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 Je dois voir l'Aîné !

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Riarg Karnimacii
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MessageSujet: Re: Je dois voir l'Aîné !   Dim 19 Fév - 18:39

Ce qu'il voulait savoir ? Tout, aurait-il été tenté de répondre. Il était de notoriété publique que Riarg voulait tout savoir et savait tout ce qu'il voulait. Outre la curiosité qui l'animait naturellement vis à vis de totu savoir qu'il n'aurait pas encore en sa possession, et pas forcément des savoirs "utiles" à sa politique d'ailleurs, il était aussi de ceux qui aimaient avoir (et avaient) des yeux et des oreilles partout, dans tout le royaume, y compris dans les endroits le splus imporbables pour un homme de sa condition. Ainsi était-il. Savoir et pouvoir ne rimaient pas pour rien, selon lui, l'un étant forcément nécessaire à l'autre.

Il préféra toutefois ne pas répondre à cette question qu'il considéra comme rhétorique. Même s'il était persuadé que la rhétorique était justement un savoir que la jeune femme ne devait nullement maitriser. Il se contenta alors de hausser un sourcil à sa question, tout en gardant un silence qu'il espérait assez lourd de sens pour qu'elle comprenne ce qu'il cherchait à lui faire comprendre, dardant sur elle son regard perçant, cherchant à lui faire clairement pénétrer cette évidence. Il voulait tout savoir. Tout. Depuis les plus insignifiantes informations sur les us et coutumes des Olarils, jusque les noms les plus importants qu'il se devrait peut-être de classer dans la catégorie des personnes dangereuses à surveiller de près. Tout, elle devrait tout lui dire, même ce qu'elle pensait ne pas devoir lui dire.

Silence qu'il garda aussi quand elle mentionna la façon dont elle avait réussi à s'infiltrer jusqu'ici. Oui, merci bien, il avait parfaitement remarqué sa faculté à s'infiltrer dans un lieu réputé pour hautement sécurisé jusqu'à parvenir juste devant ses portes. Oui, merci bien, il avait parfaitement noté ce manque flagrant de sécurité, qui n'aurait pourtant jamais dû pouvoir être ainsi si honteusement détourné par une jeune chasseresse aussi habile soit-elle. Voilà bien d'ailleurs un sujet qu'il lui faudrait lancer au prochain conseil. La sécurité laissait de plus en plus à désirer dans ce palais et ses habitants ne semblaient plus si bien protégés. Une faille qu'il craignait de voir également mise à profit par les insurgés, ce qu'il préférait ne pas s'imaginer pour l'heure. Une faille qu'il allait falloir rapidement colmater avant que l'irréparable ne puisse être commis.

Notant pour lui-même cette énième tâche qui l'attendait, et cet énième sujet houleux qu'il allait encore devoir soulevé prochainement, il fut tiré de ses sombres pensées par le soudain silence que la jeune femme lui faisant face lui imposait. Il ne broncha pas plus toutefois, se contentant de darder son regard sur elle, faisant face à une soudaine détermination qu'il n'avait pas manqué de déjà remarquer chez elle. Voilà bien alors un point commun qui les liait : la détermination. Une détermination toutefois potentiellement dangereuse, ne pouvait-il s'empêcher de penser. Si c'était sleon lui un atout et une force indéniable qu'il appréciait, et qu'il comptait bien exploiter au mlieux chez le jeune femme, cela pouvait aussi s'avérer une arme à double tranchant. Tout dépendait en fait de ce qui animait une si farouche détermination.

Sa détermination à lui se nourrissait par exemple de son ambition et de sa volonté d'asseoir son pouvoir. Une détermination passablement dangereuse donc, pour quiconque ne rentrait ou ne servait plus dans son ambition justement. Qu'est-ce qui nourrissait alors la détermination de la jeune femme ? Qu'est-ce qui lui donnait donc une telle force ? En d'autres termes, que se devait-il de savoir et de maitriser pour mieux controler cette nouvelle arme ? Voilà encore un point à noter et à éclaircir dès que possible, s'empressa-t-il d'ajouter pour lui-même.

Il ne put toutefois réprimer un fon sourire mêlant surprise et ironie quand elle lui déclama vouloir quelque chose en échange. Une chose. Une chose, disait-elle. Comme si elle était en mesure de réclamer quoique ce soit d'autres encore. Comme si la clémence dont Riarg venait de faire preuve envers elle, en lui évitant les géôles du palais par exemple, ou pire, ne suffisait pas encore à cette jeune effrontée d'Olaril. Oui, elle était déterminée. Et visiblement cette détermination la rendait capable de la pire effronterie. Frisant l'inconscience même. Il ne pouvait toutefois se départir aussi d'une certaine curiosité, devait-il avouer. Et qu'avait-il à perdre de toute façon à la laisser parler ?

C'est donc d'un geste nonchalant mais sec, et d'un ton qui venait de retrouver toute son assurance, une assurance presque hautaine visant clairement à remettre les rapports de force en place qu'il l'invita à s'exprimer :

- Une chose en échange ? Soit, je vous écoute. Quand bien même je ne vous ganrantis aucunement de satisfaire vos... exigences... quant à cette chose en échange...

