AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Tout nuage n’enfante pas une tempête

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Bellone Lastareth
Ilédor
Ilédor
avatar

Nombre de messages : 937
Age : 27
Date d'inscription : 22/06/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 29 ans
Profession: Générale des Armées
Positionnement : Conservatrice
MessageSujet: Tout nuage n’enfante pas une tempête   Mar 23 Nov - 18:06

A l’Est, le ciel pâlissait à vue d’œil, chassant l’obscurité et laissant enfin apparaître le soleil qui darda ses rayons dorés sur les toits de la Cité, réchauffant avec peine l’atmosphère encore froide de la nuit passée. La rosée matinale s’était déposée en fine gouttelettes sur les bâtiments, faisant miroiter la Cité toute entière sous l’étincelant soleil dans un décor presque féérique.
Et pourtant, bien peu profitait de ce spectacle à cette heure matinale dans le Quartier Noble où aucun son ne résonnait, hormis le chant des oiseaux et le bruit lointain des quartiers plus pauvres où l’on s’affairait déjà depuis plusieurs heures. La grasse matinée était avant tout l’apanage des jeunes Nobles…
Bellone appréciait par dessus tout ces heures où elle pouvait traverser plusieurs rues sans rencontrer âme qui vive à l’exclusion des patrouilles habituelles. Elle pouvait jouir de la richesse et de la beauté des lieux sans devoir supporter l’obséquieuse pourriture qui y vivait. Combien de ces familles méritaient-elles réellement la place qu’elles occupaient dans la société ? Combien seraient prêtes à tout abandonner pour leur Gardan Edorta si celui-ci se trouvait en danger ? Pour beaucoup, leur Volonté se trouvait bien en deçà de ce rang dont elles se targuaient tant.

Chassant ces pensées inlassablement ressassées, la Générale accéléra un peu plus son allure. Les semelles de ses bottes de cuir claquaient régulièrement le pavé mais son pas léger résonnait à peine dans le silence du matin malgré l’habituelle armure de cuir et de plaques qu’elle portait. Sa main gauche reposait légèrement sur le pommeau de son épée, la force de l’habitude, bien que sans doute inutile ici.
Elle s’en retournait vers la caserne, après être passée par sa demeure où elle n’avait plus mis les pieds depuis une semaine. Un message plein de sollicitude de la part du couple Brenhan qui assurait l’intendance de sa maison l’avait fait quelque peu culpabiliser quant à l’inquiétude qu’elle leur avait causée en ne montrant guère de signe de vie en presque une semaine. Habituellement, elle y passait pour dormir mais cette semaine avait été surchargée de travail et elle n’avait pas trouvé la force de rentrer, préférant un des lits de la caserne.
Alors pour rassurer le chaleureux couple, Bellone avait changé ses habitudes pour venir les rassurer. Il s’agissait d’anciens amis de son père qui vivaient autour d’Edor Adeï et avaient été chassés de chez eux par l’arrivée des Révolutionnaires. Orain Lastareth avait intercédé en leur faveur et sa fille s’était laissée convaincre de les engager à l’entretien de la propriété. Depuis, elle n’avait jamais eu à la regretter.
Une légère collation, un tour de la petite propriété et Bellone avait pu repartir non sans avoir promis de revenir plus souvent.

Cependant, elle n’avait pas pris le chemin le plus court pour retourner au Quartier Militaire. Souhaitant bénéficier de ce petit moment de solitude, elle avait fait un détour pour passer par l’Etoile afin de profiter de la marche pour réfléchir. Car la Générale avait matière à réflexion.
Beltxior Olarii… Comment avaient ils pu lui laisser une telle longueur d’avance ? Comment avaient ils pu le sous estimer au point de le laisser s’installer sur le pas de leur porte ? Fichu conseil… Avoir envoyé Onir Laetarii fut une sacrée belle erreur et aujourd’hui, il était de son devoir de la réparer en protégeant ces couards qui ne pensaient qu’à amasser toujours plus de pouvoir…
Si seulement c’avait été Lui…

Non, il était mort, elle n’avait pas le droit de penser à lui. Pas maintenant. Un jour, peut être pourrait elle se laisser aller à sa souffrance mais pas aujourd’hui. Ses devoirs avant tout, le cœur ensuite…

