintenant ! Où allait le monde ?

    Il voulait faire confiance à la volonté de Therdone et ne pas croire qu’elle pouvait disparaitre aussi simplement de l’échiquier, mais il n’osait pas rendre visite à Thérasia, de peur qu’elle lui fasse encore des remontrances. Mais il n’est nul besoin d’être devin pour savoir que chaque chose doit arriver en son temps.

    « Bonjour ma sœur, je commençais à croire que tu cherchais à m’éviter. »

    Retourner la situation, instiller un peu de culpabilité… il n’allait tout de même pas encore être le méchant de l’histoire, tout de même ? Elle s’énervait de toute façon, et même si elle tâchait de garder son calme et de contrôler ses intonations, il la connaissait trop bien.

    « Comment peux-tu croire que l’attentat fait sur la reine pourrait avoir quoi que ce soit à voir avec moi ? Me prends-tu pour un des ces nobles oisifs du palais ? Voilà bien peu de considération de la part de ma propre sœur, ma chair et mon sang… je suis blessé » lâcha-t-il, presque la larme à l’œil. Il s’assit au bord de son lit, et tourna la tête, l’air attristé.

    « J’ai pourtant tout fait pour la protéger, mais comme tu ne l’appréciais pas, tu m’as évité, et nous n’avons pas pu avoir de vision pour prédire sa fuite. Que pouvais-je faire dans ces conditions ? » Oui ! Therdorus était une victime dans cette affaire !

    « Mais je te pardonne ma sœur, parce que tu as raison sur un point : nous ne pouvons rien faire séparément. Et je vais avoir besoin de ton aide pour écourter l’avenir défavorable qui attend Isle si nous n’agissons pas. »

    Il se releva et s’avança lentement vers Thérasia, avec ses yeux de pauvre petit frère meurtri et malheureux et blessé et triste. Il lui tendit la main.

    « Est-ce que tu es avec moi ? »




Pas moi ! Bouh !
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Thérasia Uldarii
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MessageSujet: Re: L'heure des vérités   Mer 14 Sep - 18:29

A mesure que Therdorus parlait, le visage de sa sœur changea et perdit son expression sévère ; ses sourcils restèrent froncés mais ses traits prirent un air pensif, perplexe. En son fort intérieur, Thérasia commença par être stupéfaite devant le front qu'avait son frère, puis elle faillit se mettre à rire. Il était facile pour elle d'oublier que le grand Oracle savait convaincre même les plus méfiants : elle avait passé tant d'années à le voir mentir et charmer, à l'entendre la cajoler pour son indulgence, qu'elle ne voyait plus ses effets de style que comme un jeu grandiloquent et ridicule. Un tel spectacle aurait pu l'amuser s'il en avait fait usage sur un autre, mais que Therdorus se pique de l'amadouer, comme si de rien n'était, alors que la prophétie et le destin d'Isle étaient sur le fil du rasoir...

Lorsque son frère lui tendit la main, offrant son pardon magnanime comme un grand seigneur, la Jumelle se contenta de baisser le regard et de secouer la tête, un sourire aux coin des lèvres, comme attendrie par ses mimiques ; mais lorsqu'elle releva les yeux, la sévérité y était revenue, sèche comme le vent d'hiver.

Veux-tu vraiment que je te gifle, petit frère? Tu me prends peut-être pour une servante à qui il te suffit de faire les yeux doux pour lui soutirer tout ce que tu veux ?

Sa voix était plus moqueuse que colérique à présent, et elle décroisa les bras pour contourner d'un pas lent son frère, qui avait toujours la main tendue. Thérasia était surprise que son frère ait cru la partie si facilement gagnée, un signe de plus qu'il lui aurait fallu quereller le Jumeau plus souvent et plus fermement. Cependant, Therdorus n'avait pas totalement échoué, car ses fausses larmes avaient su désarmer la fureur de sa sœur, du moins assez pour qu'elle se rende compte que hausser la voix ne le ferait pas plier. Ils étaient en effet d'accord sur ce dernier point : les Oracles devaient œuvrer ensemble, et s'affronter comme des ennemis ne mènerait à rien. Mais il était hors de question pour Thérasia de passer à sa moitié tous ses caprices. S'asseyant à une table pour reposer ses frèles jambes que la marche furieuse avait épuisées, elle regarda son cher frère avec des yeux froids, brillants d'intelligence. Poussant un soupir de lassitude, elle reprit la parole, toujours aussi sévère.