Il reprenait savamment les mots qu'elle lui avait servir, des mots malhabiles et maldroits, comme pour mieux lui montrer encore la différence qui les séparait. Le pouvoir qui les séparait. Un pouvoir qu'il détenait en cet instant, en dépit du possible instant de faiblesse qu'il avait pu lui montrer quelques minutes auparavant. Une faiblesse qu'il maudissait alors, et qu'il aurait bien voulu chasser définitivement de son esprit, mais que la douleur lancinante de sa main blessée s'évertuait, sournoisement, à lui rappeler, l'empechant de défintivement tirer un trait dessus.


Dernière édition par Riarg Karnimacii le Dim 19 Fév - 22:18, édité 1 fois
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Limna Hirune
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MessageSujet: Re: Je dois voir l'Aîné !   Dim 19 Fév - 21:12

Limna n’était pas impressionnée par son attitude, cette remise à distance. Elle aurait pu penser qu’en un mot elle avait perdu tout ce qu’elle avait pu gagner depuis qu’elle avait posé les yeux sur lui, écoute, une simili complicité qu’elle était parvenue à acquérir à force d’intrusion dans la petite sphère qui l’entourait. Son bureau, une proximité physique si bien brisée qu’elle l’avait même touché et pu sentir la chaleur de ses genoux devant lesquels elle s’était installée. Non, en dépit des airs qu’il se donnait, elle était convaincue que ceci n’était pas effacé au profit de la monumentale réserve qui était la sienne.

Alors elle soutint son regard de ses pupilles livides, les lèvres à peine plissées. Ce qui la dérangeait, ce n’était pas tant le point d’honneur qu’il mettait, par son attitude et son ton, à souligner le côté malvenu d’une telle demande, mais plutôt une forme de honte qu’elle pouvait ressentir à l’idée de l’exprimer tout haut. Jamais Limna n’avouait une faiblesse, jamais elle ne se montrait vulnérable… Elle n’avait dérogé à sa règle qu’avec Mithridate, et en revenait à présent. Alors elle resta silencieuse un moment après sa réponse, le dévisageant sans vergogne. Une fois, et elle avait écopé de la trahison. Alors, était-il bienvenu de se livrer de la sorte à cet homme qui la regardait avec une telle froideur ? Il ne cherchait pas à l’amadouer, elle avait même plutôt l’impression de percevoir de sa part la volonté de la repousser, de l’éloigner d’un geste du menton.

Elle lui avait juré une fidélité totale, absolue… Elle s’était donnée à lui, en dépit de tous les risques, pour elle et pour sa fille, que cela pouvait comporter… Mais à présent que c’était à elle, d’espérer tirer quelque chose de cet homme, ce charisme de prédateur avec lequel elle jouait encore quelques instants plus tôt semblait sur le point de la pétrifier. Et pourtant, elle n’avait pas cillé, ni baissé les yeux en signe d’humilité. Non, parce qu’elle avait peut-être besoin de nouvelles armes, mais elle savait d’expérience que viendrait un jour, où il serait content de cette collaboration. Elle ne savait pas quand, comment, pourquoi, mais elle trouverait bien un moyen… À moins que ce ne soit ce moyen, qui vienne la trouver.

Chose rare, chez elle, elle prit le temps de la réflexion avant de parler. Cela ne lui arrivait pas tous les jours, la jeune femme préférant à cette prudence verbale une franchise désarmante. Cette fois, elle se posa, tourna ses mots au prix de nombreux efforts, et les lui débita de sa voix grave, et basse. Au moins ne pouvait-il pas l’accuser de jacasser comme le font les jouvencelles ! « Je maîtrise mes armes. Mais pour chasser sur vos terres, il me faudra aussi maîtriser les vôtres. J’ai besoin d’apprendre à lire vos livres, et à connaître votre culture. Certains révolutionnaires m’ont inculqué leurs mœurs, mais je doute qu’ils soient les vôtres. » Point. Elle n’argumenta pas davantage, le fixant toujours avec une force et une détermination ravageuse. Peut-être aura-t-il remarqué une certaine fébrilité, dans ses membres raidis, ou dans la fixité de son regard qui ne tolérait aucune issue… En tout cas, elle était convaincue qu’il ne pouvait pas saisir l’importance de ce qu’elle lui demandait là. Limna était Limna, avec ses forces et ses faiblesses… Mais s’il polissait un peu cette pierre rugueuse, et violente, alors la dague qu’il rangerait dans son fourreau serait capable de traverser la plus robuste des armures…

Elle lui appartenait, il pourrait, s’il le souhaitait, apposer sur elle la marque de sa propriété… Mais il devait comprendre qu’en lui refusant cela, il gâchait des possibilités… Et qu’en acceptant, il se la rendrait plus fidèle, et plus allouée encore. En dépit de toute la dureté qui était la sienne, il y avait de l’espoir, dans les pupilles de Limna, qui se redressa imperceptiblement, réduisant de quelques millimètres décisif la distance qui les séparait. Elle ne le supplierait pas, mais elle envoyait vers lui ses pensées, son inébranlable Volonté.