L’Etoile… Sans s’en être aperçue, Bellone s’était arrêtée devant la fontaine d’où Therdone la contemplait de son regard froid et sans vie. Qu’elle était belle cette fontaine dans les raies dorées du matin, chaque goutte réfléchissait la lumière donnant cette impression que l’eau s’était changée en or. Elle resta un moment à la contempler ainsi, simplement, sans arrière pensée aucune, jusqu’à ce que des rues adjacentes commencent à venir les citadins.
Alors, se décidant à partir, elle tourna le dos à la fontaine mais stoppa net en apercevant une silhouette familière. Elle esquissa un léger sourire, cela faisait un moment qu’elle n’avait pas profiter ou fait les frais de ses traits d’esprit et de ses farces. La pensée de tourner les talons et l’ignorant traversa son esprit dans un éclair mais Bellone la chassa immédiatement. Après tout, le Fou se trouvait rarement quelque part par hasard et bien que tortueux d’esprit, il était de bonne compagnie. Et elle le savait avant tout fidèle au Gardan Edorta, ce qui constituait un fait plutôt rare en ces temps… troublés.
Sachant pertinemment qu’il l’avait vue – après tout il n’y avait pas encore grand monde sur la place – Bellone s’assit sur le bord de la fontaine, jouant avec l’eau de ses mains, et attendit qu’il la rejoigne. Elle n’eut pas longtemps à attendre avant de sentir sa présence à côté d’elle.

«Bonjour Fou, belle matinée n’est ce pas ? Quel bon vent vous amène jusqu’ici ? »

Piètre entrée en matière, mais s’il avait décidé de s’amuser d’elle, quoi qu’elle dise, quelle que soit la tournure de phrase utilisée, il réussirait à la reprendre à son avantage. C’était le jeu, mais elle devait avouer qu’elle n’y était guère brillante : la répartie n’avait jamais été son fort.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Fou
Ilédor
Ilédor
avatar

Nombre de messages : 67
Age : 29
Date d'inscription : 05/04/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 25 ans
Profession: Bouffon
Positionnement : Conservateur
MessageSujet: Re: Tout nuage n’enfante pas une tempête   Lun 29 Nov - 0:39

Comme à son habitude, le Fou se leva tôt ce matin-là, se promener dans un palais encore désert ou dans une ville qui peinait à s’éveiller présentait des agréments qui lui plaisaient beaucoup. Pim’ perché sur son épaule, il déambulait dans les rues, à la recherche de nouvelles idées pour des nouveaux tours de magie. De temps en temps, il croisait bien l’un ou l’autre quidam, mais c’était plutôt rare, l’obscurité n’étant pas encore partie. L’aube pointerai d’ici quelques minutes, et alors, peu à peu, la ville s’animerait : les marchands ouvriraient leurs échoppe, les gens sortiraient travailler à gauche à droite, les patrouilles de militaire continueraient leur job à la recherche d’éventuels traitres. Le Fou prêtait souvent une oreille attentive à la foule, au bas-peuple, c’était une véritable mine d’or pour les renseignements en tout genre. Depuis les rumeurs sur les nobles les plus en vue aux dernières avancées des Révolutionnaire, il se tenait au courant de tout.

Aujourd’hui, cependant, il ne souhaitait pas se promener dans la Ville-Basse, il n’en n’avait guère le temps. D’ici peu, il devrait retourner au palais pour animer une joyeuse réunion de nobles. Il semblait que le siège qui coupait Edor Adeï du reste du monde n’était pas prêt de se finir, et les nobles avaient de plus en plus souvent besoin de lui pour se distraire. Il ne leur coûtait rien et était plaisant à écouter, pourvu qu’il ne se moque pas trop. Il avait d’ailleurs déjà revêtu son costume du jour, orange et noir, mais il avait retiré les grelots pour sa sortie. A ses pieds, ses chaussons traditionnels lui permettaient de se déplacer en souplesse et silencieusement.

Laissant ses pas le guider au hasard des rues, il jouissait du calme qui y régnait pour méditer à son aise. Mais bien qu’il essayait de ne pas y songer, ses pensées revenaient sans cesse sur la conversation qu’il avait eu avec Gribus et Noor. Beaucoup de questions s’étaient alors imposées à lui et il ne pouvait cesser de les tourner et retourner dans sa tête. Son travail s’en était ressenti, voilà plus d’une semaine qu’il n’avait rien inventé, cela ne lui était jamais arrivé avant... Mais pour une fois, ses pensées furent interrompues, Bellone se tenait près de la fontaine de l’Étoile. Le Fou y vit l’occasion de se distraire de ses sombres pensées. Alors qu’elle avait commencé par se détourner, elle sembla se raviser et alla s’asseoir sur le bord de la fontaine. Le Fou prit ça comme une invitation et partit la rejoindre.