T'imagines-tu aussi que tu peux me faire perdre la mémoire ? Ce n'est qu'après l'attentat que je t'ai...boudé. Il y a eu bien des occasions auparavant, une vision serait venue si elle était sensée venir. Ce n'est pas sa fuite que je te reproche.

Elle ne put s'empêcher de laisser l'amertume s'infiltrer dans sa voix. Jamais Therdorus ne l'entendrait de sa bouche, mais il n'avait pas tout à fait tort sur le compte de Lis : Thérasia ne l'avait jamais aimée et elle avait été plusieurs fois tentée de confronter son frère au sujet de cette catin, dont elle était sûre qu'elle partageait son lit, voire plus. Elle n'aimait pas leur intimité, le fait qu'ils s'entendent comme larrons en foire, et surtout pas le fait que cette garce conforte les pires penchants de son Jumeau turbulent. Le destin l'avait menée là où était sa place, et elle n'était pas fâchée que ce soit ailleurs que dans la Tour. Cherchant ses mots pendant quelques instants, elle continua de dévisager Therdorus, avant de se pencher en avant pour appuyer ses propos.

Non, je ne te crois pas assez insensé pour vouloir assassiner la mère des Elus, tout noble oisif de la Tour que tu sois. Mais laisse-moi te poser la question : qu'arrivera-t-il si elle meurt ? Est-ce que tu as prévu ça dans tes plans de génie, petit frère ? Que se passera-t-il lorsqu'elle mourra, emportant ses enfants et la prophétie dans la tombe, et que tout Isle verra les Oracles se tromper pour la toute première fois ?

Il n'était nul besoin de vision pour imaginer ce cauchemar. Thérasia s'était posé bien des questions de ce genre dans la semaine passée, elle s'était rongée les sangs à l'idée que les choses pourraient se retourner contre eux, à l'idée que son propre frère avait peut-être précipité cette catastrophe. Pendant plus 15 ans, elle avait eu une foi infaillible en la Volonté de Therdonne, le destin qui était dicté avec certitude, mais aujourd'hui ? La clé de voûte de l'avenir était entre la vie et la mort, et tout menaçait de s'écrouler, comme si le monde entier s'apprêtait à basculer hors des plans du divin, dans un chaos sans fond. La Jumelle était terrifiée à cette idée, et cette peur commençait à se faire sentir dans ses mots, dans la tension qui animait sa voix.

Nous n'avons rien vu de cet attentat, rien su de ce qui serait pourtant un événement important, tu ne trouves pas ça étrange ? Tu ne t'es jamais demandé si tes petits complots ne faussaient pas les choses, petit frère ? Nous voyons comment l'avenir se déploiera, et tu te mets en tête d'y mettre quelques ajustements, sans penser aux conséquences, aux déséquilibres que tu peux causer. Tu me « pardonnes » ? Comment crois-tu que je me sens lorsque je viens t'apporter des nouvelles pareilles et que je te vois feindre comme un enfant sinueux ? J'ai en assez de te voir prendre ça comme un jeu, Therdorus, et j'en ai plus qu'assez que tu me traites comme une idiote que tu t'imagines manipuler à ta guise !

Elle était finalement revenue à la colère et sa respiration était devenue lourde d'avoir tant haussé la voix. Thérasia aimait son frère plus que tout au monde et elle n'en était que plus furieuse de l'entendre lui parler ainsi. Est-ce tout ce qu'elle était à ses yeux, une autre marionnette pour servir sa grandeur ? Avaient-ils tant dérivé au fil des ans que son amour pour elle s'était effacé ? Elle ne savait plus ce que pensait son frère ces temps-ci, elle le sentait s'éloigner d'elle au fur et à mesure, comme si elle n'était plus pour lui qu'un moyen d'avoir ses visions et une nuisance qui venait de temps à autre le réprimander. La Jumelle voyait son frère s'enfoncer de plus en plus dans les complots, parmi des hommes cruels et des femmes retorses, dans un monde qu'elle ne connaissait pas, et elle craignait qu'il ne veuille pas d'elle à ses côtés, seulement derrière lui, comme d'un outil. Thérasia parlait comme une grande sœur qui voit son frère s'avancer dans l'erreur, mais au fond d'elle elle avait peur, encore une fois, que Therdorus veuille la délaisser.
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Therdorus Uldarii
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MessageSujet: Re: L'heure des vérités   Jeu 15 Sep - 9:35

    Bon, ça n’avait pas marché. Et Thérasia attaquait maintenant Therdorus sur un terrain glissant… celui de ses erreurs. Mais le jumeau n’aimait pas qu’on lui donne des leçons – il était l’Oracle après tout ! – surtout pour des faits qui ne découlaient pas de sa volonté. Mais il était là face à sa sœur, et bien qu’il sente son sang bouillir dans ses veines un instant, il se calma, remettant en ordre ses raisons et ses objectifs.