Toujours redressée, elle prit une inspiration, courte, venue gonfler sa poitrine sous l’étoffe d’onyx, puis déclara : « Si vous acceptez, alors vous saurez tout, du plus intime au plus officiel, je vous livrerais le moindre mot qui aurait votre intérêt. » Elle avait dit si, et pourtant dans ce regard, il y avait quand. Et dans ses gestes l’idée que qu’elle que fut sa réponse, elle avait déjà donné, à genoux et au plus près de lui, sa parole de le servir. Parole sur laquelle elle ne reviendrait de toute façon pas.
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Riarg Karnimacii
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MessageSujet: Re: Je dois voir l'Aîné !   Dim 19 Fév - 22:14

Visiblement la demande qu'elle s'apprêtait à lui faire semblait lui coûter. Du moins hésitait-elle à la formuler. Ce qui pouvait signifier soit que cette demande était délicate et qu'il avait de grandes chances de ne pas l'aimer (et donc de la refuser) soit que ladite demande comportait un risque pour la jeune femme en montrant une faiblesse potentielle qu'il pourrait ensuite exploiter. Des deux options, il préférait la deuxième bien entendu. Et si l'hésitation qu'elle montra alors le rendit tendu et crispé, il s'efforça de n'en rien montrer. Et de se montrer patient, même si en son for intérieur sa patience commençait peu à peu à s'effriter.

Il devait avouer aussi que la fatigue accumulée cres derniers jours se faisait de plus en plus sentir à mesure que le temps passait. Et la pensée du long travail qui l'attendait encore, et du temps qu'il "perdait" avec la jeune femme au lieu de l'accomplir, n'arrangeait en rien la lassitude qu'il sentait prendre emprise sur lui. Non pas que cet entretien soit véritablement une perte de temps. Loin de là, pensait-il même. Mais cela ne faisait aussi que le retarder dans ses tâches quotidiennes et n'allait en rien arranger le tout.

Quand enfin elle se décida à parler, il eut toutefois toutes les peines du monde à cacher sa surprise. Il lui fallut faire appel à tout l'enseignement qu'il avait reçu pour cacher ce qu'il pouvait ressentir ou penser pour ne pas trahir son étonnement. Sa stupéfaction, devrait-il dire plutôt. Elle venait, une fois encore, de le mettre au pied du mur sans qu'il n'ait rien vu venir. Rares étaient ceux pouvant se targuer d'avoir surpris Riarg Karnimacii. Mais cette jeune femme, qu'il venait de rencontrer il y a une heure à peine, venait de le faire par deux reprises. Au minimum.

Venait-elle réellement d'avouer ne pas savoir lire ? Et donc d'avouer qu'il détenait un savoir crucial, et par là même un pouvoir, sur elle ? C'était avouer un point faible indéniable que quiconque de mal intentionné pourrait ensuite utiliser contre elle sans l'ombre d'un scrupule. Et il était de notoriété publique qu'il n'était pas forcément quelqu'un de bien intentionné. Et qu'il était souvent sans scrupule. Toutefois....

Toutefois, quelque chose, même s'il n'aurait su dire quoi au juste, le retenait alors. Peut-être la Volonté assez hors du commun dont elle faisait preuve face à lui et qui, oui il devait l'avouer, forçait son admiration tout au fond de lui. Il avait toujours apprécié les gens de Volonté. Il avait toujours aimé s'entourer de tels gens. Pour lui la Volonté était une qualité indéniable qu'il fallait cultiver. Le tout était de savoir si la jeune femme était digne qu'il daigne cultiver une telle valeur chez elle ou non. Et qu'il daigne donc lui inculquer sa culture et une petite parg de son savoir par la même occasion.

- Voilà une demande... intéressante, se contenta-t-il de répondre un instant, se permettant encore un temps d'observation.

Et de réflexion. Il aurait aimé lui répondre qu'il se devait d'y réfléchir, qu'il ne pouvait se décider de suite, se sentant un peu dépourvu par cette demande subite et ayant préféré avoir du temps pour y réfléchir à tête reposée. Pour peser savamment le pour et le contre. Mais il sentait, ou plutôt pressentait, que la jeune femme avait besoin d'une réponse immédiate. Il pressentait plus précisément que sa réponse allait d'ailleurs déterminer leurs relations à venir. Elle lui avait certes juré fidélité, et loyauté pour le servir comme il l'entendrait. Il pensait d'ailleurs que cette jeune femme avait un côté bien naïf pour offrir ses services (tous ses services ?) à un homme qu'elle ne connaissais pas. Un homme mal avisé aurait pu y voir des propositions par trop... hum... licencieuses.... Et elle avait nombre d'attributs qui ne pouvaient que faire pencher la balance en ce sens. Se giflant alors mebtalement pour avoir eu, même si subrepticement,d e telles pensées, Riarg se força à revenir au temps présent. Et à la demande de la jeune femme.

Jeune femme qu'il préféra subitement éviter de regarder de façon trop ostentatoire alors, de peur que de telles pensées mal placées ne reviennent l'assaillir. Et comme pour ne pas perdre contenance, tout en ne échappant à un duel de regard, il préféra se lever, lentement, à gestes mesurés, pour se diriger vers la fenêtre, regardant au dehors comme souvent il aimait le faire quand il devat réfléchir et prendre d'importantes décisions.

- Apprenez tout d'abord que tous les mots, même ceux vous paraissant les plus anodins, ont mon intérêt, commença-t-il d'une voix étonnamment mesurée.