- Le temps est en effet excellent, madame ! Mais ce n’est pas un bon vent qui m’a mené jusqu’à vous en cette belle matinée d’été. Pim’, mon singe, a un faible pour tout ce qui brille et il m’a donc supplié à sa façon de vous rejoindre.


Il eut tôt faire de dire ces quelques mots qu’en effet, Pim’ sauta sur l’épaule de Bellone et entreprit d’essayer de lui enlever son armure. La scène était amusante, et le Fou ne put empêcher ses lèvres de s’étirer dans un sourire franc. Pim’ avait le don de gagner le cœur des femmes avec sa petite bouille de singe trop gentil pour être honnête. Voulant tout de même mettre en garde l’hôte improvisée de son animal, il l’avertit des risques qu’elle prenait en l’acceptant.

- Ne craignez qu’il ne vous morde, c’est un animal plus doux qu’un agneau, mais il a une fâcheuse tendance à chaparder tout ce qu’il peut. Je ne crains pas qu’il parvienne à vous enlevez votre armure, mais il risquerait de vous chatouiller en essayant.

Le Fou se sentait inexplicablement de bonne humeur depuis quelques minutes. Bellone était l’une des rares nobles pour laquelle il avait un peu d’estime. Peut-être était-ce parce qu’elle n’était qu’une noble de rang, et par ce fait, moins hautaine et stupide que la plupart des autres nobles de sang. Mais une nouvelle fois, ses pensées furent interrompues. Une silhouette totalement inconnue à ses yeux se dirigeait vers eux et le Fou se demanda qui elle pouvait bien être. Sa démarche n’avait rien de celle des nobles, plus rustre, moins élégante, elle évoquait quelqu’un du bas-peuple à ses yeux. Que venait-elle faire ici ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Alecto Terdalis
Olaril
Olaril
avatar

Nombre de messages : 139
Age : 33
Date d'inscription : 08/11/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 41 ans
Profession: Assassin
Positionnement : Dissidente
MessageSujet: Re: Tout nuage n’enfante pas une tempête   Lun 29 Nov - 18:34

Alecto, la mine froide, la démarche certes plus lourde que les belles dames de la Cour, mais bien plus naturelle que tout ce qu'on voyait en Edor Adeï, avançait sans crainte vers les deux Ilédors près de la Fontaine. Son regard de glace ne quittait plus le petit singe qui s'acharnait sur l'armure de la Générale.
Oh, qu'il s'agisse là de deux personnes illustres, qu'en deux mois de vie dans la Cité, elle eut le temps d'apprendre à reconnaître, par les bons enseignements de Ruben, ne lui faisait en rien peur. Ils étaient d'ailleurs loin d'être les principaux concernés par son pas rapide, sûr. Elle fila jusqu'au couple imprivosé, cherchant à se saisir d'une paluche encore trop peu agile de l'animal.

Trop rapide pour elle, le petit Pim' n'eut pas de mal à ne pas se faire attraper. La poigne se referma dans le vide, à quelques centimètres du menton de Bellone Lastareth. Alecto resta, pourtant, le marbre malgré son échec, et releva le visage vers le Saltimbanque, sans oublier de passer par les yeux de la Générale, sans vouloir lui manquer de respect.

« Vois l'animal savant, Fou, comme il dérobe les plus démunis. » Fit alors l'ancienne Prêtresse de Panpale, les fins sourcils blonds à peine froncés, alors que ses mains aux doigts graciles et longs ouvraient une petite bourse de cuir, ouvragée comme la mode Olarile semblait si prisée à l'heure actuelle, dont le contenu semblait inexistant.

« Vois comme mon escarcelle se trouve bien nue, depuis que ton domestique l'a visitée, il y a à peine quelques minutes, alors que nos chemins se croisaient au croisement des Quartiers. » Alecto n'annonçait aucune colère, aucune rage ou fougue d'avoir été volée.
Malgré qu'elle soit bien mal en point de trouver sa bourse vide, il en fallait bien plus à l'Olarile pour entrer en fureur, et les gesticulations du petit singe, face à elle désormais, sur l'épaule de son Maître, n'arrivaient pas non plus à l'agacer.