    Quel meilleur moyen de détruire ce qu’on haït plus que tout, que de l’intégrer, de s’en imprégner complètement, d’en devenir un rouage majeur, pour mieux le détruire de l’intérieur. Et Therdorus n’aurait aucun répit avant que la noblesse corrompue d’Edor Adeï ne soit réduite en cendres, à l’état de mauvais souvenir. En cela, il *savait* qu’il était l’instrument de la volonté de Therdone. Les différentes visions qu’il avait eues, et les éléments qui avaient été mis à sa portée en étaient des preuves irréfutables. Il ne redeviendrait pas le petit frère qu’il était tant qu’il n’aurait pas accompli sa mission… et peut-être même alors ne pourrait-il plus revenir en arrière. Mais cela n’avait aucune importance. Il devait montrer que sa volonté était la plus forte, qu’il ne laisserait rien se mettre en travers de son chemin.

    « Bien ma sœur, tu souhaites que je te parle sérieusement ? Allons-y alors. »

    Il s’assit à table devant elle, avec un visage bien plus dur qu’à l’accoutumée. Il aimait la place qu’elle s’était donnée, à l’écart des complots. Elle était à l’abri. De son coté, Therdorus avait toute latitude pour être le sombre héros méconnu de cette sombre tragédie qu’avait mis en place leur Dieu. Il avait un peu le sentiment de protéger sa sœur, comme elle avait su le protéger dans leur enfance. Mais ils étaient adultes maintenant, et si elle voulait se salir les mains, grand bien lui fasse. Et si elle voulait l’arrêter… seul Therdone savait ce qu’il adviendrait.

    « Tu crois que j’agis de manière chaotique, et en cela, c’est toi qui me prend pour un idiot, Thérasia. Un idiot que je ne suis pas. » Il prit la main de sa sœur dans les siennes, la serrant fort sans pour autant chercher à lui faire mal. « Te souviens-tu de la vision que nous avons eu sur l’avenir sombre qui approche à grand pas ? J’y aie observé des choses que tu n’as pas vue, repéré des visages que tu n’as pas su reconnaitre. Je ne t’en blâme pas, tu ne passes pas suffisamment de temps avec ceux qui périrons pour pouvoir les identifier aussi intimement que je le peux. Cet âge sombre qui arrive n’est autre que la victoire des Révolutionnaires qui sont à nos portes. Je ne connais pas plus les détails que toi, peut-être ce sauvage d’Arngrim plongera-t-il notre monde dans des tréfonds plus terribles encore que ceux dans lesquels nous nous enfonçons déjà, ou bien peut-être que quelque-chose de pire encore arrivera, mais cela entrainera une partie de la purge que j’attends. »

    Il en avait un peu trop dit… tant pis, il fallait continuer. Il tenait toujours la main de sa sœur fermement et la fixait toujours dans les yeux, le regard droit et assuré.

    « Mais notre chère noblesse corrompue a engendré, outre nous deux, un élément à même de changer l’avenir. Te souviens-tu du Gardan Edorta ayant précédé Ysor ? Beaucoup se sont empressés d’oublier Elandor et son esprit réformateur. Je l’ai rencontré pendant sa courte période de règne, et j’ai lu en lieu quelque-chose de diffèrent. Une volonté digne de foi et de respect. Et bien notre homme n’a pas péri dans l’attentat orchestré pour se débarrasser de lui. Il est même devenu le chef de cette organisation qui se fait appeler la dissidence. »

    Elandor était la clé qu’il allait falloir manier avec brio pour la réussite de son plan.