Pesant chaque mot, chaque phrase, chaque tonalité. Et prenant une décision qu'il espérait ne jamais regretter. Mais en y repensant de plus près, pour l'heure, il n'avait que des avantages à gagner dans cet accord. Une "fidèle" alliée sachant un minimum lire serait bien plus utile encore qu'une inalphabète. Ainsi, après un léger silence qui lui permit de reprendre pleinement sa contenance et son assurance habituelles, il se retourna vers elle, les bras croisés dans une attitude qui voulait clairement imposer son autorité.

- Soit. J'accepte votre.... requête.

"Chose" était-il à deux doigts de répliquer. Mais il se retint ne voulant pas offenser la jeune femme par cette petite boutade qu'elle risquait de ne pas comprendre. Les gens instruits avaient déjà souvent du mal à comprendre son humour froid, alors une jeune femme telle qu'elle... Dans le doute mieux valait éviter ce genre de réplique pour le moment.

- Je ne puis toutefois vous promettre de pouvoir moi-même être votre professeur. Comme vous pouvez aisément le comprendre, de nombreuses tâches m'incombent déjà et mon temps est souvent compté.

Ou comment lui faire également sous-entendre par là que le temps qu'il lui accordait présentement était d'ailleurs bien précieux.

- Mais je peux vous proposer quelques précepteurs de confiance qui sauront garder notre... accord.... secret. Ils sauront vous apprendre les rudiments de base pour... "apprendre à lire nos livres". Et à écrire nos lettres aussi tant qu'à faire. Ils sauront vous apprendre aussi les bases de notre culture. Je suivrai de près votre avancée en la matière si cela peut vous faire plaisir.

Il marqua un temps d'arrêt pesant encore une fois le pour et le contre de ce qu'il s'apprêtait à lui demander à son tour. Après tout, un savoir contre un autre.... ce n'était pas un si mauvais échange n'est-ce pas ?

- J'avoue être curieux d'apprendre également les bases de la culture Olaril, ajouta-t-il alors dans un fin sourire.

Ceci n'était pas formulé comme une réelle demande. Pas réellement un ordre non plus. Plus une... dernière condition à leur accord qui menaçait d'enfin se conclure.
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Limna Hirune
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MessageSujet: Re: Je dois voir l'Aîné !   Lun 20 Fév - 0:23

Elle vit sa surprise. Distinctement. Pupilles fixes, sourcils haussés, une expression fugace, peut-être une seconde à peine, mais qui ne lui échappa pas. Hésitation dans les mots. Intéressante ? Ce n’était pas encore assez. Cela ne lui disait pas, s’il la trouvait fondée, utile ou ridicule. Cela ne lui disait pas si elle saurait compter sur lui, ou s’il la repousserait sans ambages, préférant à cet affinage de son être le corps agile et explosif qu’elle avait, déjà, à lui proposer. Elle avait beaucoup pour lui, mais elle savait pouvoir encore plus. Personne ne s’adaptait comme elle, personne n’avait cet œil, cette rage et cette faim pour l’étreindre jusqu’au plus profond de son être. Le pouvoir, la richesse, elle n’en avait cure. Ce qu’elle cherchait, c’était la vie, et si celle-ci passait dans une vengeance, ou dans l’obéissance aveugle, alors soit, c’était ainsi qu’elle la vivrait. Jamais elle ne s’était donnée à qui que ce soit, mais elle pensait que cela lui ouvrirait plus de portes que ça n’en fermerait. Pour le reste, ça attendrait un peu…

Elle suivit de son regard acéré, toujours campée dans le fauteuil, le moindre geste de l’homme. Il était en pleine réflexion, elle le voyait. Un fauve, qui hésitait à se poser là. Il se doutait de sa présence, de cette aura qu’il sentait sans qu’elle soit vraiment palpable. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qui traversait alors son esprit, le pensant focalisé sur sa demande, et sur leur collaboration future.

Il tressaillit, cilla, évita subitement son regard et elle sentit son souffle se bloquer sous la surprise. Ce contact continu, ininterrompu de leurs regards était comme un fil qui, une fois rompu, la vit tout à coup s’affaisser un peu. Il ne le vit pas, se levant lentement, ménageant son petit effet de son côté. Elle observait alors son dos, avec autant de force que ce masque honorable d’autorité et de pouvoir, qui l’avait captivée plus tôt. Il lui cachait ses yeux, et si dans un premier temps, elle en profita (par habitude) pour graver cette silhouette dans sa mémoire, en épousant les contours de ses yeux clairs, bien vite ce contact lui manqua. Parce qu’il était le marqueur de cette aura prédatrice qui l’avait enchaînée. Ce qui permettait leurs petites joutes silencieuses, déterminantes pour l’avenir. Elle se raccrocha alors à sa voix, lorsqu’il l’éleva à nouveau. Elle était calme et posée. Le type de voix qu’elle entendait, qui lui ressemblait. Un ton qui n’était pas détaché, mais qui ne lui évoquait plus ce besoin de détachement, de hiérarchisation. Il parlait de lui, de son intérêt. Il l’avait déjà fait plus tôt, mais cette fois-ci, peut-être parce qu’elle était à cran, fébrile et dans l’attente presque fiévreuse d’une réponse, elle y attacha davantage d’importance. Son intérêt deviendrait celui de Limna. C’était important, car elle était son arme, à lui.