Elle se contentait d'observer la bête avec insistance, mais ne délaissait par le Fou. Car, si ce n'est pour son Parrain, pour qui cambriolait l'animal ?

« Pardonne la proximité de mon geste, Générale, je te salue. » Elle inclina la tête un instant, où quelques tresses tombèrent devant ses yeux, et sa joue tatouée. Les révérences n'étaient pas habituelles pour les Olarils, mais les leçons de Ruben étaient accessibles, et avec le temps, elle parviendrait à ne plus paraître si empotée. Sa discrétion naturelle et sa réserve suffisaient à la rendre courtoise, cela suffirait également pour qu'elle ne puisse être considérée comme l'une des semblables de Lysandre Hirune, emportée, idiote, et insolente.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.lestablesdolaria.com
Bellone Lastareth
Ilédor
Ilédor
avatar

Nombre de messages : 937
Age : 27
Date d'inscription : 22/06/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 29 ans
Profession: Générale des Armées
Positionnement : Conservatrice
MessageSujet: Re: Tout nuage n’enfante pas une tempête   Mar 30 Nov - 23:35

Elle allait rétorquer au Fou qu’il faudrait que ce petit singe possède au moins la force de deux douzaine de ses congénères pour parvenir à déloger l’une des plaques qu’il convoitait, lorsque son regard fut attiré par l’expression soudaine du Fou. Une femme, vêtue de façon sobre mais néanmoins élégante, s’avançait droit vers la fontaine, les yeux rivés sur eux. Bellone nota sa démarche souple et assurée qui ne la classait pas dans la Noblesse, tout comme ses vêtements, cependant de bonne facture. Lorsqu’elle fut plus proche, le tatouage sur son visage la désigna clairement à la Générale comme appartenant au peuple Olaril, le Peuple Elu selon les oracles de Therdone… Celui dont l’un des enfants devraient un jour monter sur le trône et devenir Gardan Edorta.
Enfin descendante de Barkane ou non, à marcher droit sur eux de cette façon, l’Olarile la mit mal à l’aise. Réprimant l’envie furieuse de saisir sa dague pour la présenter à la femme, Bellone resta cependant de marbre, même lorsque la main passa à quelques centimètres de son visage. Néanmoins furieuse, elle s’étonnait de voir des manières aussi rustres chez une personne. Etre étranger n’excusait pas l’impolitesse d’un tel geste, même s’il semblait viser le singe. Celui-ci s’était d’ailleurs réfugié sur l’épaule de son maître, et abreuvait la nouvelle venue de grimaces, sans doute méritée de son point de vue.
Alors la femme prit la parole, accusant le singe de l’avoir détroussée au détour d’une ruelle. La Générale fut quelque peu étonnée de voir que cette personne qui avait semblé agir de manière impulsive en premier lieu, puisse s’exprimer de manière si calme et froide, sans une once de colère. Etonnant… et intéressant !
Intéressant la façon dont elle évoquait, presque avec humour, sa mésaventure et l’état de sa bourse. Et le singe continuait à grimacer du haut de son perchoir, protégé par la présence de son maître. A vrai dire, la situation avait quelque chose de burlesque et l’ombre d’un sourire flotta sur les lèvres de Bellone, mais elle se reprit tandis que l’Olarile s’inclinait devant elle et s’excusait pour son entrée en scène quelque peu inhabituelle.
Cependant, et avant que le Fou n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche, la rousse se leva et la salua d’un signe de tête.

« Je vous salue Olarile ! » Elle se refusait à employer le tutoiement familier de l’étrangère, préférant une formule plus conventionnelle pour une personne qu’elle ne connaissait pas.

« Je n’ai pas le plaisir de connaître votre nom. Lorsqu’on accuse quelqu’un et ce, quelques soient les actes dont on le charge, il sied avant toute chose de se présenter.
Si je puis aussi me permettre, vous devriez éviter de proférer n’importe quelles accusations à la légère. Je ne suis pas de celles qui prennent la mouche pour rien, et le Fou ici présent se ferait sans doute un plaisir à la répartie, mais tous ceux de ce quartier ne sont pas aussi… cléments.
Je vous rassure, mes propos n’ont pas valeur de menace, seulement d’avertissements. »


Jetant un regard au Fou et au petit singe toujours perché sur son épaule, un léger sourire s’esquissa cette fois ci sur ses lèvres.