    « Enfin, de l’autre côté du prisme, nous avons Lis et ses enfants à naitre. Les héritiers de la lignée Olarile. Ceux qui sauveront Isle. L’un d’entre eux montera sur le trône, il le faut… mais dans quelle condition ? Qu’arrivera-t-il s’ils sont aux mains des conseillers du palais ? Si les barbares Olarils s’occupent de leur éducation ? Si leur mère venait à s’en occuper ? Si ces brutes de Révolutionnaires mettaient la main dessus ? Notre travail est de leur offrir des conditions favorables à la réussite de la tâche qu’ils auront à accomplir. Voilà pourquoi je voulais protéger Lis en la gardant ici avec nous, loin de ces intrigues. Mais maintenant… »

    Therdorus avait un léger doute dans la voix. Et si elle devait vraiment périr ? C’était impossible, elle devait survivre ! Coute que coute. Il avait lui-même fourni des herbes rares de sa réserve personnelles – introuvables dans les murs de la cité tant que le siège était en place – pour augmenter ses chances. Mais que se passerait-il si elle… il préférait ne pas y penser.

    L’Oracle avait la gorge sèche d’avoir tant parlé, et alors qu’il lâchait la main de sa sœur pour aller leur servir de l’eau, à l’instant où le contact entre leurs peaux n’était plus qu’une caresse diffuse, presque oubliée, ils eurent une vision.

    C’était une de celles qui restent floues, imagées. C’était des concepts, des pensées, quelques images. Ils virent Lis mettant au monde ses enfants, entourée de milliers de visages sombres cherchant à s’en emparer. Ils virent les enfants grandir, tiraillés entre toutes ces formes sombres. Et ils virent un des enfants monter sur le trône et porter son ombre lumineuse sur tout le territoire d’Isle et au-delà.

    Puis les deux jumeaux furent séparer et le rêve disparut. Passé le léger essoufflement, l’excitation qu’il connaissait toujours, Therdorus ne put s’empêcher d’esquisser un sourire tout en regardant sa sœur malicieusement.

    « Il y a au moins une personne qui est de mon coté ici ! » lança-t-il enfin, levant les yeux au ciel.

    « La question de la survie de Lis ne se posant plus, nous pouvons reprendre. Je veux que les Révolutionnaires prennent le pouvoir et réduisent la noblesse en cendres. Je veux qu’ils échouent sur le trône et qu’ils laissent leur place aux enfants. Je veux que les enfants soient éduqués par les industrieux Ilédor et par Elandor, mais aussi par les sauvages Olarils et leur pureté de corps et d’âme. Et je veux alors qu’un âge d’or s’abatte sur Isle. C’est ma volonté, et par là même, celle de Therdone. »

    Il se leva alors, tendit à nouveau la main vers Thérasia, avant de reprendre, d’une voix forte et assurée.

    « Je te pose alors à nouveau la question : est-ce que tu es avec moi ? »




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Thérasia Uldarii
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MessageSujet: Re: L'heure des vérités   Mer 5 Oct - 5:22

Tandis que les traits de Therdorus s'aiguisaient, ceux de Thérasia s'adoucissaient, la sévérité peu à peu nuancée par une tendresse inquiète. Elle avait vu son frère sarcastique, elle l'avait vu joyeux, elle l'avait vu pris de court et fou de rage, mais ce sérieux, cette détermination lui faisaient un visage nouveau. Leurs mains se rejoignirent naturellement, comme à chaque fois qu'ils étaient proches l'un de l'autre, et pour la première fois depuis des années, le Jumeau lui parla avec une totale franchise.

Elle se souvenait de la vision dont il parlait, bien entendu ; comment aurait-elle pu oublier ces sensations presque insoutenables, les morts innombrables qui allaient survenir et le chaos qui s'apprêtait à envelopper Isle toute entière ? Il leur avait fallu des jours pour se remettre de ces terribles révélations, et chacun d'eux en avait tiré ses conclusions, mais là où l'attention de Thérasia s'était portée vers l'avenir plus lointain, vers les conséquences à long terme de cette inévitable catastrophe, Therdorus s'était pour sa part concentré sur les plus fins engrenages de l'évènement, sur des noms, des visages qui lui permettrait de prévoir à court terme. Il en avait toujours été ainsi entre les Jumeaux, l'une observant le monde de loin, l'autre intervenant sans relâche dans ses méandres, mais il ne faisait pas de mal à Thérasia de s'en souvenir de temps en temps ; dans sa colère, elle avait oublié à quel point son frère était compétent dans son domaine, à quel point son œuvre était nécessaire à la sienne. Elle avait bien compris les grandes lignes de ce tournant à venir, l'implication de la Révolution, le nom d'Arngrim Edorta, mais elle n'aurait pu dire comment les choses allaient s'agencer et quelles têtes tomberaient, avec quelles conséquences précises. Pour preuve, Therdorus la surprit en lui apprenant la survie d'Elandor Arlanii ; cette nouvelle changeait toute la situation et la Jumelle préféra attendre plutôt que d'y penser maintenant, alors qu'ils étaient engagés dans un moment si important.