Elle le sentit se retourner avant qu’il ne le fasse, son regard obstinément fixé à ce qu’elle devinait de son corps, masqué sous l’étoffe. Qu’il voulut en imposer ou non ne l’intéressait pas. Sitôt retourné, elle retrouva ses yeux et haussa les sourcils.

Il acceptait.

Qu’importait l’hésitation, pour une fois, la réponse valait davantage que le ton. Elle s’apprêtait à se lever, un léger sourire se dessinant, subtil, au coin de ses lèvres lorsqu’à nouveau il prit la parole, et lui coupa l’herbe sous le pied. À peine contentée, il la douchait. Elle se rendait à lui, mais pas à de parfaits inconnus. Elle n’était déjà pas fière de se rendre vulnérable devant qui que ce soit, mais si en plus ce devait être devant des précepteurs qu’elle ne connaissait pas, alors c’était plus difficile encore. Non, elle ne pouvait pas le comprendre, elle ne pouvait pas. Mais c’était parce qu’il ne la connaissait pas encore lui non plus. Elle apprenait vite. Son esprit était encore brut, et limité, mais elle se savait capable d’apprendre vite, et bien, pourvu qu’elle y trouve son intérêt. Ce ne serait pas du temps gâché, mais plutôt exploité, jusqu’au bout. Elle voulait répliquer, les sourcils froncés, lorsqu’il reprit la parole. Sa voix lui imposa le silence, ce qui de toute façon n’était guère difficile, compte tenu de sa personnalité taciturne. Avare de mots, elle avait l’habitude d’user de silence, avant de se laisser aller à lâcher des mots risquant d’être inapproprié. Elle les maîtrisait déjà peu, autant faire en sorte de limiter les dégâts.

Ce dont elle se félicita une fois son petit discours terminé. Oui, ça lui faisait plaisir… Elle aurait à affronter ces étrangers, et cela lui déplaisait toujours, mais l’idée d’avoir finalement affaire à lui la motivait. Cela lui demanderait des efforts, et quoi que la hiérarchie de leurs rapports était claire (elle avait beau être une pisteuse hors pair, elle ne concevait pas encore Riarg comme une potentielle proie à sa hauteur), elle aimait à savoir que ceux-ci ne seraient pas à sens uniques.

Il lui adressa alors un sourire, mince et étrange sur ce visage austère. Elle n’y répondit pas, sérieuse et concentrée, et se contenta de hocher tranquillement la tête à ce qu’il lui déclarait. Elle était toujours tendue, se rendit-elle alors compte. Lentement, rompant à son tour le contact de leurs regards, elle posa ses yeux clairs sur ses mains, crispées sur les accoudoirs, et les détendit avec des gestes lents. Un souffle, profond et lourd, puis elle releva vers lui un visage souriant. « Je n’ai pour celle-ci aucune nostalgie, mais je vous en parlerais. » Alors, à son tour, peut-être un peu mal à l’aise à l’idée d’être assise devant lui, déjà plus grand et imposant qu’elle ne l’était, elle se leva, déplia ses jambes élancées non sans un souffle. Elles étaient endolories par un stress qu’elle n’avait pas soupçonné. « Je n’aurais pas de secret pour vous » Et cela, venant d’elle, relevait du miracle.

Elle sourit alors, se redressant légèrement pour retrouver un simulacre de stature. Elle le détailla en silence quelque temps, et semblait plutôt contente. Un sentiment qu’elle ne pensait pas mettre à l’épreuve ici… Un peu plus de chaleur, dans sa silhouette qui reprenait sa souplesse, quittait la raideur du malaise. Elle s’était découverte, mais elle était contente de l’avoir fait, et dès à présent, sans même que cet accord ne soit verbalement scellé, elle le sentait tacite, flotter entre eux comme un léger voile. Elle reprit la parole, s’approchant un peu. Elle ne pénétra pas sa bulle, comme elle l’avait fait pour soigner sa main, mais se ménagea une distance assez étroite pour ne pas avoir à parler plus fort qu’elle n’en avait envie. « Puisque votre temps est précieux… Peut-être y a-t-il une chose importante, par laquelle vous souhaiteriez commencer ? » Elle était prête à lui dévoiler sa mémoire et ce qu’elle savait, sans une once de pudeur. Devait-il toucher au plus intime de ses souvenirs, cela ne signifierait dès lors plus rien. Il ne serait plus que mots, qu’elle offrirait sans crainte. Un sourire flottant toujours sur ses lèvres, elle releva le menton, et attendit tranquillement une réponse.
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MessageSujet: Re: Je dois voir l'Aîné !   Lun 20 Fév - 19:45

« Je n’aurais pas de secret pour vous » Lui promettait-elle.

Il fut à deux doigts de lui rétorquer que peu de personnes pouvaient véritablement se targuer d'avoir des secrets (disons des secrets d'importance du moins) pour lui, Riarg Karnimacii, Aîné du Conseil. Mais il préféra finalement se taire et garder un silence avisé. Cela était plus judicieux pour le moment, ne sachant pas encore totalement à qui il avait véritablement affaire. Oui, elle venait de quasiment lui prêter un serment d'allégeance, oui elle semblait sincère dans nombre de ses propos. Mais il ne connaissait encore que très peu d'elle.