« Maintenant, s’il s’avère vraiment que ce cher ‘Pim ici présent vous à détrousser, je ne pense pas que vous garderez longtemps votre escarcelle vide.
D’ailleurs, à ce propos… »


Ses yeux tombèrent sur sa ceinture dont la boucle avait mystérieusement disparue.

« Je crains que vous ne soyez pas la seule à devoir vous plaindre de notre voleur de grand chemin. Il semblerait que ma vigilance ait été trompée par ses facéties.
Allons Fou, demande à ton ami de nous rendre notre bien. »


Etrangement, Bellone s’amusait vraiment. Ses yeux pétillaient et son sourire en disait long. Elle était vraiment contente d’avoir rencontré le Fou ce matin là…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Fou
Ilédor
Ilédor
avatar

Nombre de messages : 67
Age : 29
Date d'inscription : 05/04/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 25 ans
Profession: Bouffon
Positionnement : Conservateur
MessageSujet: Re: Tout nuage n’enfante pas une tempête   Lun 13 Déc - 20:22

Le petit attroupement, vu par une personne extérieure devait paraître bien étrange et hétéroclite, une Générale de l’armée dont la réputation n’était plus à faire, l’étrange Bouffon du Gardan et une Olarile qui avait adopté tant bien que mal les attitudes des Ilédors... Un spectacle à la fois charmant et risible. Le Fou ne put d’ailleurs retenir un étrange sourire de fleurir sur ses lèvres, de ce sourire que tant trouvaient inquiétant, un sourire qui fait à la fois amusant et tordu, comme si les lèvres disgracieuses ne se prêtassent pas correctement à cet étirement.

Une rustaude, voilà ce qu’elle était cette Olarile, aucune notion des conventions, c’était amusant. Elle ne s’était pas présentée, avait accusé Pim’ de l’avoir volée et avait parlé sur un ton beaucoup trop familier à Bellone. Les rumeurs disaient donc vrais, les Olarils ressemblaient davantage à des paysans qu’autre chose. Le Fou s’amusa à entendre Bellone le défendre alors même qu’il savait pertinemment que son singe avait fouillé la bourse de la jeune fille. Pim’ avait accroché à son petit pagne une petite bourse qu’il remplissait de tout ce qui se trouvait à sa portée. De temps à autre, le Fou la vidait pour rendre leurs biens aux propriétaires inattentifs.

- Comprenez mon singe mademoiselle, l’attrait de vos pièces était si fort pour lui, vous auriez pu être généreuse spontanément et il n’aurait pas eu à vous chaparder !

Oui, le Fou venait bien de dire que c’était de la faute de l’Olarile si elle s’était faite prendre quelques pièces de sa bourse déjà bien maigrement remplie. Bellone semblait trouver la situation tout à fait amusante et le Fou était décidé à prendre quelque plaisir à cette situation absurde lui aussi.

- Quant à votre boucle, noble Générale, je me serait attendue à plus d’attention de votre part après mon avertissement. Pim’ est un petit singe très habile. Ses farces en ont surpris plus d’un. Si une simple boucle de ceinture échappe à votre attention, je comprends mieux pourquoi le marché noir est si développé !

Aucune délicatesse, aucune pitié, le Fou piquait là où ça faisait mal pour le simple plaisir. Pour se faire pardonner ses propos peu élogieux, il était cependant décidé à ce que Pim’ rende leur dû à ses interlocutrices. Sachant d’avance que le petit singe ne se laisserait pas faire, il tenta de le surprendre en bondissant sans avertissement dans sa direction. Mais Pim’ était rapide et agile, le Fou manqua de tomber dans la fontaine ce qui ne manqua pas de déclencher un rire moqueur de la part du singe.

- Hé bien ! Voilà que mon propre singe se moque de moi maintenant. Mais où va le monde ?

Bondissant à nouveau, il se rua sur le singe dans l’intention ferme de l’attraper cette fois-ci. Que le singe se fut lassé ou laissé surprendre, nul ne pouvait le dire, mais il se trouvait maintenant en bien mauvaise posture. Le Fou le maintenait fermement contre son torse tout en fouillant dans sa petite bourse. Il y trouva la boucle et quelques pièces qu’il rendit d’un geste courtois à leur propriétaire.