Car à mesure que Therdorus parlait, elle devançait sa pensée et se rappelait peu à peu à quel point elle le connaissait. De vieilles rancunes faisaient surface dans ses paroles, montrant à Thérasia que là où elle l'avait cru resté à ses petites vengeances mesquines, le Jumeau avait débuté son grand œuvre et était résolu à orchestrer les courants de l'Histoire pour assurer la chute de cette Noblesse qu'il haïssait tant. Cette rancœur, sa sœur l'avait toujours connue, mais jamais elle n'avait cru qu'elle pourrait aller aussi loin ou qu'elle puisse lui paraître si...valide. Elle n'avait cure de ce qui pouvait advenir d'un ou deux courtisans corrompus, et en fin de compte même un bouleversement plus grand ne la troublait pas outre mesure, mais elle comprenait à présent le point de vue de son frère. Il avait suffit de ce moment d'intimité, de sérieux entre eux deux pour que le lien si particulier qu'ils partageaient fasse le reste. Aider son frère était la chose la plus naturelle au monde, mais restait encore cette question si pressante : ces intrigues risquaient-elles de fausser l'écheveau du destin ? Dans son empressement à profiter des décrets divins, Therdorus allait-il tout gâcher ? A l'entendre parler de Lis et de la tentative d'assassinat qui l'avait laissée entre vie et mort, Thérasia devinait aisément que son Jumeau connaissait les mêmes doutes. Sa colère avait maintenant totalement disparu et elle se sentait inquiète, mais curieusement rassurée, heureuse plus qu'elle n'aurait su dire à la sensation d'être à nouveau proche de lui, de connaître sa pensée et ses sentiments, comme un cercle qui aurait retrouvé son centre.

Cette intimité atteint son comble au moment où elle menaçait de prendre fin, lorsque leurs mains se quittèrent et qu'une vision les unit, pour la première fois depuis près d'une semaine. Tandis que l'avenir se bâtissait devant eux, tel une structure si immense que ses contours étaient effacés, Thérasia reprit inconsciemment la main de son frère et la serra comme un point d'attache. La Jumelle garda les yeux fermés quelques instants après la fin de cette vision et un sourire de joie illumina son visage émacié ; il n'y avait pas plus grand moment d'exaltation à ses yeux que ces instants où ils communiaient avec Therdone en personne, où cette Volonté inimaginable rendait tout si certain, si fiable et absolu, d'autant plus si la révélation était heureuse, comme aujourd'hui. L'Oracle remercia silencieusement la divinité pour avoir dissipé leurs peurs et leurs doutes : Lis allait vivre et mettre au monde le juste souverain d'Isle, la prophétie allait s'accomplir et le pire serait évité !

Thérasia reprit son souffle tout en posant sur son frère un regard serein, qui se teinta d'un peu de malice pour répondre à la sienne, tandis qu'elle le voyait rebâtir sa confiance et lui tendre la main qu'elle avait lâchée lorsque la vision s'était brisée. S'avançant lentement vers lui, elle fit mine de la prendre...avant de donner un coup de poing joueur à son épaule.

« Ca, c'est pour ne pas m'avoir parlé de tout ça avant. Et ça, » dit-elle tout lui en donnant un deuxième coup, « c'est pour me demander si je suis avec toi. »

Prenant ses deux mains dans les siennes, elle secoua légèrement la tête sans le quitter.

« Bien sûr que je suis avec toi, bêta. Est-ce que nous avons jamais cessé d'être ensemble ? Si c'est ce que tu veux tant, bien sûr que je vais t'aider. Mais il va falloir me laisser t'aider d'abord. »