D'ailleurs il ne comptait pas se contenter de sa simple parole et allait, dès que la porte se serait refermée sur elle, envoyer un de ses meilleurs limiers enquêter sur cette étrange jeune femme. Ne serait-ce déjà que pour vérifier ses dires et son histoire. Bien entendu, pour ne mettre personne en péril, que ce soit lui ou la toute nouvelle arme qu'il venait potentiellement d'acquérir, il se devait de choisir le meilleur d'entre les meilleurs, qui saurait se renseigner sans éveiller quelque soupçon que ce soit. Mais chaque chose en son temps, se morigéna-t-il tandis qu'il sentait, encore, son esprit dériver sur autre chose que l'instant présent.

S'il s'était agi d'un assassin à la solde de ses ennemis, il aurait maintes fois pu être tué, tant il s'était montré distrait par ses pensées lors de cet entretien. Il devait vraiment se reposer quelque peu, sous peine de commettre une fatale erreur d'ici peu, à ce rythme là.

« Puisque votre temps est précieux… Peut-être y a-t-il une chose importante, par laquelle vous souhaiteriez commencer ? »

Une chose importante ? Il y en avait des milliers. Des milliers de "choses". Voilà bien d'ailleurs une habitude qu'il devrait s'évertuer à lui faire perdre en temps voulu : "choses" ! Comme si elle n'avait que ce mot à le bouche. Lui qui avait l'habitude d'appeler un chat, un chat, détestait par dessus tout l'emploi de mots si.... si.... grossiers. C'était là le premier adjectif qui lui venait à l'esprit. Chose était un mot bien trop abstrait, bien trop mal défini, pour l'emloyer ainsi à tout bout de champs sans véritable raison. Mais encore une fois, ce n'était pas encore le moment de lui faire une telle remarque. Elle ne s'était d'ailleurs pas caché de son manque (flagrant) d'éducation. Lui en tenir rigueur à cet instant et le lui faire si mesquinement remarqué aurait été déplacé. Ou en tout cas aurait fort malvenu pour entretenir ensuite une relation de possible confiance.

Donc oui, il avait des milliers de questions qu'il aurait aimé lui poser. Sur les Olarils, les dissidents, sur la jeune Olaril qui trônait depuis peu au palais également, sur elle-même, sur cette satanée Eleni.... Bien des questions donc. Mais.... Mais toutes demandaient du temps, car les réponses seraient sans doute plutôt longues, et appeleraient sans doute aussi bien d'autres questions. Il se connaissait assez qu'il aurait été capable de passer la journée à lui poser tout un tas de questions, compilant un bon nombre d'informations, sans même s'en rendre compte. Mais le temps était compté justement et il en avait déjà passé beaucoup avec la jeune femme. Beaucoup plus qu'il n'aurait dû se le permettre. Certes, ce temps n'était pas véritablement perdu, cette étrange alliée pouvant s'avérer un outil plus qu'utile. Et plus que bienvenue dans ces conflits qui s'enlisaient depuis trop de temps sans qu'il ne parvienne à y mettre un terme.

- J'avoue que maintes questions me turlupinent et il me brûle de vous les poser. Je suis de nature plus que curieuse, vous l'apprendrez bien assez vite. Mais nous manquons de temps pour aujourd'hui.

Du menton il lui désigna la pile de papiers qui l'attendaient encore sur son bureau et qu'il s devait, absolument, de remplir aujourd'hui.

- Ces temps-ci le travail s'accumule, et ceci ne peut attendre plus longuement. Je vous propose que nous remettions ces questions à... demain... même heure.... si cela vous convient.

Il lui offrit alors un rapide sourire en coin.

- Concédez moi d'ailleurs que cette.... entrevue n'était pas véritabement prévue.

Il s'écarta alors souplement, s'installant de nouveau à son bureau, avan, étonnamment, de reprendre la parole.

- J'aurais toutefois une dernière question pour aujourd'hui effectivement. Une question plutôt... personnelle et qui vous paraîtra sans doute étrange.

Il s'humecta les lèvres un instant, cherchant les mots qui ne choqueraient pas trop la jeune femme. CHez les Ilédors, une telle question pourrait après tout paraître outrageuse. Mais pour tout avouer, une femme bien née n'avouerait pas être enceinte sans être mariée....

Mais quand bien même il choquerait l'Olaril, il se devait de savoir.

- Qui en est le père ? Se lança-t-il finalement, se tournant, restant toutefois toujours assis, vers la fière chasseresse.

Bon, question ne pas choquer, c'était sans doute manquer. Mais au final, il préférait aller droit au but. Avec une telle jeune femme, c'était dailleurs sans doute mieux apprécié, elle qui semblait tant aimer la franchise et la sincérité.

Et non, il n'était nulle question de curiosité mal placée. Il voulait juste s'assurer que le père ne risquait pas de gâcher tous leurs beaux projets. Qu'il ne risquait pas, un jour, de réclamer l'enfant, de s'en servir pour un quelconque chantage, et de parvenir à faire revenir la mère, encore une fois, parmi les siens. Elle était certes animée d'une forte Volonté, ce qui était tout à son honneur, mais Riarg suspectait qu'une grande majorité de cette Volonté était nourrie pour cet(te) enfant. Il ne souhaitait pas que ce dernier fasse tout manquer. Il ne souhaitait pas que le jeune femme choisisse, de nouveau, la trahison, pour sauver l'enfant....