- Veuillez pardonner Pim’, c’est un singe malicieux, il ne s’imagine pas toujours que ses chaparderies peuvent avoir des conséquences ennuyeuses. Si l’on excepte ce petit défaut, c’est un animal adorable. D’ailleurs, mademoiselle, ne voulez-vous pas le prendre un peu. Cela lui ferait plaisir, et vous pourriez lui pardonner son défaut par une petite caresse. Il adore qu’on le chatouille derrière l’oreille !

Et sans réellement attendre la réponse de l’Olarile, il lui fourra le singe dans les bras. L’animal, agité par les craintes de son nouvel hôte et l’envie de faire le pitre tenta par tous les moyens en sa possession de monter sur sa tête. La situation était réellement très comique et le Fou ne put réprimer un éclat de rire.

- Pim’ ! Cela suffit ! Tu en as assez fait pour aujourd’hui. Allez, reviens ici maintenant !

Mais le singe aimait beaucoup son nouvel hôte et ne semblait pas décidé à quitter ses bras. A moins qu’il n’y fut retenu de force ? Le Fou eu soudain l’impression que l’Olarile n’était pas tout à fait aussi rustaude qu’elle pouvait le laisser paraître au premier abord, et il eut peur pour son petit singe. Encore une fois, il le rappela.

- Pim’ ! Reviens maintenant ! Tu as assez ennuyé la dame !


Enfin, son singe revint dans ses bras et le Fou se sentit rassuré. Le petit singe se réfugia sur son épaule, la bourse maintenant délestée de ses précieux trésors. Il prenait un air de malheureuse victime auquel le Fou ne cru pas un instant. Le singe était malicieux, et capable de beaucoup pour un peu d’or ou un simple biscuit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Alecto Terdalis
Olaril
Olaril
avatar

Nombre de messages : 139
Age : 33
Date d'inscription : 08/11/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 41 ans
Profession: Assassin
Positionnement : Dissidente
MessageSujet: Re: Tout nuage n’enfante pas une tempête   Sam 18 Déc - 16:09

Alecto comme le savaient les Olarils, gardait un calme devant toute épreuve. Certains, de ceux qui n’étaient pas ivres et écroulés au sol, se souviennent également de la froide tempérance de ses mouvements, lorsqu’elle observait sa cousine Kori se moquer de leur bel amoureux, étant petites. Et si ce sang-froid était étrange à ceux de son Peuple, elle avait été agréablement surprise de constater que les Ilédors, eux, avaient mis en place beaucoup de codes, notamment lorsqu’ils étaient plus riches, afin de toujours paraître d’une sérénité plate et lisse.

Si, en Arestim Dominae, clamer, rougir de colère et montrer sa fureur était inscrit dans les bonnes mœurs, ici, tout était bien différent. Cet attrait supplémentaire de la culture Ilédore en faisait un atout : en ces lieux, elle ne semblait pas étrangère, du moins pas par ce trait de caractère. Elle était égale à ceux qu’elle avait rencontré dans les Quartiers Nobles, froids et calmes, jamais irrités. Le Fou, pourtant, était très expressif. Cela dérangeait Alecto… Elle avait compris également que cela pouvait déranger beaucoup d’Ilédors.

A son contraire, la Générale, elle, était à mi-chemin. Elle paraissait plus prompte à devenir Naturelle, à laisser ses sentiments percer, du moins, elle se laissait amuser par la situation. L’Olarile cependant ne voyait pas encore de raison de se laisser emporter. Certes, elle avait fait preuve de maladresse, mais elle avait encore beaucoup de notions à corriger, afin de ne plus se montrer impolie envers les Ilédors. Ils appréciaient tant le vouvoiement, alors qu’il n’existait pas même pour les Dieux, chez eux…

« Excuse mes maladresses, Générale. Je suis Alecto Terdalis. Comme mes erreurs peuvent te le montrer, je suis Olarile, et beaucoup de vos règles me sont encore étrangères. Là d’où je viens, ces pièces que j’ai difficilement gagnées n’existent même pas… » Fit-elle d’une voix neutre.