En fin de compte, ils en revenaient toujours au même point : elle ne pouvait pas lui en vouloir très longtemps. Et la seule vraie objection qu'elle aurait pu avoir à ses projets avait commencé à disparaître avec cette vision, même si le dernier doute avait été balayé par les derniers mots de Therdorus : « C’est ma Volonté, et par là même, celle de Therdone. » Le Jumeau avait une haute opinion de lui-même et de ses projets, Thérasia le savait, mais dans cette bravade elle avait entr'aperçu une vérité plus profonde ; si, comme elle le croyait, l'avenir était prédestiné et si la Volonté divine s'accomplissait sans se soucier de celles des mortels, quelle différence pouvait faire celle d'un Oracle ? La Volonté des individus n'était que l'instrument de Therdone, après tout, et si son frère avait eu ce projet, n'était-ce pas parce qu'il entrait dans les décrets divins ? Les doutes de la Jumelle avaient été balayés par la vision, elle avait compris que la prophétie s'accomplirait en dépit de tous les revers, alors pourquoi devrait-elle avoir peur de ce que son frère projetait ? Pour autant qu'elle puisse en juger, ce n'était pas un si mauvais plan. La seule chose qui lui importait à présent était de veiller sur lui et de le préserver des dangers des complots, et de ceux de sa propre nature.

Tandis que ses pensées traversaient son esprit, elle continua de parler, reprenant un ton de grande sœur, moins dur mais qui n'acceptait aucune répartie.

« A partir de maintenant, je ne veux plus que tu me caches ces choses, d'accord ? Si tu veux que je sois avec toi, hors de question que tu me mentes ou que tu te t'imagines me manipuler. Je veux savoir ce qui se passe, ce que tu projettes et je veux que nous discutions de chaque vision, de chaque étape de tes plans, pour que je puisse t'être utile. N'essaie même pas de refuser. »

Thérasia n'avait pas la moindre intention d'être laissée en arrière. Son Jumeau ne l'avait pas tenue à l'écart que pour agir en toute impunité, du moins elle l'espérait ; mais à présent qu'ils étaient de nouveau en phase, elle refusait de laisser le fossé se creuser encore. Therdorus pourrait profiter de quelques bons conseils ou d'une ou deux réprimandes mieux informées, elle le savait, et par ailleurs, elle était sûre qu'elle trouverait d'autres moyens de l'aider. Son frère était autrement plus doué qu'elle pour l'art de la diplomatie et de l'intrigue, mais il avait un caractère qui n'allait pas toujours à l'allant. La Jumelle entrevoyait déjà quelques difficultés avec Elandor Arlanii, l'homme sur qui tout allait apparemment reposer ; pour autant qu'elle s'en souvienne, le jeune roi était un homme tout aussi charismatique et entêté que le Jumeau, et il ne se laisserait pas facilement assujettir, quand bien même Therdorus avait le pouvoir des Oracles pour lui. Il serait probablement plus judicieux de l'amadouer d'une main plus douce et de paroles plus sages. Thérasia grimaça intérieurement : elle n'était pas charmée à l'idée de devoir mettre les pieds dans un tel panier de crabes, mais c'était somme toute un petit prix à payer pour être proche de son frère. Elle le prit dans ses bras et reposa sa tête contre la sienne, s'appuyant sur ses larges épaules et laissant sa fatigue se dissiper. Elle chuchota d'une voix où sonnait enfin l'épuisement.

« Nous prendrons soin l''un de l'autre. Et puis ça ne nous fera pas de mal de passer plus de temps ensemble. »

Quelques instants passèrent, puis on frappa quelques coups à la porte. Thérasia ne prit pas la peine de quitter son frère, l'enlaçant toujours tandis que le serviteur entrait ; les Oracles étaient fréquemment au contact l'un de l'autre et la maisonnée s'y était habituée. Le jeune homme annonça d'une voix polie qu'un visiteur de marque s'était présenté à la Tour et sollicitait une entrevue : Vanhilde Tehanii, Conseillère aux Affaires Religieuses. D'une seule voix, les Jumeaux lui intimèrent de la faire monter et le page s'inclina sous leur double regard avant de se retirer. La sage entre les sages se sépara de son frère et poussa un soupir.

« Je n'aime pas cette femme, » fit-elle d'un ton où perçait un ennui paresseux.

Cette grande perche enfarinée venait probablement gratter à leur porte pour quelques miettes d'information sur la Reine, peut-être aussi pour leur demander d'approuver une exécution publique ou quelque autre exaction. Les nouvelles de la Ville Basse semblaient n'être faites que de cela ces derniers temps. Mais on n'allait pas refuser l'entrée de la Tour à un représentant du Conseil, ça ferait mauvais genre. Sentant ses jambes se plaindre, Thérasia alla s'étendre sur le lit de coussins et poussa un nouveau soupir, presque exaspéré cette fois.
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