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Limna Hirune
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MessageSujet: Re: Je dois voir l'Aîné !   Mar 21 Fév - 18:49

Elle sentit, distinctement, ce lien se renforcer, s’étoffer tandis qu’il l’observait et se donnait le temps de la réflexion, avant de dire ce qu’elle avait déjà lu sur ce masque. Ces questions qui lui brûlaient le palais, elle les lisait dans ses yeux, et elle s’en félicitait. Elles témoignaient d’une forme de réciprocité de l’intrigue et de l’intérêt qui, si elle ne la haussait pas pour autant à un rang bien haut, avec quelque chose de réconfortant. Elle ne songeait même pas à un rapport de force, de toute façon illusoire, mais elle aimait à savoir que cet homme, dont tant de choses dépendraient, avec quelque intérêt à sa présence. Qu’il ait des questions, maintes questions, même, auxquelles elle était toute disposée à répondre. Elle était prête à tout lui livrer. Il n’était plus rien à présent pour supplanter son allégeance.

Son sourire, elle le lui rendit, une étincelle énigmatique dans ses yeux clairs. Ils brillaient de l’excitation qui était la sienne, à l’idée de revenir, dès le lendemain, et de commencer. Il lui ménagerait un peu de temps et la discussion s’engagerait pour de bon. Elle pourrait lui montrer, alors toute cette dévotion qu’elle sentait déjà croître, à cette seule idée. Elle le suivit du regard tandis qu’il s’installait à son bureau. Chaque geste, épié au plus près. Elle s’apprêtait à le saluer lorsqu’il reprit tout à coup la parole… Une question, la toute première. Elle ne fut pas outrée, la trouvant au contraire très naturelle. Elle portait un enfant, un enfant invisible, tout juste une ombre sur son ventre tendu, mais qui était voué à naître, à grandir et, peut-être à jouer un rôle lui aussi. Elle avait dit n’avoir aucun secret pour cet homme, et elle le pensait, aussi se contenta-t-elle de réfréner son statut et, demeurant silencieuse tout en l’observant, ordonna ses mots. En quelques secondes, elle compila les informations, tenta de les trier. Ce qui aurait été des plus naturel pour n’importe qui d’autre lui demandait à elle une attention toute particulière… D’autant plus face à un homme qui, comme il l’avait lui-même dit, attachait une telle importance aux mots. C’était contre nature, pour Limna qui était un fauve toujours un peu sauvage et emporté… Un fauve qui ne se domptait pas réellement, mais s’amadouait… Elle restait convaincue que ce pelage fauve, qui recouvrait son âme, pouvait avoir quelque intérêt mais, dans une infime (et là encore inhabituelle) lueur de clairvoyance, elle songea qu’il serait temps, tôt ou tard, de le lui faire apprécier. Elle ne comptait pas abandonner sa nature de chasseresse… Seulement la supplanter, la magnifier ici dans ce pays sublime, et rendre insipides et crasses toutes les autres, ses pseudo-sœurs.

Ceci fait, elle prit alors la parole, d’une voix toujours basse. Son visage ne trahissait aucune colère, ni aucune gêne. Elle ne souriait pas non plus, repenser à ce pendard n’étant pas fait pour lui plaire. Elle parlait simplement tranquillement, posément. « Un Olaril, du nom de Mithridate Télaran. Il n’a pas de réel pouvoir au sein de mon peuple, n’étant lié à celui-ci que par de vagues alliances, ni au sein de la Révolution où il n’est à ma connaissance qu’un passeur. C’est lui qui a fait rentrer Arngrim Edorta en ces murs. Si vous voulez en savoir… davantage, alors je vous dirais qu’il n’est pas mon époux, et qu’il ne le sera jamais. Et quand bien même je porterais un enfant qu’il a pu concevoir, je n’ai plus pour cet homme qu’une franche animosité, et ne cèderais rien de mon engagement en son nom, ou en celui de n’importe quel autre Olaril. » Voilà tout ce qu’elle avait trouvé. Elle espérait que ce serait assez complet pour l’Ilédor qu’elle observait toujours avec un certain calme.

L’accord passé, elle semblait beaucoup plus détendue, son corps ayant perdu sa précédente rigidité pour son attitude sure, stable et énergique habituelle. Un léger sourire vint alors trôner sur ses lèvres, tandis que, son ton tout de même radoucit, elle ajouta en faisant un pas en avant : « Je serais là demain, à la même heure, pour répondre plus en détail à vos questions. » À nouveau dans son œil pâle une infime lueur énigmatique… Non pas de la fourberie, mais plutôt une forme de joie sourde, et mal déguisée. Cette affaire lui plaisait, quoi qu’elle fut à l’opposé de sa nature première. Jamais on n’avait pu dompter Limna. Jamais elle ne s’en était remise aux forces qui devaient lui être supérieure, préférant à cela une attitude de défi constant et fiévreux. C’était pour cela qu’elle chassait plus volontiers le lion que le daim, quand bien même le premier soit-il d’un intérêt fort peu avéré, par rapport à la viande goûteuse du second. Elle préférait les seigneurs, devant lesquels elle se dressait, redoutable, plutôt que de leur proposer sa nuque. Il en allait tout autrement avec Riarg Karnimacii, auquel elle était consciente de se vendre de façon irrémédiable. Elle sentait ces yeux d’étain glisser autour de son coup une solide chaine aux maillons redoutables… Mais qu’importait ceux-ci, puisqu’elle obtiendrait ainsi ce qu’elle désirait ? Elle avait la conviction, ferme, que c’était un mal pour un bien, et qu’elle trouverait aux côtés de l’Aîné les ressources dont elle avait besoin. Et comme c’était la toute première allégeance qu’elle faisait à quelqu’un, elle entendait la faire avec une infaillible application.