Le singe venait de se faire attraper par son Maître, et bientôt les biens de chacune furent remis. Elle rangea à leurs places les quelques rondelles dorées dont elle avait encore peine à savoir exactement pourquoi elles étaient nécessaires… Le système était ingénieux, elle ne le niait pas. Mais il était étonnant qu’ils en aient besoin. Alors que les Olarils n’avaient pas eu la nécessité d’en créer. Etrange, d’ailleurs, que les Dieux venus d’Edor Adeï n’aient pas introduit leur savoir dans ce domaine…

« La Générosité se doit aux plus nécessiteux, et ... » Souffla Alecto sans haine dans le timbre. Mais sitôt, le singe se retrouvait dans ses bras, contrainte et forcée. Les Olarils aimaient le contact des animaux. Cependant, ces exotiques bêtes n’étaient pas répandues en Arestim, et sachant qu’il était aussi farceur et aussi voleur, l’avoir aussi proche n’était pas agréable. Pourtant, elle ne sembla pas vouloir le faire fuir, et ses yeux l’observèrent un instant.

Sans réellement y mettre l’affection nécessaire, elle chercha à accomplir le conseil de son Maître, mais l’animal se sauvait déjà pour le retrouver, avant qu’elle n’ait pu chercher à le toucher. Soit, c’était mieux ainsi.

« N’est-ce pas au Maître d’éduquer son Animal ? » Finit-elle par annoncer, sans pourtant qu’elle ne montre aucune animosité. Elle se contentait de souligner ce qu’elle pensait réellement. Comment en vouloir à une bête, qui n’a pas été correctement élevée ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.lestablesdolaria.com
Bellone Lastareth
Ilédor
Ilédor
avatar

Nombre de messages : 937
Age : 27
Date d'inscription : 22/06/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 29 ans
Profession: Générale des Armées
Positionnement : Conservatrice
MessageSujet: Re: Tout nuage n’enfante pas une tempête   Mar 11 Jan - 22:00

Au moins ne prend elle pas la mouche des facéties du Fou…
Car nombreux étaient les Ilédors qui perdaient leur sang froid sous les piques du Fou. Sa langue acérée avait fait plus d’une victime, mais l’Olarile pouvait se targuer d’avoir un calme à toute épreuve. Ce qui n’était pas tout à fait le cas de Bellone. La remarque sur le marché noir était tout à fait fondée, et cela lui rappela ses devoirs. Cependant, elle se devait ne pas laisser passer une telle pique.

« Peut être devriez vous songer à nous prêter votre Pim’ quelques temps, sa perspicacité et son sens de l’observation pourraient être d’une grande aide pour certains de nos gradés. »

Et voilà pour ceux qu’elle ne portait pas dans son cœur. Cependant, malgré son ton badin, elle pensait réellement ce qu’elle venait de dire. Certains de ses parvenus n’auraient pas remarqué une vache au milieu d’une ruelle, celle-ci serait elle-même en train danser la gigue. Et c’était ces hommes là qui étaient chargés de garder la cité du siège de l’extérieur. Bellone ne savait jamais s’il fallait en rire ou en pleurer…

Une fois sa boucle rendue, le singe s’enfuit sur les épaules d’Alecto sous les récriminations du Fou. Pim’ semblait effectivement n’en faire qu’à sa tête, ainsi, peut être que l’assertion de l’Olarile n’était pas dénuée d’une certaine vérité quant à l’éducation de l’animal. La Générale l’avait toujours vu vagabonder librement, sans qu’aucune attache ne le retienne jamais de commettre une quelconque bêtise. Mais par ces temps de suspicions, le Fou devrait peut être prendre un peu plus garde lors de ses sorties avec l’animal. Les facéties au palais passaient encore, mais dans les rues, on ne savait jamais sur qui on pouvait tomber. Et Fou ou pas, ce ne serait pas sa condition qui le sauverait de celui ou ceux qui en aurait après sa peau.
Ses pensées la ramenèrent bientôt aux tâches qui l’attendaient. La journée ne faisait certes que commencer, mais beaucoup de choses réclamaient son attention, et malgré cet interlude bienvenue dans son planning surchargé, force était de constater que le temps filait.

« Je suis navrée Fou, je vais devoir prendre congé de votre présence. Je suis ravie de vous avoir croisé, ainsi que vous Alecto Terdalis. »

Elle inclina légèrement la tête, saluant ses deux interlocuteurs, allant même jusqu’à esquiver une légère révérence devant Pim’.