À nouveau silencieuse, elle le salua d’un geste sobre de la tête, attendant ensuite le signal qui verrait s’ouvrir les portes de ses appartements.
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Riarg Karnimacii
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MessageSujet: Re: Je dois voir l'Aîné !   Mar 21 Fév - 21:39

S'il crut l'espace d'un instant l'avoir froissée par sa question (non pas que cela l'aurait véritablement gêné d'ailleurs), au vu de l'hésitation qu'elle marqua à lui répondre, il fut rapidement détrompé quand elle daigna rompre le silence qui s'était installé entre eux. Il n'était pas bien sûr de véritablement aimer la réponse qu'elle lui donna alors, mais il devait au moins lui concéder son honnêteté et sa franchise.

Ce nom ne lui disait rien de particulier il devait l'avouer. Et a priori il connaissait au moins les surnoms des plus importants de ses ennemis, voire leur véritable identité également. Ce qui, a priori, même s'il se devrait de vérifier, signifiait au moins que l'homme n'était pas d'une importance capitale pour ses ennemis. Ni une tête pensante ni une ièce maitresse. Voilà au moins un bon point, car le cas contraire l'aurait fortement contrarié. Bien entendu, une fois encore, tout ceci serait promptement vérifié, autant que faire se pourrait, notamment concernant ce qu'elle lui révélait concernant cet homme. Et ma foi... S'il trouvait un moyen de faire disparaitre cette possible épine du pied à la première occasion....

Bon en cet instant l'heure n'était pas encore à de telles extrémités mais si la jeune femme se révélait aussi intéressante qu'il le pressentait, lui qui commençait déjà à formenter maintes plans pour lesquels les talents de chasseresse de celle-ci seraient mille fois mis à profit, il se devait d'écarter tout obstacle. Et ce.... Mithridate Télaran pouvait s'avérer en être un. Alors que cette pensée lui effleurait l'esprit, il sempara sans mot dire d'un petit carnet qu'il avait laissé jusque là à sa droite et y traça quelques mots rapides. Ce nom, et quelques autres points importants qu'il préférait ne pas oublier vis à vis de tout ce qu'elle venait de lui dire. Tout ceci en langage codé que lui seul parvenait à décrypter bien entendu.

- Bien, fut alors sa seule réponse, au sujet de cet Olaril.

Il n'y avait de toute façon rien à ajouter. Elle-même semblait avoir tout dit vis à vis du paternel de son enfant. Et même si maintes questons assaillaient encore Riarg à ce sujet, il préférait les obtenir par d'autres sources. Des informateurs savamment choisis. Les informations lui sembleraient alors plus fiables. Sans doute réinterrogerait-il plus tard la jeune femme à ce sujet. Mais.... Plus tard. Et sans doute pas demain.

Il releva de nouveau son regard de jais sur elle, alors qu'elle lui disait revenir le lendemain. Telle une promesse. Ou mieux, tel un serment. Elle semblait véritablement tenir à l'allégeance qu'elle venait de lui offrir. Et, elle ne semblait guère du genre à feindre de tels sentiments. Elle avait ce côté spontané, et presque naïf, qui vous faisait lire en elle plutôt facilement. Un côté que chez d'autres gens Riarg aurait abhoré, mais que, chez cette jeune femme, il trouvait presque charmant.

- Oui. Demain. Il nous faudra réfléchir d'ailleurs à comment communiquer sans risque tous deux, à l'endroit où je pourrais vous contacter rapidement... ainsi qu'à une raison à votre présence en ces lieux. Mais... en attendant...

Il s'empara d'un parchemin et d'une plume, et de son écriture vive et penchée, il inscrivit rapidement quelques mots. Un laisser passer, qui devrait permettre à la jeune femme de revenir demain sans encombres.... et sans émeutes. Parchemin qu'il saupoudra ensuite d'une fine poudre sur laquelle il souffla, avant de finalement rouler le parchemin... et de le cacheter grâce à l'un des anneaux qu'il portait à son doigt.

- Ceci devrait vous permettre de revenir sans ameuter tout le palais et sans risquer de quelconque geste dépolacé de la part de ma garde, ajouta-t-il tout en lui tendant ledit parchemin.

Tout était dit. Plus aucune parole n'était nécessaire. Chacun avait compris que l'entretien se clôturait. Il avait déjà duré plus longuement qu'il ne l'aurait cru, et certainement plus longuement que la jeune femme ne l'aurait sans doute espéré. Riarg vit alors la jeune femme se saisir du parchemin, lui adressant un simple signe de tête pour lui signifier qu'elle avait compris, et la suivit du regard quand elle s'éloigna de lui de son pas félin, pour finalement quitter la pièce.

Demain. Il aurait bon nombre de réponses demain, pensa-t-il, se forçant alors à revenir sur son propre travail. Travail qu'il avait intérêt à avancer s'il souhaitait avoir un peu de temps à lui accorder le lendemain...


RP FINI


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