« J’aurais été ravie de poursuivre la conversation plus longtemps avec vous, mais le devoir m’appelle. Et être Générale des armées ne me permet que peu de temps libre… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Fou
Ilédor
Ilédor
avatar

Nombre de messages : 67
Age : 29
Date d'inscription : 05/04/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 25 ans
Profession: Bouffon
Positionnement : Conservateur
MessageSujet: Re: Tout nuage n’enfante pas une tempête   Mer 16 Fév - 23:50

Le Fou n’aimait pas l’Olarile, elle n’avait aucune raison pour l’être, et pourtant, elle était réellement prétentieuse. Déjà, il n’aimait pas ce genre de comportement chez les nobles, autant, chez une Olarile, c’était encore plus déplacé. Comme si c’était à elle de lui donner des leçons d’éducations ! Qu’elle en prenne d’abord pour elle-même avant de se plaindre du comportement de son singe que tout le monde adorait de toute façon ! Bellone, à bien des égards, était une femme bien plus agréable à fréquenter, elle riait de ses farces et ne prenait jamais ombrage de ses remarques déplacées. Il aimait prendre le temps de parler de temps à autre avec elle, sérieusement ou non.

- Sachez dame Terdalis que lorsque les circonstances l’exigent, mon singe est parfaitement capable de se tenir. Il n’a aucune leçon à recevoir de personne…

Il avait failli rajouter « et certainement pas de vous », mais ça aurait été de la provocation totalement inutile. Cette Terdalis n’avait aucun sens de l’humour ou alors elle ne comprenait rien au sien, mais ça ne changeait rien, le Fou n’était pas dans une humeur à se démener pour faire rire les gens.

Bellone, au moins, elle aimait Pim’ et ses facéties, et elle voulait même l’engager dans l’armée. Voilà qui était une idée pour le moins risible. Pim’ dans l’armée, lui qui avait déjà du mal avec la discipline d’un seul maître, que ferait-il avec autant de personnes au dessus de lui ? Ce serait la recrue la plus mauvaise… Encore que… Certains fils à papa étaient vraiment mauvais eux aussi, d’ailleurs Bellone ne prenait pas vraiment de pincettes pour s’en plaindre.

- Vous savez, si Pim’ devait entrer dans l’armée, le siège prendrait vite fin, mais je n’ai aucune idée de qui pourrait gagner, tout dépendrait du camp qu’il chaparderait le plus. J’ai dans l’idée qu’il ne doit pas aimer le côté rustre de Beltxior, et que donc, il devrait plutôt voler les Révolutionnaires. Enfin, c’est ce que je lui conseille de faire s’il veut rester en vie !

Le Fou partit dans un étrange éclat de rire un peu étrange, comme si ce qu’il venait de raconter était drôle mais possédait un fond de vérité. Quand Bellone prit congé, devant retourner à ses obligations, le Fou vit là une occasion de mettre fin à cette rencontre absurde. Il avait envie de se promener encore un peu, et pourquoi pas, aller errer du côté des quartiers commerçants, il pourrait peut-être y croiser Valya, et parler un peu avec elle. Elle était d’une conversation intéressante et amusante, contrairement à d’autres.

- Hé bien, mesdames, il est temps pour moi de vous laisser aussi, j’ai encore quelques petites courses à faire avant de retourner au palais. Je suis ravi d’avoir fait votre connaissance, mademoiselle, au plaisir de vous recroiser dans le palais, sait-on jamais qui nous y rencontrons.

C’était une manière déguisée de dire qu’il serait surprenant de la croiser là-bas, et qu’elle y serait malvenue. Si d’aventure, elle se promenait dans le palais, le Fou prendrait un malin plaisir à lui faire sentir combien elle n’était pas à sa place. Puis, se tournant vers Bellone, il ajouta :

- Je vous souhaite une agréable journée, qu’elle soit porteuse de bonnes nouvelles !

Et d’une pirouette, le Fou fit demi-tour, s’en allant bondissant vers une nouvelle destination et d’autres gens à ennuyer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Tout nuage n’enfante pas une tempête   

Revenir en haut Aller en bas
 
Tout nuage n’enfante pas une tempête
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [TopikaMétéo] La tempête...
» Qui est par là ? [Nuage de Moustique + Tempête de Feuilles]
» Entrainement de Nuage de tempête.
» un jour une tempête
» Tempête Argentée et Nuage de Cascade (suite)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Tables d'Olaria :: Introduction à Olaria :: ♦ Les chemins de la vérité :: ♦ Quinze ans plus tôt :: Ville Haute :: Les Nobles Quartiers :: L'Etoile-
Sauter vers: